BULLETIN DE REINFORMATION DU 3 AVRIL 2020

Patron d'émission le 3 avril 2020

Bulletin de réinformation présenté par Erika Gauthier et Solveig Grieg

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Le monde face à la crise du Coronavirus

Depuis presque trois semaines la France est confinée chez elle à écouter les quotidiens rapports de Jérôme Salomon sur l’évolution de la maladie. Mais l’augmentation constante du nombre de cas et de décès devrait plutôt nous questionner sur les évolutions de la maladie au sein de l’Hexagone mais aussi à travers le globe.

Nos capacités médicales sont-elles toujours en mesures de résorber l’épidémie ?

Rien n’est moins sûr, puisque nos capacités en réanimations sont désormais dépassées, d’où la multiplication des transferts de malades par des opérations militaires nommées « Orphée » pour que tous les hôpitaux puissent travailler à plein régime. Les masques font par ailleurs toujours défaut, et ce sont les régions elles-mêmes qui tentent de répondre à la demande : la Normandie a ainsi commandé deux millions de masques à la Chine mais craint que, à l’instar de la région Grand Est, sa commande soit finalement rachetée par les Etats américains en payant près de quatre fois plus cher.

Et l’Union européenne ? Que fait-elle dans cette crise ?

Pas grands chose visiblement… La présidente, Ursula von Layen, s’est publiquement excusée auprès de l’Italie pour n’avoir pas su réagir à temps. Mais on attend toujours des annonces législatives ou financières, outre la fermeture tardive des frontières de l’Union, pour aider les différents pays membres à résoudre la crise. Les membres ne font en tout cas pas preuve d’une solidarité particulière : l’Allemagne, encore peu touchée par l’épidémie, est la seule à avoir offert son aide à la France, qui se traduit par seulement quatre places en réanimation… Les pays de l’Europe de l’Est, eux-aussi moins touchés, préfèrent se concentrer sur leurs concitoyens, au détriment de la « solidarité européenne » tellement vantée par Bruxelles.

Et à l’échelle du globe ? Comment se propage l’épidémie ?

La Chine, foyer du coronavirus, semble avoir triomphé de la maladie, même si de nombreux observateurs étrangers accusent Pékin d’avoir masqué le nombre réel de morts. C’est aux États-Unis que désormais la crise fait le plus d’émules, nombre de médecins et de politiciens accusant Donald Trump de n’avoir rien anticipé… Mais c’est oublier que le système politique américain est celui d’une fédération, et que le locataire de la Maison Blanche n’a pas le pouvoir d’imposer, par exemple, un confinement aux différents états. L’Occident représente désormais près de 81,5% des victimes du coronavirus, alors que de manière assez étrange, l’Afrique est encore relativement épargnée : elle cumule à peine 150 morts.

 

► La surveillance des masses au service du coronavirus, un outil à double tranchant !

Pour enrayer la propagation mondiale du virus, de nombreux pays ont mis en place des systèmes de surveillance utilisant l’intelligence artificielle.

Quelles mesures ont notamment été prises ?

En Europe, Italie, Royaume-Uni et Allemagne ont été conclus des accords avec des opérateurs téléphoniques pour utiliser des données anonymes afin d’identifier les mouvements des personnes. En Israël, les autorités peuvent prendre contrôle du smartphone de quiconque sans mandat, tandis que les Polonais doivent télécharger une application gouvernementale qui les oblige à répondre à des demandes périodiques d’auto-identification.

Edward Snowden, le lanceur d’alerte ayant dévoilé les programmes de surveillance de masse américains et britanniques, actuellement réfugié en Russie, voit ces mesures d’un mauvais œil.

Il s’est exprimé le 23 mars dernier lors d’une interview par vidéoconférence pour le festival du film documentaire de Copenhague : « Ils savent ce que vous regardez sur Internet, où votre téléphone se déplace, et maintenant ils sont au fait de votre rythme cardiaque [grâce aux données fitness des téléphones et des montres connectées]. Que se passera-t-il lorsqu’ils commenceront à mélanger [ces données] et à leur appliquer une intelligence artificielle ? » Pour lui, « L’urgence a tendance à se pérenniser, ensuite, les autorités [étatiques] se familiarisent avec ce nouveau pouvoir [et] commencent à l’apprécier. »

Parallèlement, sous couvert de ne pas laisser de fausses informations circuler sur les réseaux sociaux, la censure sévit !

