BULLETIN DE REINFORMATION DU 16 MARS 2020

Patron d'émission le 16 mars 2020

Bulletin de réinformation proposé par Solweig Grieg et Antoine Martin

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Épidémie d’abstention aux élections municipales

En pleine épidémie de coronavirus, le premier tour des municipales, marqué par une abstention record de 54,5 %, soit presque 18 points de plus qu’en 2014, s’est déroulé dans un climat étrange. Il semble néanmoins pour l’instant difficile d’évaluer l’impact qualitatif du virus sur les résultats de ce premier tour. L’annonce des premiers résultats dans les grandes villes est marquée par une percée importante du partie Europe Écologie, Les Verts. Le parti écologiste est parvenu en tête des suffrages à Lyon, Bordeaux ou encore à Strasbourg et deuxième à Lille, confirmant une tendance à la hausse de la question écologique, dans les classes moyennes supérieures. Le parti présidentiel obtient des scores très mitigés, ratant sûrement son implantation locale. Le Parti socialiste et les Républicains conservent les meilleurs scores dans leurs mairies sortantes respectives, à Paris, Lille, Rennes pour le PS (parti socialiste) et Marseille, Toulouse, Nice, pour les Républicains..

Malgré le coronavirus, le second tour aura-t-il bien lieu ?

Indépendamment des scores de leurs partis respectifs, de nombreuses personnalités politiques toutes tendances confondues ont appelé à un report du second tour. Le Premier ministre a annoncé réunir les fameux experts scientifiques d’ici samedi afin de décider de la tenue ou non du second tour. Pourtant la loi est formelle et le report d’un second tour entraînerait automatiquement les résultats du premier. Aux vues de la situation tout semble néanmoins envisageable.

Peut-on se poser la question de la légitimité de ces élections ?

Avec un taux d’abstention historiquement haut, des campagnes électorales perturbées, la question n’est pas anodine. La municipalité est pourtant le noyau de la vie politique pour de nombreux citoyens français. Il y a un an, alors en pleine crise des Gilets jaunes, ce fut vers les maires que s’était tourné le président Emmanuel Macron, pour tenter de calmer le mouvement populaire.

 

► Les évolutions du coronavirus en France

Jeudi soir à 20 heures le président de la République annonçait la fermeture de tous les centres scolaires et des universités, d’une restriction des déplacements pour les personnes âgées et malades ainsi qu’une indemnisation pour les travailleurs ne pouvant se rendre sur leurs lieux de travail. Samedi, Édouard Philippe annonçait le troisième stade de l’épidémie au sein de l’Hexagone, avec une fermeture de tous les lieux de loisirs et de la plupart des commerces de proximité non-alimentaires ou pharmaceutiques.

Comment sommes-nous arrivés à une telle situation ?

En grande partie à cause de la discordance entre les médecins et au sein du gouvernement quant à la conduite à tenir vis-à-vis de la propagation du virus. Les uns et les autres hésitant entre restriction sévère, au risque de créer la panique, ou campagne d’apaisement, cette fois-ci au risque de favoriser la diffusion de la maladie. Le gouvernement semble finalement avoir accéléré le processus de lutte contre la maladie au regard de la rapidité de son extension : il y a six semaines seulement six personnes étaient infectées ; hier soir on atteignait les 4000 cas. Les rapports des CHU sont parallèlement assez alarmants, la plupart ne pouvant aider tous les contaminés en raison du manque de matériel d’aide respiratoire, doivent commencer à faire un tri entre les cas les plus graves et les personnes encore « soignables ». D’après les spécialistes, jusqu’à 70% de la population nationale peut-être touchée par le virus, l’immense majorité de manière bénigne. Cependant selon les statistiques du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), environ 3,5% des personnes touchées peuvent en mourir, cela dépend des pays.

Mais que peut encore faire le gouvernement pour nous sortir de la crise ?

