BULLETIN DE REINFORMATION DU 11 MAI 2020

Patron d'émission le 11 mai 2020

Bulletin de réinformation proposé par Henri Benoît et Christian Grangjean

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Le déconfinement progressif s’annonce tendu

Dans la nuit du 8 au 9 mai, les députés ont voté à main levée, la prolongation jusqu’au 10 juillet de l’état d’urgence sanitaire, ainsi que le principe d’un déconfinement progressif. Les partis LR, PS, LFI et PCF ont voté contre. Trois jours plus tôt, le Sénat avait voté cette prolongation mais avait retoqué le plan de déconfinement et ajouté deux amendements majeurs : l’un portant sur la clarification de la responsabilité pénale, l’autre sur la sauvegarde des droits individuels dans les processus de traçages envisagés par le gouvernement. La France va connaître dès ce jour une ligne de démarcation entre des départements rouges et des départements verts. Cette fracture résulte de plusieurs indicateurs croisés, dont le principal reste les capacités d’accueil et de réanimation dans les hôpitaux.

Les déplacements seront-ils facilités ?

Les déplacements en transport en commun ou en véhicule privé ne pourront excéder un périmètre de 100 km à vol d’oiseau, à partir du lieu de résidence. Les seules dérogations prévues sont pour motif professionnel ou pour motif familial impérieux. Aller aérer sa maison de campagne ne relève pas d’un motif impérieux, par contre, un demandeur d’asile, a-t-on dit, pourra dépasser les 100 km pour aller retirer une carte bancaire… Il faudra encore se munir de justificatifs en cas de contrôle, au risque d’être verbalisé de 135 €. Pour les transports en commun en Île-de-France, une attestation de son employeur sera nécessaire aux heures dites de pointe, ainsi que le port d’un masque.

La rentrée scolaire suscite toujours beaucoup d’inquiétudes ?

En effet, dans les départements verts, les élèves du primaire reprennent aujourd’hui, et les collégiens la semaine prochaine. Les chefs d’établissement ont reçu des consignes draconiennes pour l’accueil des élèves. Les objectifs d’apprentissage sont relégués au second plan par le ministre. Seules comptent la socialisation et la lutte contre de décrochage scolaire. Aussi la reprise de l’école sera soumise au bon vouloir des familles. Et, en cas dépassements des capacités d’accueil, seul un public dit prioritaire bénéficiera du service d’éducation : enfants de soignants, enfants en situation de handicap ou enfants dits décrocheurs.

 

► Vacances d’été : Emmanuel Macron veut nous imposer un été « apprenant et culturel »

Lors d’une visioconférence, le président a annoncé, le 6 mai, une batterie de mesures d’aides en faveur du monde de la culture. Reléguant son ministre Franck Riester à un rôle de spectateur, le président survolté a promis aux intermittents du spectacle des allocations chômage jusqu’en août 2021. Le Centre National de la Musique bénéficiera d’une aide de 50 millions d’euros et un fonds d’indemnisation sera mis en place pour les producteurs de cinéma. Partant du principe que l’on ne pourra pas vivre ces vacances comme d’habitude, Emmanuel Macron a appelé les artistes à se réinventer et à s’investir dans l’Éducation nationale et les colonies de vacances. Fabienne Pascaud, de Télérama, regrette l’absence de vision à long terme, et l’on pourrait ajouter l’absence d’une politique culturelle ambitieuse.

Qu’en est –il de la protection du patrimoine ?

Si Franck Riester a réaffirmé sur Twitter son grand amour pour le patrimoine, d’autres comme Didier Rykner de la Tribune de l’Art, déplore le sort réservé au patrimoine architectural, en prenant pour exemples le projet de démolition de maisons médiévales à Alençon, les ventes à la découpe d’appartements du château de Pontchartrain ou encore l’abandon pure et simple du château d’Epernon. On pourrait ajouter les carences dans l’entretien des églises parisiennes comme la paroisse Saint-Roch, qui abrite le tombeau de Pierre Corneille et dont les vitraux sont menacés de ruine. Mais la loi permet désormais aux maires de décréter en péril un édifice, afin de signer son arrêt de mort, sans que l’architecte des Bâtiments de France puisse s’y opposer.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Un décret pris en catimini prévoit de doubler la puissance de l’éolien terrestre d’ici 2028

En absence de débat démocratique, le gouvernement a décidé le 21 avril une forte montée en puissance de l’énergie éolienne. Cette programmation pluriannuelle devrait coûter 120 milliards d’euros, entre les achats de matériel, principalement à la Chine et à l’Allemagne et le renforcement des réseaux de distribution de l’électricité. Une tribune du Figaro dénonce la folie des éoliennes et exige l’arrêt du programme. Parmi ses signataires, Stéphane Bern et d’anciens inspecteurs généraux des finances, comme Patrice Cahart ou Michel Pébereau. Outre le préjudice esthétique créé par les éoliennes, les opposants s’inquiètent des menaces que fait peser l’éolien offshore sur l’écosystème marin. Des zones vitales de pêche, affectées par le projet, notamment à proximité du littoral breton, seraient à terme vouées à disparaître.