Et en particulier pour tout ce qui concerne le professeur Raoult et son hydroxychloroquine. Facebook et Twitter ont ainsi notamment supprimé les publications du président brésilien Jair Bolsonaro et de l’ex-maire de New-York Rudolf Giuliani, qui avaient notamment vanté les vertus de la chloroquine.

La présidente de la Commission européenne explique travailler main dans la main avec les géants de l’internet pour que ceux-ci « facilitent l’accès aux sources officielles […] et rétrogradent ou suppriment les contenus préjudiciables »

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Un entrepôt du marché de Rungis, réquisitionné pour y mettre les cadavres du Covid-19

La Semmaris, société gestionnaire du « ventre de Paris », a annoncé qu’un de ses entrepôts avait été réquisitionné mercredi par le préfet de police d’Île-de-France. Le but est de soulager les services funéraires régionaux. L’aménagement des lieux a débuté hier afin d’accueillir les premières familles à partir de lundi. Avant cette réquisition, d’autres initiatives ont été relevées en Île-de-France pour gérer la hausse brutale du nombre de décès comme une morgue mobile à l’hôpital d’Argenteuil et des conteneurs réfrigérés devant les centres hospitaliers de Créteil et de Villeneuve-Saint-Georges.

 

► Le chiffre du jour est 3 500 !

C’est le nombre de détenus libérés depuis le début du confinement

Pour enrayer la propagation de l’épidémie dans les prisons françaises, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a annoncé au journal du dimanche que 3 500 condamnés avaient été libérés depuis le début des mesures de confinement. Selon ses dires, les prisonniers concernés ont tous moins de deux mois de détention restants à purger et n’ont pas été condamnés pour un crime, des actes liés au terrorisme ou des violences conjugales. De plus, ils seront « assignés à domicile et seront réincarcérés s’ils ne respectent pas les obligations du confinement ».

 

► 120 mesures pour faire face à l’ensemble de la crise

Tandis que les scandales se multiplient, les lobbies sont des plus visibles au cours du débat autour du protocole du professeur Raoult, La République en marche se targue dans son livret pour lutter contre la crise : « la France a mis en place les réponses sanitaires, économiques, éducatives, d’emploi, de solidarité parmi les plus protectrices au monde ». Selon LaREM, elle agirait selon deux principes directeurs : décider en transparence et appuyer les décisions sur la science. Les intervenants scientifiques ne dévoilent pas leur conflit d’intérêt avant de prendre la parole, la transparence est mise en péril. Quant aux décisions basées sur la science : les suggestions du professeur Raoult ne sont pas respectées par le décret autorisant l’utilisation d’hydroxychloroquine et l’inclusion de son protocole, sans doute liée à la pression médiatique, fut tardive dans l’étude INSERM Discovery.

Les sauveurs de la nation y sont félicités (personnel soignant, chaîne alimentaire, etc,) pour autant, les multiples pénuries les mettent largement en danger. Enfin, l’urgence nécessite bien le soutien de nos plus démunis : télévision et forfaits de téléphone pour les détenus, raccourcissement de peines. Les priorités affichées et suggérées par LaREM laissent un goût amer au peuple français.

 

► Des masques à destination de la France rachetés par des Américains

L’épidémie actuelle révèle peu à peu de quoi sont capables les États pour survivre à cette crise. En effet, lors d’une réunion de président de régions, le président de la région Sud, Renaud Muselier, a révélé l’affaire : des masques, commandés pour une région française, ont été rachetés « sur le tarmac », en Chine, par des Américains. Ces derniers auraient payé trois à quatre fois plus que la France pour ces masques qui allaient être livrés. Cette situation n’est pas isolée : plusieurs régions, ayant fait appel à des masques livrés de Chine, se sont retrouvés dans la même situation. Parfois, les masques ne correspondent tout simplement pas aux normes, d’autres fois ils sont réquisitionnés au dernier moment par l’Etat chinois. Notons que le Gouvernement américain a entre-temps démenti l’information.

