BULLETIN DE REINFORMATION DU 4 JANVIER 2021

Patron d'émission le 4 janvier 2021

Bulletin de réinformation proposé par Henri Benoît et Christian Grandjean

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Que retenir du discours présidentiel ?

Le jour de la Saint Sylvestre, le président s’est fendu d’un discours de quatorze minutes visant à démontrer que d’un mal pouvait jaillir un bien. Une lapalissade qui n’a pas vraiment convaincu ! Appelant au rassemblement des Français et à la compassion, il évoque les 64.000 victimes supposées de la Covid-19 et s’apitoie sur le sort des professionnels de la culture, du sport, de la restauration et du tourisme, pourtant victimes des mesures sanitaires prises par son propre gouvernement. Versant dans l’autosatisfaction, Emmanuel Macron a répété que « Nous avons fait les bons choix aux bons moments… Cela a permis de sauver des vies et des emplois ». Mais lorsqu’on constate que le taux de mortalité est un des plus élevés d’Europe, le doute est permis !

Quels sont ces effets positifs auxquels il nous invite à croire ?

Evoquant une véritable « renaissance européenne », il explique que l’Europe sort renforcée de la crise sanitaire. Il nous dit qu’il a convaincu l’Allemagne de mettre en place un plan de relance commun, dont pourtant nous ne recevrons que quarante milliards sur les quatre-vingt dépensés.

Ensuite, que la crise va favoriser des emplois innovants et accélérer la transition écologique tant espérée face au défi climatique. Autant de préoccupations bien éloignées du quotidien de nombreux Français.

Sur la forme, a-t-il séduit son auditoire ?

Le Président a cité par leurs prénoms, un certain nombre de citoyens, qui se sont distingués, selon lui, au plus fort de la crise. Il termine avec Mauricette, une personne de 78 ans en Ehpad, qui aurait subi la première vaccination, même si son consentement fait l’objet de quelques doutes. Au-delà de cet artifice de communication, le Président a voulu faire preuve de fermeté par rapport à ceux qui mettraient en doute le bien-fondé du vaccin, les assimilant à des complotistes.

L’espoir est là, dans ce vaccin que le génie humain a fait advenir en un an ! Je ne laisserai pas une lenteur injustifiée s’installer ! N’ajoutons pas l’inaction à la crise !

A quoi faut-il s’attendre dans le court terme ?

Rien de concret n’a été évoqué concernant la sortie de la crise sanitaire. Après un énigmatique « les prochains mois seront difficiles », le Président invite les Français à garder espoir, sans plus de précisions. François-Xavier Bellamy des Républicains a dénoncé un discours triomphaliste tendant à faire oublier les contraintes liées à l’état d’urgence et leur inefficacité.

 

► Un accord global sur les investissements est signé entre la Chine et l’Union européenne

En gestation depuis 2014, l’accord a été signé le 30 décembre entre Xi Jinping et l’Union européenne, à la grande satisfaction d’Angela Merkel qui termine sa présidence de l’Union. Côté européen, on réclamait la possibilité d’acquérir des entreprises chinoises dans un contexte de concurrence plus équitable qu’actuellement, sachant que Pékin subventionne massivement ses entreprises. On réclame aussi le renoncement de la Chine aux transferts de technologie forcés, dont les effets sont de plus en plus néfastes pour les investisseurs étrangers, souvent supplantés à terme par des entreprises chinoises.

Quelles sont les concessions faites par Pékin ?

La Chine accepte d’ouvrir son marché des services dans les domaines des finances, de la santé, de l’environnement et des transports aux investisseurs européens, et s’engage à faire preuve de plus de transparence sur les aides aux entreprises. Si les investissements chinois en Europe sont toujours possibles, Bruxelles a exigé des contreparties humanitaires : l’abolition du travail forcé qui concerne les minorités ouïgoures, kazakhes et kirghizes, ainsi qu’un plus grand respect des conventions édictées par l’Organisation Mondiale du Travail (O.I.T) et ratifiées par la Chine.

