BULLETIN DE REINFORMATION DU 7 MAI 2021

Patron d'émission le 7 mai 2021

Bulletin de réinformation proposé par Erika Gauthier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

 

 

GRANDS TITRES


 

► Dissolution de Génération identitaire en référé : un scandale judiciaire

En janvier, le ministre de l’Intérieur avait annoncé sa volonté de dissoudre ce groupe de militants, et le 3 mars dernier, la décision était officiellement prononcée. Les dirigeants de Génération identitaire avaient évidemment déposé un recours auprès du Conseil d’État visant à obtenir l’annulation du décret de dissolution, ainsi qu’un référé-suspension pour pouvoir continuer son activité militante en attendant la décision sur le fond du Conseil d’État, dans six mois. Deux mois plus tard, ce lundi 3 mai, ce référé-suspension a été rejeté par la section du contentieux du Conseil d’État. Cette décision, purement politique, ne laisse rien présager de bon quant au recours déposé …

Comment le Conseil d’Etat justifie-t-il sa décision ?

Le juge des référés du Conseil d’État constate que “l’association promeut une idéologie incitant à la haine et à la violence envers les étrangers et la religion musulmane. Par son organisation, sa communication et ses actions, cette association se positionne comme un recours face aux forces de l’ordre prétendument défaillantes. Le juge des référés estime donc que la dissolution de cette association est proportionnée à la gravité des risques pour l’ordre public et la sécurité publique résultant des activités »

Pour Jean-Yves Le Gallou, qui s’exprime ainsi dans les lignes de son blogue Polémia, “en justifiant ainsi sa décision de rejet de la demande de Génération identitaire, le Conseil d’État adopte une rhétorique purement idéologique dont le droit est exclu.” C’est pour lui la preuve exacte, “qu’il n’y a plus de place pour la liberté d’expression en France, qu’il n’est plus permis de critiquer l’immigration y compris clandestine, que la liberté d’association est quantité négligeable, bref, que l’Etat a cessé d’être un gardien des libertés.

 

► Chamboulement politique en Espagne suite aux élections régionales de Madrid

Après la dissolution de l’assemblée de Madrid par sa présidente courant mars, des élections parlementaires anticipées se sont déroulées ce mardi. Elles ont vu une participation record, et surtout une victoire sans appel d’Isabel Diaz Ayuso, candidate de droite du parti populaire. Si elle était déjà à la tête de la coalition sortante, son parti a plus que doublé son nombre de sièges, s’assurant quasiment la majorité absolue.

Cette victoire est le fruit d’une politique résolument à contre courant

Les prises de position publiques d’Isabel Diaz Ayuso, qu’elles soient contre la dictature du féminisme radical ou les impôts confiscatoires, faisaient déjà d’elle une figure qualifiée de conservatrice. Mais elle est surtout sortie du lot en refusant d’imposer des restrictions strictes contre la pandémie dans sa région, s’opposant ainsi à la politique sanitaire gouvernementale. Gardant les commerces, l’hôtellerie, les restaurants et bars ouverts, elle revendiquait une liberté de vivre à la madrilène. Et c’est ce que les électeurs ont plébiscité, permettant à Isabel Diaz Ayuso de déclarer au soir des élections “La liberté a gagné”.

Ces résultats pourraient annoncer des changements à venir dans le paysage politique espagnol

En effet, le parti populaire jusqu’ici en déclin revient au premier plan, tandis que son allié de l’instant, le parti de droite populiste Vox, se maintient. Quant à la gauche, elle est en piètre posture. Le chef et fondateur de sa frange la plus radicale, Podemos, a annoncé quitter la vie politique. Et le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, qui s’était personnellement investi dans la campagne, a également subi un revers cinglant, à deux ans des élections nationales. Si les électeurs madrilènes ont su distinguer celle qui a préservé leurs libertés, reste à voir si à l’inverse les électeurs espagnols sauront sanctionner le gouvernement qui les en a privés.