Marine Le Pen demande depuis le début de la crise sanitaire la fermeture des frontières, cependant comme tous les pays à travers le globe nous ferment leurs frontières au fur et à mesure que le virus se propage, la question se pose de moins en moins. Il est en revanche à prévoir un confinement généralisé pour les foyers de la maladie comme pour les régions urbaines, où la propagation de la maladie est facilitée. Le pays serait, comme en Italie, totalement paralysé afin de stopper au maximum la propagation du virus et pour éviter une surcharge de notre système hospitalier.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Des drapeaux LGBT jonchent la rue Bonaparte à Nice

À Nice, depuis le mercredi 11 mars, la rue Bonaparte a revêtu un nouveau visage. Pour marquer la fin des travaux de piétonnisation, 600 mètres carrés de rue ont été repeints en bleu avec des drapeaux LGBT.

Le grand défenseur de cette communauté, Christian Estrosi, maire actuel de Nice, est bien évidemment à l’origine de cette démarche. Ce projet, mené officiellement en « étroite collaboration avec les riverains et commerçants », n’aurait cependant pas été connu de tous, suscitant des réprobations.

Par ailleurs, l’usage des lobbies LGBT dans la politique du maire sortant est également dénoncé, notamment par son opposant du RN, Philippe Vardon, qui critique fortement sa politique clientéliste.

 

► Tensions à la grande marche féministe du 8 mars à Paris

À la fin de la grande manifestation féministe du dimanche 8 mars, des militantes du collectif féministe Némésis ont brandit deux banderoles avertissant de l’arrivée prochaine de 3,7 millions de migrants aux portes de l’Europe avec pour message « immigration massive, les femmes grandes perdantes ». 

Très rapidement une foule de gens, composée de femmes mais également d’hommes et se présentant comme « antifas », les a violemment attaqué et pris à partie certaines des huit militantes présentes, situation assez risible quand on se dit combattre les violences faites aux femmes.

 

► Calais : Rixe géante entre une centaine de migrants soudanais et érythréens, 15 blessés

Une bagarre entre migrants a fait une quinzaine de blessés ce dimanche à Calais. Une rixe opposant les communautés soudanaise et érythréenne a éclaté dans l’après-midi de ce dimanche 15 mars, rue des Garennes dans la zone des Dunes à Calais. Une centaine de migrants était impliquée dans la bagarre, dont on ignore le motif, a-t-on appris auprès de la préfecture du Pas-de-Calais.

 

► Le chiffre du jour est exactement de 1 090 570 !

C’est le nombre de signatures validées par le conseil constitutionnel retenues contre la privatisation des Aéroports de Paris. Il aurait fallu atteindre 10% du corps électoral, soit 4,7 millions pour que cette pétition permette d’enclencher un référendum d’initiative partagée sur la privatisation des aéroports parisiens.

Si la décision finale devait être rendue le 26 mars, Mme Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a déclaré que les conditions actuelles de marché ne sont « pas du tout favorables » à une opération de privatisation d’Aéroports de Paris. Ce ne sera probablement qu’un simple report de cette mesure, mais peut-être cela permettra t-il aux opposants au projet de trouver d’autres failles ?

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le roi d’Espagne renonce à l’héritage de son père Juan Carlos pour cause de soupçons de corruption

Dimanche soir, le palais royal a annoncé que suite à des soupçons de corruption, le roi d’Espagne Felipe VI renonçait à l’héritage de son père Juan Carlos. Cette annonce est un véritable choc en Espagne, elle intervient après plusieurs révélations de la presse internationale.

Le quotidien la Tribune de Genève a affirmé que l’ancien roi Juan Carlos avait reçu en 2008, cent millions de dollars sur le compte en Suisse d’une société panaméenne, de la part du roi d’Arabie saoudite. The Daily Telegraph a ajouté que Felipe VI était le deuxième bénéficiaire de cette société, or ce dernier avait signifié devant notaire sa volonté de n’accepter « aucun bénéfice ou participation au sein de cette entité ».

Felipe VI assure par ailleurs qu’il « ignore complètement à ce jour sa supposée désignation comme bénéficiaire » d’une autre fondation qui, selon la presse, aurait financé de nombreux vols en jets privés pour son père Juan Carlos. Ce dernier, après 38 ans de règne, avait dû abdiquer en juin 2014 en faveur de son fils, sur fond de scandales. Selon le palais royal, il ne touchera désormais plus sa dotation annuelle.

