BULLETIN DE REINFORMATION DU 17 JANVIER 2020

Patron d'émission le 17 janvier 2020

Bulletin de réinformation présenté par Christian Bieber et Charles Rémès

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Deux djihadistes « revenants » remis en liberté en France

Nicole Belloubet, ministre de la Justice, déclarait samedi 11 janvier, à propos des Français de retour du Djihad, ne plus voir « d’autre solution que de les rapatrier en France ».

Cette affirmation, en contradiction avec la position du ministère des Affaires étrangères, s’explique par le risque de dispersion de ces individus en Syrie et en Irak. Les prisons irakiennes ou kurdes seraient en effet trop peu sécurisées pour garantir la détention des djihadistes. Une centaine d’entre eux seraient déjà parvenus à s’échapper de ces geôles.

Si la décision politique de les rapatrier est prise, qu’est-ce qui attend les combattants de l’État islamique à leur retour sur le sol national ?

Dès l’atterrissage des ressortissants, les autorités françaises doivent normalement se saisir du dossier en les menant directement en garde à vue pour 96 heures dans les locaux de la DGSI.

Toutefois, la judiciarisation des djihadistes semble inadaptée en France. La peine moyenne est en effet de seulement six ans et huit mois pour « association de malfaiteurs terroristes ».

Si les peines sont si courtes, alors ces individus menaçant la sécurité des Français courront les rues dans les années à venir ?

En réalité, le premier revenant djihadiste à avoir été jugé par la justice française, Flavien Moreau, a déjà été libéré lundi 13 janvier. Il avait rejoint la Syrie en 2012, quand l’Etat islamique n’était pas encore un califat autoproclamé.

Mercredi 15 janvier, c’était au tour de Mohamed Achamlane, fondateur du groupuscule islamiste radical Forsane Alizza, « les cavaliers de la fierté », d’être remis en liberté.

Mais alors quelles réponses sont apportée par les pouvoirs publics pour faire face aux dangers que représente la libération de tels individus ?

Les mesures qui seront appliquées à ces individus dont la dangerosité, bien qu’évaluée au cours de la détention, demeure difficile à déterminer, ne sont pas précisément connues. Cependant, on sait qu’un dispositif de surveillance post-carcéral coordonné par la DGSI a été mis en œuvre.

Seulement, ces mesures seront-elles véritablement efficientes ? On se souvient que de nombreux individus fichés S n’ont eu aucun mal à passer à l’acte. Le risque de récidive est ainsi loin d’être écarté. Il appartient donc aux services de l’État d’apporter les réponses nécessaires au plus vite afin d’éviter d’autres drames.

 

► Réforme constitutionnelle et démission du gouvernement en Russie

Hier, jeudi 16 janvier, Vladimir Poutine a présenté les grandes lignes de son vaste projet de réforme constitutionnelle. Quelques heures plus tard, son Premier ministre et chef du gouvernement, Dimitri Medvedev, présentait sa démission et celle de son gouvernement. Proposé par Poutine, son successeur, Monsieur Michoustine, a reçu le vote de confiance de la Douma, la chambre basse du parlement russe. Ancien ministre des Impôts, il serait, selon le journaliste russe Alexandre Baunov, un potentiel successeur du président actuel. Ministre compétent, il a entrepris de nombreuses modernisations du système de collecte des impôts, notamment en créant un moyen de déclaration en ligne, considéré comme le service numérique d’État le plus performant au monde. Par ailleurs, bien qu’économiste de formation, il appartient également à la sphère des « siloviki ». C’est-à-dire qu’il fait partie des fonctionnaires chargés des questions sécuritaires du pays. Pour le politologue Jean-Robert Raviot, la nomination de Michoustine serait : « un retour aux premiers ministres technocrates, pour de ne pas dire technique, des années 2000. »

Mais revenons à la réforme constitutionnelle : quelles sont les principaux changements annoncés ?

Un des points essentiels de cette réforme est la reconnaissance de la primauté du droit national sur le droit international. Si tel est le cas, cela constituerait un changement total de paradigme qui mettrait encore un peu plus à mal l’ordre juridique international. Concernant les questions de politique intérieure, de nombreuses mesures visent simplement à constitutionaliser des lois déjà existantes comme l’indexation du montant des pensions retraites ou encore les conditions d’accès aux postes d’élus.