En pratique, cet accord a-t-il des chances de rééquilibrer les échanges économiques entre les deux blocs ?

S’agissant essentiellement d’un accord de principe, les protagonistes se sont donnés deux ans pour achever les négociations sur les investissements et le règlement d’éventuels différends.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Le durcissement du couvre-feu dans quinze départements suscite la colère de nombreux élus

Le porte-parole du Gouvernement, Gabriel Attal a annoncé le 1er janvier sur TF1 que le couvre-feu démarrerait à 18 heures pour une quinzaine de départements de l’Est. Laura Temime, épidémiologiste au Conservatoire National des Arts et Métiers, explique : «  le principe est de faire en sorte que les gens rentrent chez eux dès la sortie du travail et ne s’invitent plus les uns chez les autres ». Une stratégie qui repose sur l’idée selon laquelle boire et manger ensemble dans des espaces fermés augmente le risque de transmission du virus. Pourtant, les retours précipités à la maison devraient se traduire par une plus forte affluence dans les transports en commun, et l’impossibilité de respecter les gestes dits de distanciation sociale, ainsi que le déplore la FNAUT (Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports). L’institut de sondage Santé Publique France, conclut à un impact positif du couvre-feu imposé dans neuf grandes métropoles, le 17 octobre dernier, eu égard au nombre de cas Covid-19 détectés. Sauf que tout statisticien sait que ce n’est pas parce que deux variables varient dans le même sens qu’elles sont nécessairement corrélées. Peu convaincu par cette nouvelle atteinte aux libertés, qui pénalise les ventes à emporter et la possibilité de faire ses courses en rentrant du travail, Julien Engelman, maire d’Hayange a déclaré que sa police municipale ne verbaliserait pas entre 18 et 20 heures. Le maire de Metz, François Grosdidier regrette également ce couvre-feu : « une décision inopérante qui permet au Gouvernement de se donner bonne conscience », a-t-il déclaré. Quant aux établissements culturels, les cinémas et les théâtres, pas question qu’ils rouvrent le 7 janvier prochain.

 

► Karine Lacombe reçoit une promotion controversée

La cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Antoine à Paris, vient d’être promue chevalier de la Légion d’honneur au titre de son investissement dans la lutte contre l’épidémie. Habituée des plateaux de télévision depuis mars 2020, elle s’est fait remarquer pour avoir mis en cause le professeur Raoult, qu’elle a accusé de laisser mourir les gens en leur donnant de faux espoirs avec l’hydroxychloroquine. Le député des Français de l’étranger résidant en Suisse, Joachim Son-Forget, lui avait demandé publiquement, le 23 mai dernier, de déclarer ses conflits d’intérêt pour avoir touché de l’argent du laboratoire Gilead pour le Remdesivir, dont elle a fait la promotion. Un coût d’un milliard d’euros pour le contribuable européen pour un médicament antiviral jugé nocif par l’Organisation Mondiale de la Santé. Alors, récompense pour un service rendu à la nation ou pour la promotion du « sanitairement correct » ?

 

► Le directeur de l’Opéra de Paris s’inquiète de la place réservée aux minorités

Prétendant mener une réflexion sur la place des danseurs issus des minorités, Alexander Neef a évoqué la suppression de certaines œuvres du répertoire classique. Alors, fini le Lac des cygnes ou Casse-noisettes ? Révoltée par cette décision, Isabelle Barderis, maître de conférence en arts de la scène, a déclaré : « On est face à un académisme anti-culturel décomplexé qui transforme l’art, patrimoine et créations, en ingénierie sociale. Les directions des Conservatoires nationaux sont désormais formatées par cette idéologie du ressentiment ».

