BULLETIN DE REINFORMATION DU 18 MAI 2020

Patron d'émission le 18 mai 2020

Bulletin de réinformation proposé par Solveig Grieg et Erika Gauthier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Rebondissement au palais Bourbon

Hier dans la journée, le groupe présidentiel La République en marche a perdu sa majorité à l’Assemblée nationale. C’est un nouveau coup dur pour le président Macron qui ne peut désormais plus compter sur le soutien de ses députés pour continuer à gouverner le pays.

Quelles sont les raisons de cette évolution parlementaire ?

La défection d’un des membres de la première heure du parti, le député du Val-d’Oise Aurélien Taché, et à sa suite probablement une dizaine d’autres députés de la majorité. Rallié depuis la première heure à Emmanuel Macron, cet ancien socialiste a expliqué les raisons de son choix lors d’un entretien au Journal du Dimanche : « l’ouverture ne s’est faite que vers la droite » déplore-t-il, ajoutant même que « la question de l’accueil des réfugiés reste pour moi une grande déception. Même chose sur les libertés : comment un mouvement progressiste peut-il voter la loi anticasseurs ».

Que compte-t-il faire, maintenant qu’il a quitté les Marcheurs ?

Rien n’est encore sûr, mais dans les couloirs de l’Assemblée des rumeurs circulent : Aurélien Taché préparait son coup en réalité depuis plusieurs mois, et tentait de convaincre le plus possible de députés de la majorité de le suivre. Il est possible qu’ils créent un nouveau groupe de centre-gauche au palais Bourbon. Les séances parlementaires promettent alors d’êtres mouvementées : si La République en marche perd bien la majorité absolue de 295 députés, elle devra renouer les liens avec le Modem et son président Bayrou, sûrement en échange de certaines contreparties économiques. Quoiqu’il en soit, la formation présidentielle enchaîne les échecs : d’abord la gestion de la crise des Gilets jaunes, puis de l’épidémie de Coronavirus, ajoutés à cela les semi-échecs des élections européennes et municipales. Les élections régionales semblent bien compromises, et peut-être même la présidentielle si le gouvernement ne réagit pas à cette accumulation de problèmes.

 

► Coronavirus, polémique autour du vaccin

Cela fait juste une semaine que le confinement français a été levé. Le discours gouvernemental menace les citoyens d’une hypothétique deuxième vague et d’une reprise du confinement s’ils ne respectaient pas les mesures dictées. Malgré la volte-face sur le port du masque inutile, les problèmes d’approvisionnements en masques et gels désinfectants, la baisse des moyens alloués au milieu médical ces dernières années : si de nouveaux cas se déclarent, c’est le comportement des citoyens qui sera accusé !

Dans ce contexte, une solution est particulièrement mise en avant

Et ce n’est pas l’hydroxychloroquine, deuxième médicament le plus vendu au monde, découvert il y a plus de 60 ans, au prix dérisoire, et administré semblerait-il avec succès par le professeur Raoult à Marseille.

Et non ! Ce serait plutôt un vaccin contre le Covid-19. Depuis fin mars, cette solution est présentée de plus en plus fréquemment, et de façon bien particulière : ce vaccin développe « de l’espoir », c’est une « course au vaccin », et on commente les considérables budgets alloués (Emmanuel macron a annoncé être prêt à verser 500 000 euros). La dernière annonce du directeur français de Sanofi qui sous-entendait donner la prime de ses découvertes aux Américains a déclenché l’ire générale : hommes politiques, médias, gouvernements et même l’Union européenne se sont hâtés de rassurer les Français, si vaccin il y avait, tout le monde en profiterait, à commencer par les laboratoires.