 

► Irak : nouvelle attaque sur une base américaine dans le nord de Bagdad

Ce mercredi la base de Taji, au nord de Bagdad, avait été la cible de tirs de roquettes irakiens, causant la mort de deux soldats américains et un britannique. La riposte américaine de jeudi à vendredi s’est matérialisée en des frappes de représailles ciblant des bases des Brigades du Hezbollah. Nouvel épisode donc ce samedi, avec une cinquantaine de roquettes tirées sur la même base américaine, ne blessant ce coup-ci que deux militaires irakiens. Reste à voir si ces escarmouches resteront sporadiques ou si une nouvelle escalade se produira, comme en début d’année, où une série de tirs de roquettes avait finalement menée jusqu’à l’assassinat d’un général iranien et son lieutenant à Bagdad.

 

► Israël est en passe de réussir enfin à se constituer un gouvernement

À l’issue des législatives d’il y a deux semaines, qui se tenaient déjà pour la troisième fois en moins d’un an, deux principaux candidats rivaux à la gouvernance d’Israël luttaient pour obtenir la majorité. Benyamin Netanyahou, Premier ministre sortant n’avait pas réussi à atteindre le seuil des 61 députés requis, tout comme son opposant Benny Gantz, ancien chef d’état major du Tsahal. Celui-ci a finalement reçu hier les recommandations des quinze députés membres de la Liste Arabe Unifiée, et celles des sept membres de l’ultranationaliste Avigdor Liebermann. Fort de ces appuis il a reçu l’aval du président actuel pour former un gouvernement ce lundi. Le règne de Monsieur Netanyahou toucherait donc à sa fin, ce après plus de treize ans passés à la tête du gouvernement, et alors même qu’il est sous la menace d’un procès pour corruption et abus de confiance. 

 

► La stratégie britannique face au coronavirus

Alors qu’un grand nombre de pays européens se mettent à l’arrêt , le Royaume-Uni souhaite laisser le Covid-19 se répandre jusqu’à toucher plus de la moitié de la population britannique. Conseillé par de nombreux scientifiques, le gouvernement de Boris Johnson souhaite encourager l’apparition d’une « immunité collective » empêchant toute résurgence ultérieure de la maladie. Cette stratégie provoquera immanquablement un nombre important de morts, le Premier ministre ayant spécialement précisé que ses concitoyens devaient se préparer « à perdre bien davantage d’êtres aimés ». Le calcul est autant sanitaire qu’économique et seul l’avenir permettra de considérer la pertinence de cette exception parmi les politiques sanitaires mondiales, il est probable que le pays soit frappé de façon extrêmement violente par une épidémie plus courte. Ce choix est néanmoins fortement critiqué par une part importante de l’opinion publique et médicale tandis que comme partout ailleurs les rayons des magasins alimentaires se vident.

 

► La bonne nouvelle du jour est la libération de Chelsea Manning !

Chelsea Manning, connue sous son ancien prénom de Bradley avant son changement de sexe, a dévoilé 700 000 documents compromettants pour le Gouvernement américain. Ils ont été publiés sur WikiLeaks par Julian Assange.

Condamnée à 35 ans de prison pour ces faits, sa peine est commuée à sept ans par le président Obama, qui permet sa libération en 2017.

Mais deux ans plus tard, en mars 2019, elle est convoquée pour témoigner contre Julian Assange. Refusant de s’y soumettre, elle est de nouveau emprisonnée dans des conditions proches de la torture psychologique, et condamnée à verser une lourde amende augmentant chaque jour. Mais Chelsea Manning résiste et tient les propos suivants : « Je ne renoncerai pas à mes principes, je préférerais littéralement mourir de faim que de changer d’avis ».

Le 11 mars dernier, elle faisait une troisième tentative de suicide. Le lendemain un juge a enfin ordonné sa libération.

Le montant de son amende s’élevait à plus de 250.000 dollars, la somme a été réunie grâce à une cagnotte en ligne en trois jours !

 

 

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