 

► Le chiffre du jour est 6650

C’est le nombre de verbalisations dressées pour entrave au couvre-feu du réveillon. Déterminé à réprimer toute incartade, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, n’a pas hésité dans sa carte de vœux à se revendiquer de Léon Trotski, grand artisan de la police politique, pendant la Révolution bolchevique. La citation du révolutionnaire communiste n’est pas passée inaperçue dans les médias. Malgré le couvre-feu et malgré le déploiement exceptionnel de 100.000 policiers, 25 policiers et gendarmes ont été blessés lors des 662 interpellations, sans parler des fusillades comme dans le quartier des Aubiers à Bordeaux, ou des attaques de commissariats comme à Vitry-sur-Seine. Quant au nombre de voitures incendiées gratuitement, il est de 861, triste record comparable à celui de 2015 !

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► L’Argentine légalise l’avortement

Malgré la mobilisation de l’Église catholique, le Congrès argentin a adopté le 30 décembre une loi légalisant l’avortement jusqu’à quatorze semaines de grossesse. Passé ce délai, seule une grossesse résultant d’un viol ou menaçant la santé de la mère pourra être interrompue. Après Cuba, le Guyana, l’Uruguay et deux états du Mexique, la légalisation de l’IVG, portée par les mouvements féministes, gagne peu à peu l’ensemble de l’Amérique latine. Comme pour la Loi Veil de 1975 en France, une clause de conscience peut jouer pour les médecins qui refuseraient de pratiquer l’avortement. Les lobbies pro-avortement français réclament depuis longtemps sa suppression. Si le législateur n’a pas encore tranché, une résolution du Parlement européen datant de février 2017, revendique « un avortement légal et sûr » et dénonce les entraves de médecins récalcitrants.

 

► L’Inde opte pour des vaccins à virus atténués

L’Inde vient d’autoriser deux vaccins afin de lancer une campagne de vaccination à grande échelle. L’un est développé par AstraZeneca de l’université d’Oxford et l’autre par la firme indienne Bharat Biotech. Si le risque existe que le virus puisse retrouver sa virulence dans l’organisme d’un patient, ces vaccins ont l’avantage d’être moins coûteux que les vaccins à « ARN » développés par l’américain Pfizer ou l’allemand BioNTech et homologués par l’Union européenne. De plus, ils se conservent sans nécessiter de températures extrêmement basses. En France, la communauté scientifique reste divisée sur le recours aux vaccins à ARN, qualifiés de thérapies géniques. Le vaccinologue de l’hôpital de Garches, Christian Perronne, cible du ministère de la Santé, a déclaré « nous ne voulons pas devenir des organismes génétiquement modifiés ». Il met en garde sur le fait que ces vaccins pouvaient affecter durablement l’ADN humain et que le recul nécessaire n’était pas au rendez-vous.

 

► La bonne nouvelle du jour est médicale 

Le 22 décembre, la société de biotechnologie Carmat vient d’obtenir le « marquage CE » lui permettant de commercialiser un cœur totalement artificiel destiné aux patients souffrant d’une grave insuffisance cardiaque bi-ventriculaire. Désormais conforme aux exigences fixées par la réglementation communautaire, la prothèse est non-bruyante, pulsatile et auto-régulée en fonction des efforts. Même si des problèmes techniques demeurent, il s’agit d’une avancée qui pourrait pallier la pénurie des greffons pour le cœur. Rappelons que les maladies cardiaques restent la première cause de mortalité dans le monde.

 

► Le 4 janvier est la journée mondiale du Braille

Instituée par l’Union Mondiale des Aveugles, elle commémore la mise en place d’un système d’écriture tactile, à points saillants, par Louis Braille et qui s’est répandu dans le monde entier. Né le 4 janvier 1809, Louis Braille perdit la vue à l’âge de trois ans, suite à un accident. Il mit au point à 18 ans un système à traits et à points, plus facile à déchiffrer que le système de lettres en relief qui était utilisé à l’époque pour les non-voyants.

 

 

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