Mais le point central de cette réforme reste le rééquilibrage des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires.

La réforme renforcerait le pouvoir du parlement, à qui reviendrait désormais la charge de former le gouvernement et de choisir le Premier ministre. A contrario, le président disposera d’un droit de dissolution et jouera un rôle encore plus prépondérant dans les affaires régaliennes. Il semblerait que l’objectif, non énoncé, de cette réforme soit d’institutionnaliser le conflit politique entre les forces sécuritaires et les élites économiques du pays, afin de limiter une potentielle révolution de palais après le départ du président Poutine en 2024.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Pour les municipales, Castaner veut gonfler artificiellement les scores de LREM

Par une circulaire remise aux préfets, le ministère de l’Intérieur a changé les règles de compilation des scores nationaux pour les municipales. Désormais, le calcul national qui additionne les scores en fonction des appartenances politiques ne s’opérera plus que pour les communes de plus de 9 000 habitants, soit seulement 4% des localités françaises. Le vote de 54% des électeurs ne sera donc pas pris en compte dans le décompte national, sans pour autant que cela n’influe sur les résultats locaux. Mais cela n’est cependant pas sans conséquences car les résultats nationaux influencent l’opinion des Français. C’est là que se situe la ruse de notre ministre de l’Intérieur. En effet, LREM est plus populaire dans les villes qu’à la campagne.

 

► Zemmour fustige France Inter

Nous avons récemment assisté à la sortie de France Inter avec la chanson de « l’humoriste » Frédéric Fromet « Jésus est pédé » qui a provoqué l’ire de la sphère médiatique à cause de la teneur homophobe des propos. Aucune mention faite en revanche de l’outrage à la religion chrétienne, il en aurait sans doute été autrement si Mahomet ou un rabbin avaient été traités de « pédé ». Et bien, sur le plateau de la chaîne d’information CNews, Eric Zemmour a lourdement chargé la radio France Inter. Il décrit ce média comme « une machine idéologique de propagande ». Il accuse la radio de pratiquer un humour dirigé en ces termes : « ce ne sont pas des comiques, ce sont des commissaires politiques ». Et l’essayiste d’ajouter : « L’humour est devenu l’arme privilégiée des curés du politiquement correct ».

 

► La bonne nouvelle du jour est cinématographique

Netflix et Amazon devront investir 25% de leur chiffre d’affaire dans la création française.

Lors d’une réunion des filières de l’audiovisuel et du cinéma ce mardi 14 janvier, le ministère de la Culture a confirmé qu’un taux minimal de 25% du chiffre d’affaire français des plateformes de vidéos en ligne devrait être réinvesti dans des productions françaises et européennes. Cette annonce fait suite au projet de réforme de l’audiovisuel, présenté fin 2019 et visant à moderniser le financement des films français. A défaut d’accords professionnels aboutissant au respect de ce nouveau taux, une multitude de sanctions risquent de s’appliquer, allant jusqu’à l’interdiction de diffusion des contenus en France.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► La Turquie appuie son intervention en Libye

La crise libyenne ne s’arrange pas ! D’un côté, le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle toute la Cyrénaïque et la partie orientale de la Libye, activement soutenu par la Russie. De l’autre, le GUN, le gouvernement d’unité nationale libyenne, appuyé par les Européens et, plus étonnamment, par la Turquie d’Erdogan. Cette dernière a en effet décidé d’envoyer des troupes directement sur le terrain pour repousser les forces du maréchal Haftar qui engrange les victoires depuis plusieurs mois contre les milices islamistes du GUN. Erdogan intervient pour défendre ses intérêts : le 7 novembre dernier, Ankara et Tripoli ont signé un accord commercial remodelant les ZEE des deux pays pour créer un corridor maritime entre les deux pays, s’assurant ainsi le monopole du futur gazoduc EastMed, en violation des droits internationaux et de la ZEE grecque et chypriote. Le retour du grand Turc en Méditerranée orientale en somme…

 