 

► Le Piton de la Fournaise entre en éruption

Le grand volcan de la Réunion est entré en éruption ce jeudi, pour la deuxième fois de l’année. Une crise sismique a secoué le volcan tôt dans la matinée. L’arrivée du magma sous la surface du volcan devrait se faire sur ses flancs. Heureusement, la zone éruptive du Piton de la Fournaise n’est plus habitée, il n’y a donc pas de risque pour les personnes ou les biens.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Les étranges priorités de l’Union européenne

Depuis le début de la crise du Coronavirus, l’Union européenne est critiquée pour son incapacité à apporter une réponse efficace, solidaire et coordonnée. Dans ce chaos, les bureaucrates bruxellois estiment qu’il est des dossiers beaucoup plus urgents à traiter que la coordination des politiques sanitaires ou la régulation du flux migratoire. Ainsi, le 25 mars dernier, elle s’est réveillée brusquement ! Les vingt-sept se sont en effet accordés pour ouvrir les discussions en vue de l’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie à l’Union européenne. Une décision qui témoigne de la déconnexion de l’élite technocratique bruxelloise.

 

► La Hongrie et Orban sont sous le feu des critiques de l’Union européenne suite à l’activation de l’état de danger

Après une première activation de deux semaines dès mi-mars, les parlementaires hongrois ont prolongé l’activation de l’état de danger ce lundi. Celui-ci permet au chef du gouvernement de légiférer par décret, en court-circuitant donc le parlement, au sein duquel il dispose de toute façon d’une écrasante majorité. L’opposition n’a pas manqué de crier à la dictature, refrain de plus en plus récurrent au cours des dix dernières années de victoires électorales d’Orban. L’Union européenne qui pour l’instant n’a pas brillé par sa réactivité face à la crise sanitaire dramatique dans laquelle l’Europe est plongée, s’est par contre montrée très prompte à critiquer cette situation. Le commissaire européen à la Justice a ainsi indiqué dès le lendemain que le sujet était sous étude de Bruxelles, tandis que la présidente de la Commission européenne se déclarait hier particulièrement préoccupée par la situation en Hongrie, annonçant que des mesures seraient prises si nécessaire.

 

► La phrase du jour nous vient du président Rodrigo Duterte

Le président de l’Etat philippin n’en est pas à sa première polémique. Il a donné, jeudi 2 avril, l’autorisation à la police de faire usage des armes à feu sur les individus qui ne respecteraient pas les nouvelles mesures. Il aurait déclaré :

S’il y a un danger, avec un risque mortel, tuez-les par balle

et, « vous devez écouter » à l’attention des citoyens. Alors que la capitale du pays, Manille, est passé au confinement total depuis dimanche, le nombre de mort s’élève aujourd’hui à 96 cas.

 

► Le deuxième chiffre du jour est de 240 millions d’euros !

C’est le montant d’une aide accordée par la Commission européenne aux réfugiés et aux personnes vulnérables vivant en Irak, en Jordanie et au Liban. Les fonds sont destinés aux ménages locaux vulnérables, aux réfugiés syriens et à la mise en place de filets de sécurité sociale durables. 57,5 millions iront au renforcement du système d’éducation. Cette annonce a été faite le 31 mars, alors que les pays européens se préparent à encaisser de lourds problèmes économiques causés par le coronavirus !

 

► La bonne nouvelle du jour est culinaire !

Un engouement autour du pain fait-maison

Depuis le début du confinement, le fait-maison fait son grand retour au sein des foyers. Et comme nous sommes en France, il n’en fallait pas davantage pour que chacun s’y mette de sa baguette. Cela va des plus artistes qui publient les photos de leur pain tout juste sorti du four sur Instagram, aux plus authentiques qui s’échangent des recettes de levures boulangères fraîches à base de bière. Espérons que cette pratique, qui n’est pas seulement une activité pour occuper les enfants mais bien un véritable savoir-faire européen, survive à la pandémie.

 

 

Commentaires Facebook
Étiquettes :

En cours

Title

Artist

Background
Intervenir sur l'émission
EMISSION EN COURS

► L.J. des idées politiques

12:00 13:30