Rappelons pourtant les difficultés à mettre au point un vaccin aussi rapidement

Un vaccin passe par trois phases de tests avant d’être lancé à la production. La troisième phase est la plus longue : elle peut durer entre 8 et 13 ans ! Si un vaccin sortait dans 18 mois, qu’en serait-il de cette dernière phase ? Le dernier vaccin sorti rapidement des laboratoires et produit en quantité, était contre la grippe H1N1. En 2013, ce même vaccin était reconnu par l’Agence française nationale de sécurité du médicament comme augmentant le risque de narcolepsie, et les victimes françaises furent indemnisées de centaines de milliers d’euros.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► L’image d’une femme voilée lisant le Coran illustre une publication officielle du gouvernement sur des aides pour les étudiants

Le 12 mai dernier était mis en ligne, sur le site etudiants.gouv.fr, un article explicatif des conditions et modalités de l’aide exceptionnelle accordée aux étudiants français. À titre d’illustration de cette publication officielle, le ministère de l’Enseignement supérieur a choisi l’image de deux femmes dont l’une voilée lisant le Coran. L’illustration a bien entendu été remplacée récemment, au vu des critiques qu’elle a engendrées. L’enseignante Fatiha Boudjahlat a d’ailleurs condamné cet acte allant à l’encontre de la laïcité en affirmant : « par paresse, par maladresse, par militantisme, s’installe dans les images, les discours, les consciences, un multiculturalisme anti-républicain qui ne profite qu’aux islamistes ».

 

► Le président d’une association protectrice des clandestins violemment assassiné par un migrant

Jean Dussine, président de l’association d’aide aux clandestins « Itinérance » à Cherbourg, a été violemment assassiné le 12 mai dernier. L’auteur de ce terrible meurtre n’est autre qu’un clandestin afghan de 21 ans, venu délibérément le tuer à son domicile de Bretteville-en-Saire. Jean Dussine, réputé pour sa grande générosité, avait hébergé plusieurs immigrés clandestins chez lui, et son meurtrier a lui-même pu profiter de son hospitalité pendant quelques temps. Selon ses propres aveux, l’immigré clandestin aurait voulu se venger, mais la raison de cette barbarie reste encore floue.

 

► Des manifestations de Gilets jaunes interdites dans plusieurs villes de France

Alors que les Français sont déconfinés depuis une semaine, des appels à manifester ont été lancés dans plusieurs villes de France, comme à Lyon, Toulouse, Angers ou Montpellier. Cependant les Gilets jaunes ont vite reçu l’interdiction de manifester en raison de la crise sanitaire actuelle. Selon un arrêté d’Angers, l’état d’urgence sanitaire pour combattre l’épidémie de Covid-19 a été prolongé jusqu’au 10 juillet. La préfecture rappelle l’interdiction de tout rassemblement de plus de dix personnes, de plus celle de Maine-et-Loire estime qu’ « En l’absence de déclaration préalable, le respect des gestes barrière et de distanciation sociale nécessaire à la lutte contre la propagation du virus ne peut être organisé ». La crise sanitaire actuelle épargne donc au gouvernement la gérance des revendications de nombreux citoyens français.

 

► Nouvelle nuit d’émeute dans les Hauts-de-Seine

Les deux mois de confinement ont favorisé les tensions entre les forces de l’ordre et les jeunes de cités. Dans la nuit de samedi à dimanche, vers minuit trente, la plateforme d’appel d’urgence de Paris reçoit un appel concernant un immeuble en feu vers la cité Pablo-Picasso, à Nanterre. Pompiers et policiers se rendent sur place, craignant un guet-apens. Une fois sur les lieux, plus de place au doute : les forces de l’ordre reçoivent tirs de feux d’artifices et jets de pavés, des poubelles en feu servaient de barricades. Les affrontements ont duré un peu plus d’une heure, avant qu’un individu de 29 ans ne soit finalement appréhendé et placé en garde à vue. Plus tard dans la nuit, un Carrefour Market a été incendié.

 

► Consommation : fin de l’étiquetage d’origine pour la viande et le lait pour les produits transformés

Une mesure de plus prise pendant le confinement, depuis le 31 mars a disparu l’étiquetage indiquant l’origine de la viande et du lait utilisés dans les produits transformés. Désormais il ne sera donc plus possible de connaître l’origine des ingrédients concernant ces produits. Selon le président des producteurs européens de viande bovine, Jean-Pierre Fleury, c’est « une catastrophe ». Interrogé par France 3 il déclare : « Nous avons gagné la confiance des consommateurs français, qui apprécient connaître la traçabilité des viandes. Nous avions obtenu cette dérogation à Bruxelles, et il avait fallu batailler. » Jean-Pierre Fleury précise qu’ils sont actuellement en train d’effectuer un grand lobbying pour que l’étiquetage perdure mais que « de nombreux états européens ne souhaitent pas faire de la transparence sur l’origine des viandes. »