 

► Covid-19 : l’étude Discovery tourne au fiasco

Lancée le 22 mars par l’INSERM, l’étude devait évaluer les effets de quatre médicaments administrés de façon aléatoire à des patients : trois antiviraux et l’hydroxychloroquine préconisée par le Professeur Raoult. 3200 personnes en hospitalisation devaient participer à l’étude, sur la base du volontariat, dans le cadre d’une hypothétique coopération à l’échelle européenne. Quatre semaines plus tard, la France s’est retrouvée quasiment seule dans cette étude, avec un seul patient venant du Luxembourg. Le nombre de patients ayant réellement participé à l’étude n’a été que de 620, effectif à comparer avec les 1061 malades traités à l’hydroxychloroquine mais associée à l’azithromycine par le professeur Raoult. Le rapport de ce dernier avait été présenté à Marseille au président de la République, courant avril. L’étude Discovery, qui devait fournir des conclusions plus fiables que celles du professeur Raoult, a bel et bien manqué son objectif, du fait d’une série statistique trop limitée. L’initiative française s’est donc soldée par un échec.

 

► Le chiffre du jour c’est 11.500 !

C’est le nombre de détenus en fin de peine qui ont été libérés par Nicole Belloubet afin de limiter les risques de propagation du virus dans les établissements pénitentiaires. Cette politique de libération anticipée ne fait pas l’unanimité car les cas de récidives se sont multipliés pour différents motifs : violences conjugales, vols de voiture, meurtres ou crachats sur des policiers. Si le nombre de places en prison correspond aujourd’hui globalement au nombre de détenus, certaines prisons ont encore des taux de sur-occupation élevés : comme à Meaux (157 %) ou à Villepinte. Par ailleurs, cette politique n’a pas empêché des phénomènes de mutinerie, liés à des restrictions de visite pour motif sanitaire, comme à Béziers, Perpignan ou à Osny dans le Val d’Oise, où le GIGN a dû intervenir le 4 mai.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le mythe de l’ingérence russe dans l’élection de Trump s’effondre définitivement

Les faits remontent à 2016 : des proches du Parti Démocrate avaient soupçonné des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump d’avoir encouragé le piratage informatique russe pour espionner Hillary Clinton. La justice américaine vient d’annuler les poursuites contre Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité de Donald Trump, qui fut accusé d’espionnage au profit de la Russie et contraint à démissionner en 2017. Les charges accumulées contre lui étaient fausses. Il ressort du déclassement des dossiers qu’aucune collusion entre l’équipe de campagne de Trump et la Russie n’a pu être démontrée. Une décision qui ne fait pas l’unanimité au sein de la justice américaine. Elle met toutefois un terme au harcèlement judiciaire mené par le Parti Démocrate à l’encontre du président élu.

 

► L’élection présidentielle polonaise est finalement reportée.

Malgré les pressions du parti conservateur au pouvoir Droit et Justice, afin de maintenir la date du 10 mai et malgré un projet de loi, retoqué par le Sénat qui devait permettre le vote par correspondance, les parlementaires ont finalement décidé le report des élections. Afin de respecter le délai minimum de 75 jours avant la fin du mandat, prévu par la Constitution, ces élections pourraient se tenir le 17 ou le 23 mai.

Le président sortant Andrzej Duda, favori pour remporter cette élection, craignait que la dégradation de la situation économique, due au Covid-19, ne lui soit défavorable. Mais l’opposition a fait valoir que le confinement n’avait pas permis une campagne électorale équitable. Le porte-parole de la Commission européenne, Christian Wigand, hostile à la politique de Varsovie, ne s’était pas privé d’une ingérence dans les affaires intérieures polonaises en poussant au report de ces élections, au nom du respect d’une bonne pratique électorale. On eût aimé qu’il fît la même chose à l’occasion des élections municipales françaises !

 

► La phrase du jour vient de l’ex-ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot :

Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui et il le sera de gré ou de force.

Cette affirmation va dans le sens d’un appel paru dans Le Monde, signé par un collectif d’artistes, de scientifiques et de prix Nobel, qui condamnent le consumérisme en disant : « NON à un retour à la normale », afin de braver, disent-ils, la catastrophe écologique révélée par la crise du Covid-19. Comme l’a compris Eric Zemmour, les lobbies politiques cherchent à profiter de la crise sanitaire pour avancer leurs pions !

 

► L’éphéméride du jour

Le 11 mai 1960 le paquebot France était inauguré par Yvonne de Gaulle. C’était quinze ans, jour pour jour après la libération de la poche de Saint-Nazaire encore occupée par les Allemands le 11 mai 1945. Ce long courrier à vapeur, qui assurait la liaison entre Le Havre et New-York, pouvait transporter plus de 2000 passagers. Malgré ses performances techniques et un certain succès commercial, la concurrence de l’aviation civile mais surtout le choc pétrolier de 1973 et la baisse des aides de l’Etat, eurent raison des difficultés financières de la Compagnie Générale Transatlantique qui exploitait le navire. Après un épisode norvégien, ou le France fut rebaptisé le Norway, aucun projet de reconversion ne put aboutir et le bateau finit ses jours dans un port indien pour y être démantelé. Nous retiendrons la portée géopolitique du message du général de Gaulle à l’occasion de cette inauguration : « La mer, tant redoutée et tant désirée des peuples ! La mer qui sépare les nations et qui leur permet de se joindre. La mer, par où les pires dangers peuvent menacer les états, mais sans laquelle, il n’y a pas de grandeur. Nous saluons l’une des grandes réussites que la technique française offre présentement en hommage à la patrie ».

 

► La bonne nouvelle du jour est capillaire !

Les 85192 salons de coiffure vont rouvrir ce jour. Cette profession arrive au second rang des activités artisanales, après les entreprises de maçonnerie générale. Une occasion très attendue de se refaire une beauté !

 

 

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