► Trêve dans la guerre commerciale entre Pékin et Washington

Mercredi le président américain Donald Trump et le vice Premier ministre chinois Liu-He ont signé un accord préliminaire pour mettre fin à la guerre commerciale qui opposent depuis 2018 les deux premières puissances du globe. Le texte est pour l’instant à l’avantage des États-Unis : Pékin s’engage en effet à acheter près de 200 milliards de dollars de produits américains dans les deux prochaines années pour rééquilibrer sa balance commerciale avec Washington. Les droits de douane « punitifs » des Américains, qui s’élèvent à près de 370 milliards de dollars, ont fini par lasser les Chinois. Le traité semble en apparence largement défavorable à la Chine, qui doit en plus attendre la ratification officielle de l’accord pour voir supprimer définitivement ces droits de douane. En réalité, Pékin sort gagnant sur deux points dans cette résolution : elle retrouve finalement les marchés américains, et des accords scientifiques avec la Silicon Valley. Mais surtout, Pékin peut désormais se poser en médiateur international dans le domaine économique, malgré le long épisode hongkongais, à l’inverse d’une Amérique qui apparaît comme une force déstabilisante, notamment au Moyen-Orient.

 

► Les drapeaux et symboles nationaux désormais interdits au Parlement européen

Tandis que l’Assemblée entamait une nouvelle session ce lundi, le président socialiste David Sassoli a fait ajouter une nouvelle disposition indiquant que les députés n’ont plus le droit de déployer ni banderoles, ni bannières au sein de l’hémicycle. C’est donc un climat de dictature supranationale, où chaque spécificité des nations européennes est purement niée, qui s’est installé au sein de l’assemblée européenne. Nigel Farage, élu du Brexit Party, exprimait d’ailleurs son soulagement à l’idée de quitter dans les prochains mois cet hémicycle.

 

► Un bogue Facebook révèle qui est derrière les messages postés par Greta Thunberg

Jeudi 9 janvier, un bogue de Facebook a permis aux utilisateurs de savoir qui écrivait réellement les postes de la trop jeune militante. Entre autre, la page de Greta Thunberg a été passée au crible. Ainsi, les messages de cette dernière étaient en fait rédigés par son père Svante Thunberg et l’activiste indien pour le climat Adarsh Prathap. Samedi 11 janvier, la militante écologiste suédoise a tenté de se justifier en déclarant qu’elle utilisait la page Facebook de son père pour reproduire ce qu’elle écrivait sur ses comptes Twitter et Instagram. Elle affirme donc être bien à l’origine des publications de sa page Facebook. Le bogue a duré presque 24 heures et a touché de nombreuses personnalités politiques comme Vladimir Poutine ou Hillary Clinton.

 

► Eva Vlaardingerbroek, l’anti-Schiappa hollandaise

Elle se heurte déjà à la toute-puissance de la bien-pensance dans sa Hollande natale et la vidéo de son discours, devenue virale arrive maintenant sur l’Internet français. Eva Vlaardingerbroek, blonde sculpturale tout droit sortie d’une légende scandinave s’élève contre les dérives actuelles du féminisme. Lors d’une allocution tenue au congrès annuel du FVD, parti conservateur hollandais, elle a notamment dénoncé la schizophrénie d’un féminisme qui vire à l’hystérie dès qu’un homme blanc pose le regard sur une femme et qui en même temps soutient l’immigration de centaines de milliers d’hommes issus de cultures on ne peut plus patriarcales. On la voit également déclarer que le féminisme d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la défense des droits des femmes mais travaille à la destruction de la différenciation homme-femme.

 

► La Suisse fixe un vote sur l’immigration en mai

Lors de sa séance hebdomadaire, le Gouvernement suisse a fixé au 17 mai le vote d’initiative populaire « pour une immigration modérée ». Si ce texte est adopté, il aboutira à la résiliation de l’Accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE. En 1992, les Suisses ont voté « non » à l’entrée de leur pays dans l’Espace économique européen. Depuis, Berne et Bruxelles ont signé de multiples accords bilatéraux. Mais les relations se sont tendues après un vote populaire en février 2014 au cours duquel les Suisses se sont prononcés en faveur de l’introduction de quotas annuels pour l’accueil des migrants.

 

 

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