 

► 36 maires appellent à un second tour des municipales

« Ne transformons pas le confinement sanitaire en un confinement démocratique qui serait néfaste à l’avenir de la France et organisons le deuxième tour des élections municipales dès le mois de juin », exhortent les signataires. 36 maires de grandes municipalités, comme Anne Hidalgo et Christian Estrosi, appellent au second tour des municipales en juin dans Le journal du dimanche. Ce sont 5000 communes qui sont en attente de ce second tour. Le pouvoir exécutif décidera dans la semaine, suivant l’avis du conseil scientifique, sur la possibilité d’un scrutin d’ici la fin du mois de juin.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Facebook nomme une militante proche des Frères musulmans à son conseil de surveillance

Au conseil de surveillance des contenus de Facebook a été nommée une Yéménite proche des Frères musulmans. Quelle sera alors la liberté de critiquer l’islamisme sur Internet et particulièrement sur Facebook, après la loi Avia adoptée par les députés de la majorité le 13 mai ? Le célèbre réseau social Facebook a décidé dans le même temps d’intégrer dans son conseil de surveillance plusieurs individus tels que Tawakkol Karman, prix Nobel de la paix en 2011. La lauréate yéménite est, malgré tout et surtout connue pour son soutien public aux Frères musulmans, organisation islamiste plaidant pour une société régie par les lois de la Charia.

 

► Génocide rwandais : Félicien Kabuga, l’un des principaux accusés encore en fuite, arrêté près de Paris.

L’un des fugitifs les plus recherchés de la planète a été arrêté à Paris. Félicien Kabuga est considéré comme l’un des « financiers du génocide ». Il a une notice « rouge » chez Interpol.

Homme d’affaires, il est considéré comme l’un des financiers de génocide du Rwanda faisant un million de morts en 1994.Selon son acte d’accusation, il était recherché pour « génocide, complicité, incitation et complot en vue de commettre un génocide, crime contre l’humanité ».

 

► Coronavirus : Pékin accusé d’espionner les laboratoires de recherche américains

Les États-Unis ont mis en garde contre une vague d’espionnage industriel chinois visant les laboratoires et les instituts de recherche travaillant sur un vaccin contre le Covid-19, et les risques que fait peser cette menace sur leurs travaux. Dans un communiqué inhabituel, le FBI et l’Agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures ont appelé la semaine dernière les organismes américains effectuant des recherches liées au coronavirus à redoubler de vigilance, et ont surtout nommé pour la première fois la Chine comme l’origine de ces intrusions.

 

► Allemagne : brûler un drapeau européen est désormais passible de prison

Jeudi 14 mai dernier, le Parlement allemand a voté une loi qui place au rang de crime le fait de brûler un drapeau étranger, au même titre que le drapeau allemand. Selon la BBC, jusqu’à trois ans de prison peuvent être encourus en cas de non-respect de cette nouvelle loi. Selon la chaîne britannique, cela fait suite à l’incendie d’un drapeau israélien lors d’une manifestation à Berlin en 2017. D’après Christine Lambrecht (SPD), ministre allemande de la Justice, brûler un drapeau en public attise « la haine, la colère et l’agression ». Le parti allemand AFD (Alternative für Deutschland) à quant à lui dénoncé ce qu’il appelle « une ingérence excessive dans la liberté d’expression et d’expression artistique ».

 

► Nouveau gouvernement d’union nationale en Israël

Après la plus longue crise politique qu’a connu le pays, le Premier ministre Benyamin Netanyahou et leader du parti Likoud, et le chef de la coalition bleue et blanche Benny Gantz ont décidé de former un parti d’union nationale pour 36 mois. Benyamin Netanyahou sera Premier ministre pour les 18 premiers mois et Gantz pour les 18 suivants. Pendant ce temps, il sera ministre de la Défense, deuxième poste le plus important dans la hiérarchie gouvernementale. Lors de son discours d’introduction à la Knesset, le nouveau Premier ministre a annoncé à partir du 1er juillet la mise en application du si controversé, plan de paix du conflit israélo-palestinien, proposé par le président américain Donald Trump mais rejeté par les autorités palestiniennes, comprenant la quasi intégralité annexion des territoires de la Palestine.

 

 

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