 

BREVES DE FRANCE


 

► Policier tué à Avignon : une conséquence de la guerre anti-drogue, selon Gérald Darmanin

Mercredi 5 mai, le brigadier et père de deux enfants Éric Masson a été tué par balle lors d’une intervention policière près d’un point de deal à Avignon. Alors que les forces de l’ordre subissent une violence grandissante dans leur travail, les policiers dénoncent une situation de « haine et de violence » à leur encontre.

Mercredi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a replacé le drame d’Avignon dans un contexte « de lutte contre le trafic de stupéfiants », qu’il considère comme une guerre. « Cette guerre, nous la menons, grâce à des soldats, […] les policiers et les gendarmes de France. Aujourd’hui un des soldats est mort en héros », a-t-il déclaré. Un malaise est présent dans la police : « l’État ne protège plus ses policiers », estime Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance. La réaction de Monsieur Darmanin ne fait pas l’unanimité puisqu’il considère ce crime comme un dégât collatéral des mesures anti-drogue, sans même évoquer l’évident laxisme de la justice face à la délinquance.

On ne peut manquer de faire le lien avec la récente réaction du gouvernement à l’égard de la tribune militaire parue dans le magazine Valeurs Actuelles. Les nombreux militaires, principalement à la retraite, y dénonçaient le « délitement » de la France et l’insécurité. Face à cette tribune, la ministre Florence Parly avait dénoncé une prise de parole irresponsable, ignorant ostensiblement le fond de la question.

► Christian Estrosi quitte Les Républicains

Nouveau rebondissement au sein des Républicains : le maire de Nice, Christian Estrosi, quitte les rangs du parti.

Depuis le rapprochement entre la liste du LR Renaud Muselier et les Marcheurs en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, les Républicains sont en ébullition. Pour ne rien arranger, le maire de Toulon, Hubert Falco, a décidé de claquer la porte également.

Malgré une ligne politique difficile à cerner, les maires de Nice et de Toulon étaient des poids lourds chez les Républicains. Leur départ ne devrait donc pas arranger les affaires du mouvement, très affaibli depuis l’échec de la présidentielle en 2017.

► Hausse des règlements de compte en France

Il y a bien un secteur que le Covid-19 n’a pas ralenti : celui des règlements de compte. En effet en 2020 la France déplorait 75 événements de ce genre, soit 12 de plus qu’en 2019. Et 2021 ne devrait pas changer la tendance : les meurtres et tentatives de meurtres de ce genre s’enchaînent depuis le début de l’année. Entendez par « règlements de compte » des faits graves, impliquant une préméditation, des armes de guerres, des explosifs et bien souvent un ou plusieurs morts. Marseille reste comme d’habitude championne du domaine mais l’Ile-de-France suit de près avec 25% des affaires rapportées. La brigade criminelle de Paris accuse 30% de taux d’élucidation. « Au niveau policier, on sait ce qui s’est passé au bout de six mois ou un an. Mais nous butons à le démontrer judiciairement » révèle son patron le commissaire Faury. Il est également observé une montée de compétences des auteurs des exécutions. Certains tueurs viennent même de l’étranger et s’en retournent une fois les actes commis.

► Bicentenaire de Napoléon : quand s’éteindra la polémique ?

Le 5 mai 1821 décédait Napoléon 1er sur l’île de Sainte Hélène, loin des siens et de son pays. 200 ans plus tard, la France commémore la mort de cette personnalité de l’histoire de France complexe et essentielle. Le président de la République a notamment tenu un discours, au cours duquel il a souligné les exploits et certaines des fautes de l’empereur, en soulignant que « Napoléon est une part de nous ». La polémique sur le sens de cette commémoration se poursuit. Les élus reprochent le manque de neutralité de la commémoration de « despote raciste », à qui l’on reproche principalement le rétablissement de l’esclavage. Ce faisant, on ferme les yeux sur les multiples apports de l’empereur, tel le code civil, le Conseil d’Etat, le lycée, la figure du maire. Pour l’heure, même si la polémique ne s’éteint pas, l’Elysée maintient des propos on ne passe pas encore à côté de la commémoration de la mort de l’empereur.

