BULLETIN DE REINFORMATION DU 29 JUIN 2020

Patron d'émission le 29 juin 2020

Bulletin de réinformation proposé par Jean Bernard et Guillemette Pâris

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Black Lives Matter : chronique d’une surenchère permanente

Les séquences médiatiques s’enchaînent, avec leur lot d’indignations transfrontières issues des réseaux sociaux. Hier, la Covid-19, avant-hier, Greta, aujourd’hui le mouvement « Black Lives Matter ». Votre bulletin de réinformation s’en est fait l’écho. Et ça continue.

Outre-Manche, par exemple, où l’Université de Cambridge s’est adonnée à un étrange spectacle de démagogie anti-raciste

L’université a récompensé le Dr Priyamvada Gopal, âgée de 51 ans et enseignante au sein du département d’anglais de la faculté Churchill College, pour avoir affirmé sur son compte Twitter : « Je le répète. La vie blanche n’a pas d’importance. En tant que vies blanches. » Ces mots, écrits en réaction à la banderole « White Lives Matter » déployée au-dessus du stade de Manchester City la semaine dernière, ont suscité une vague de critiques à l’encontre de son auteur pointant un discours antiraciste s’apparentant en réalité à du racisme inversé. Temporairement suspendue de Twitter suite à plusieurs signalements, l’enseignante a finalement eu gain de cause auprès du réseau social. Son compte rétabli, celle-ci a aussitôt fièrement annoncé que l’Université de Cambridge lui conférait le grade de professeur titulaire. Dans un communiqué, l’université s’est dite attachée à la liberté d’opinion de Mme Gopal. Une promotion éclair que le journaliste et écrivain conservateur britannique Douglas Murray et le commentateur politique américain Dave Rubin ont vertement raillée pour son hypocrisie. L’un et l’autre ont rappelé qu’en 2019, la direction de l’université avait licencié sans ménagement le chercheur Noah Carl lorsqu’une campagne sur les réseaux sociaux l’avait pris pour cible en l’accusant d’être un extrémiste de droite. Cette même année, elle avait annulé la visite du professeur canadien Jordan Peterson au motif que ses idées, opposées à l’idéologie de genre, n’étaient pas inclusives.

Dans le contexte actuel de repentance générale, les grandes entreprises, elles non plus, ne sont pas en reste

Vendredi dernier, la firme Coca-Cola y est allée de son couplet anti-raciste. Elle a annoncé rejoindre le mouvement de boycott des réseaux sociaux. Pendant 30 jours, celle-ci ne fera plus la promotion de ses produits aux côtés d’autres entreprises, comme North Face ou Patagonia. L’objectif ? Que les plateformes renforcent leurs outils de censure. Dans le collimateur Facebook et Instagram notamment accusés de ne pas en faire assez contre les contenus dits « haineux », terme qui vise en réalité tout commentaire qui ne va pas dans le sens de la doxa politiquement correcte. L’Oréal va encore plus loin. Sa direction a publié un communiqué en anglais dans lequel elle indique que l’entreprise de cosmétique « a décidé de retirer les mots blanc/blanchissant (white/whitening), clair (fair/fairness, light/lightening) de tous ses produits destinés à uniformiser la peau ». On attend avec impatience que l’Etat rebaptise le Mont-Blanc.

 

► Le groupe pharmaceutique Sanofi décrié suite à sa décision de supprimer près de mille postes en France

Le groupe français Sanofi, qui produit notamment l’hydroxychloroquine sous le nom de Plaquénil, a annoncé la suppression de près de mille postes en trois ans, dans les fonctions commerciale, de recherche et développement et de soutien technique. Sept cents autres postes seront supprimés en Europe.

Cette décision suscite d’autant plus d’émoi que le gouvernement a promis deux cent millions d’euros au secteur pharmaceutique pour soutenir sa relocalisation en France.

En réalité, Sanofi compte bien développer en France sa branche vaccins, avec l’investissement de six cents millions d’euros dans la création d’un nouveau laboratoire. Le plan social dont il est question fait partie d’un ensemble de grands changements stratégiques auquel le groupe réfléchissait déjà en 2017. Il s’agit pour Sanofi d’abandonner ses volets diabète et cardiologie, qui sont ses spécialités historiques mais qui reculent chaque année face à une concurrence croissante, et de se concentrer à la place sur la recherche de vaccins et de premiers traitements, et sur les technologies de pointe. Pour financer ce changement d’orientation, le groupe veut réduire ses coûts afin d’économiser deux milliards d’euros par an jusqu’en 2022.

Pourtant, Sanofi a proposé le versement de quatre milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires en avril. D’autres groupes ont choisi de les réduire ou de les suspendre.

Du point de vue des investisseurs, Sanofi est ce qu’on appelle « une valeur de rendement », c’est-à-dire une entreprise dont la valeur croît peu, et qui rapporte essentiellement via ses dividendes : en somme, c’est un livret d’épargne à 3 ou 5% d’intérêts. En ne versant pas les dividendes attendus, elle courrait le risque de perdre ses investisseurs et donc son capital. A contrario, les groupes qui ne versent pas de dividendes sont souvent des valeurs dites « de croissance », où les investisseurs récupèrent leur mise en revendant leurs actions à la hausse. Faire un geste symbolique dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 ne leur coûte pas grand-chose. Notons par ailleurs que 16% des dividendes ont été versés à des investisseurs institutionnels français, c’est-à-dire (sans en connaître le détail) à des investisseurs du type assurances-vie, assurances, mutuelles, caisses de retraite, fondations reconnues d’intérêt public, etc. 61% ont été versés à des investisseurs institutionnels étrangers. On est assez loin de la caricature de milliardaire avide à gros cigare.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Forte percée écologiste aux municipales

Comme attendu, les masques étaient nécessaires et obligatoires hier, après avoir été jugés inutiles et déconseillés au premier tour. La participation est restée faible : 41 % seulement contre 62 % il y a six ans.