► Trois CRS placés en garde à vue pour le matraquage de Gilets Jaunes dans un Burger King en 2018

Trois CRS ont été placés mercredi en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur des violences dans un Burger King situé près de l’Arc de Triomphe en décembre 2018, en marge de l’Acte III des Gilets jaunes à Paris. Les trois fonctionnaires sont entendus dans les locaux de l’Inspection générale de la police (IGPN).

Quatre CRS avaient déjà été mis en examen dans cette affaire en juin 2020 pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le monde en 2040 vu par la CIA

Après chaque élection présidentielle aux Etats-Unis, le renseignement américain produit un rapport sur l’état du monde et fournit ses prévisions pour les deux décennies à venir. L’édition 2021 souligne que la pandémie de Covid-19 a causé depuis un an « la plus forte perturbation mondiale depuis la Seconde Guerre ». Elle a amplifié et accéléré les effets de bouleversements profonds comme aucune autre génération n’a eu à en affronter en temps de paix : révolution numérique, intelligence artificielle, ingénierie du vivant et dénatalité se conjuguent pour attiser les tensions dans nos sociétés. Ces tensions créent un contexte géopolitique conflictuel et instable avec lequel il va falloir naviguer à vue ces vingt prochaines années.

► La Russie réaffirme son soutien à l’Arménie

Ce jeudi 6 mai, à l’occasion d’une visite diplomatique à Erevan, le ministre russe des Affaires étrangères a assuré le gouvernement arménien de son soutien en matière de sécurité et a affirmé que “ la Russie s’engage a assurer la sécurité de son allié, la République d’Arménie”. Si le cessez-le-feu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a été signé en novembre dernier, les Arméniens continuent de subir de nombreuses humiliations. L’Arménie dénonce une violation des droits et de la dignité de leurs familles, car le président Azerbaïdjan a inauguré le 12 avril dernier un musée intitulé “le Parc des Trophées” dans lequel il se fait prendre en photo devant une multitude de casques de soldats arméniens morts au combat ou devant des caricatures de soldats blessés et affalés sur le siège du conducteur d’un camion. Pendant que Moscou tente de consoler l’Arménie, les Etats-Unis réaffirment leur soutien à l’Ukraine face à la Russie. Lors d’une rencontre à Kiev ce jeudi 6 mai avec le président ukrainien, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken affirme son soutien “indéfectible” et promet “de travailler avec l’Ukraine pour “qu’elle puisse se défendre contre toute agression”.

► Le gouverneur de la Banque centrale du Liban soupçonné de blanchir son argent avec les pierres françaises

Riad Salamé, le gouverneur de la Banque centrale du Liban depuis 1993, est désormais ciblé par plusieurs plaintes pour blanchiment, au Royaume-Uni et en France. Le montant des biens immobiliers achetés en Europe par Riad Salamé et ses proches atteindrait au minimum 150 millions de dollars, dont près de la moitié au Royaume-Uni. La France apparait aussi comme une destination clé pour Riad Salamé et son entourage puisqu’ils sont soupçonnés d’avoir investi au moins 35 millions d’euros en immobilier parisien depuis 40 ans.

► Nouveau coup d’arrêt au chantier du Gazoduc Nordstream 2

La construction du gazoduc NordStream 2 devant relier la Russie à l’Allemagne est de nouveau à l’arrêt. Rien de nouveau : les États-Unis mettent depuis le début de nombreux bâtons dans les roues du projet en multipliant les pressions de toutes sortes. L’oncle Sam ne voit en effet pas d’un très bon œil ce facteur de renforcement économique Eurasien. Washington n’est toutefois pas en cause cette fois-ci, ou du moins pas directement. L’arrêt des travaux est dû à une action en justice, à effet suspensif, intentée par le Syndicat de conservation de la nature et de la biodiversité. Ce contretemps pèse lourdement sur le chantier. Contretemps qui, s’il devait se prolonger, pourrait sonner le glas du projet.

► La bonne nouvelle est culturelle

La Nuit aux Invalides revient du 7 juillet au 26 août 2021 avec un nouveau spectacle : Napoléon, l’envol de l’Aigle.

 

 

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