L’abstention a bénéficié aux équipes sortantes, comme à Lille, à Paris et au Havre, et aux partis dont l’électorat est le plus engagé. Victoire de Louis Aliot, donc, à Perpignan, et des Verts à Lyon, Bordeaux, Poitiers, Tours, Besançon et Strasbourg. Les Républicains perdent les fiefs historiques de Bordeaux et de Marseille.

 

► La dernière messe du cardinal Barbarin à Lyon

C’était hier l’adieu à ses ouailles de l’ancien archevêque de Lyon et Primat des Gaules. L’évêque le plus important de France, innocenté par la justice en février dernier, a démissionné de sa fonction en mars. Il va désormais se reposer à la maison-mère des Petites Sœurs des Pauvres à Saint-Pern, en Bretagne, où il exercera la fonction d’aumônier. « Ma vraie vocation, c’est d’être prêtre, » a déclaré le cardinal.

 

► Bracelet électronique : la garde des sceaux en flagrant délit de contradiction

La semaine dernière, était examinée à l’Assemblée nationale une proposition de loi déposée par le groupe La République en marche, créant « des mesures de sûreté à l’encontre des auteurs d’infractions terroristes à l’issue de leur peine » de prison. Le texte prévoit, entre autres, le traçage électronique pour les quelque 150 détenus condamnés pour faits de terrorisme qui sortiront de prison entre 2020 et 2022.

Selon Nicole Belloubet, ministre de la Justice « Le bracelet en lui-même ne constitue pas une garantie supplémentaire. J’ai des doutes sur cette mesure-là… J’invite l’Assemblée à la prudence sur ce dossier ».

Lors des débats l’an passé sur les violences conjugales réduites pour l’occasion aux seuls cas de « féminicides », la ministre était pleinement convaincue de l’efficacité du suivi électronique puisqu’elle réclamait le 1er juillet 2019 une généralisation immédiate de ce dispositif dans les affaires de violences domestiques.

 

► Un réacteur de la centrale de Fessenheim a dû être remis en fonction pour éviter une surcharge du réseau

D’après le député du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger, le réacteur numéro deux a dû être arrêté vendredi quand la foudre est tombée sur la centrale, mais remis aussitôt en service à la demande de RTE pour faire face à la demande d’électricité sur le réseau. Cela semble de mauvais augure pour la fermeture définitive de la centrale, qui doit avoir lieu cette nuit. Jacques Attali a commenté : « Et juste à côté les Allemands ouvrent une centrale à charbon dont la pollution ne connaîtra pas de frontières… Comment une nation se prive de ses rares atouts, accumulés par les générations précédentes… »

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► La porte-parole d’un mouvement écologiste devient lobbyiste pour l’énergie nucléaire

Zion Lights, 36 ans, était la directrice de communication d’Extinction Rebellion : un mouvement écologiste radical qui se fait remarquer depuis quelques années par ses manifestations-surprises, allant du déjanté au complètement ridicule. Elle vient de faire volte-face et de rejoindre l’association Environmental Progress pour l’énergie nucléaire. Elle explique ce retournement par le désir qu’elle a eu d’approfondir la question, alors qu’elle n’avait été entourée jusque-là que de militants anti-nucléaire. Pour Zion Lights, qui reste écologiste, le nucléaire est l’énergie qui sauvera la planète du réchauffement climatique.

 

► Glasgow : 6 morts dans une attaque à main armée

Ce vendredi 28 juin, un demandeur d’asile soudanais, Badreddin Abadlla Adam, a poignardé six personnes, dont un policier aujourd’hui dans un état critique, dans un hôtel hébergeant des demandeurs d’asile. Il a été abattu par les forces de l’ordre. Selon le journal anglais The Telegraph, celui-ci était mécontent de ses conditions de vie. Tant Mme Sturgeon, Première ministre écossaise que Boris Jonhson, chef du Gouvernement britannique, ont dénoncé ces assassinats. Mais ni l’un, ni l’autre ne se sont risqués à faire un lien avec l’immigration.

 

► Ben Laden, un « martyr » selon le Premier ministre pakistanais

Dans une intervention devant l’Assemblée nationale de son pays jeudi dernier, le chef du Gouvernement pakistanais, Imran Kahn, a déclaré que « Les Américains sont venus à Abbottabad et ont tué Oussama Ben Laden. Il est mort en martyr », acte qu’il considère comme une humiliation envers sa nation puisque Islamabad n’avait pas été informé de l’opération par son allié américain. Selon le Premier ministre pakistanais, les relations entre Islamabad et Washington se seraient par la suite dégradées. L’ancien ministre des Affaires étrangères pakistanais, Khawaja Asif, a rétorqué avec humeur que l’actuel Premier ministre « truque l’Histoire en déclarant Oussama Ben Laden martyr. »

 

► Aux États-Unis, Démocrates et Républicains s’empoignent au sujet de l’Obamacare

L’abrogation de l’Obamacare était une promesse de campagne de Donald Trump. Les Américains restent d’ailleurs très partagés quant à cette loi de couverture santé universelle. Depuis qu’en 2018, un juge fédéral du Texas a déclaré anticonstitutionnelle l’obligation de s’assurer sous peine d’amende, le bras de fer continue pour obtenir de la Cour Suprême qu’elle déclare anticonstitutionnelle la totalité de la loi. Derrière la question financière se posent des problèmes de liberté de conscience, de liberté du commerce et de libre accès aux soins.

 

 

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