BULLETIN DE REINFORMATION DU 9 DÉCEMBRE 2019

Patron d'émission - le 9 décembre 2019

Bulletin de reinformation présenté par Solveig Grieg et Erika Gauthier 

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Réforme des retraites, le combat continue

La très libérale réforme des retraites du gouvernement Macron semble ne pas passer au sein de la majorité des Français. Si les syndicats sont en première ligne, il n’en demeure pas moins que la nouvelle réforme impactera l’ensemble de la population, compte tenu du nouveau système de cotisation. Ce système par points sonne le glas du système par répartition au profit d’un autre par capitalisation qui feront bien les affaires des fonds d’investissements, qui se précipiteront dès lors pour proposer leur plan d’épargne retraites semblable à ceux existants outre-Atlantique.

Si l’on comprend cette réforme dans le cadre d’une politique de déconstruction de l’État-social, quels arguments avance le gouvernement pour faire passer cette réforme ?

La sacro-sainte rigueur budgétaire. Selon un rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) du 25 novembre, le déficit du budget des retraites tomberait à 17 milliards d’euros en 2025, soit 0,7 points du Produit Intérieur Brut (PIB). Or selon Henri Sterdyniak, le calcul de ce déficit se base sur une mauvaise convention comptable, qui prend en considération une forte baisse de la masse salariale de la fonction publique dû à la baisse de ses effectifs. De plus le président joue la carte de l’universalisme et de l’égalitarisme, en dénonçant les régimes spéciaux de certaines professions oubliant que ce nouveau système favorisera encore une fois les plus revenus des plus riches.

Quelles sont les mobilisations à l’œuvre pour empêcher cette loi ?

Les syndicats de la RATP et de la SNCF ont déjà annoncé la prolongation de la grève pour aujourd’hui. C’est bien entendu sur un ton alarmiste et dramatique que les médias dominants ont tiré la sonnette d’alarme. Entre péril pour les petits commerçants en cette période de fin d’année, menace pour les activités de petites PME et danger pour la sécurité. Les nouveaux chiens de garde du système tentent le tout pour le tout afin de délégitimer la grève et sauvegarder les intérêts du gouvernement.

 

► La marginalisation des musulmans en Inde

Aujourd’hui doit se tenir au parlement indien une séance primordiale pour le devenir de cette nation multiethnique et multiculturelle. En effet les parlementaires doivent s’accorder sur le projet de loi du parti du gouvernement qui cherche à changer la loi sur la nationalité, le but étant d’exclure une importante partie de la population musulmane de la vie politique en Inde.

Où en est d’abord la politique intérieure dans le sous-continent indien ?

L’actuel chef du Gouvernement indien est Narendra Modi, réélu triomphalement en mai dernier sous les couleurs du parti nationaliste hindou et qui a un projet, « rendre aux hindous leur pays ». Les musulmans indiens, ennemis traditionnels des tenants de cette religion polythéiste, sont ainsi présentés comme une cinquième colonne, un ennemi de l’intérieur qui soutiendrait secrètement le Pakistan ou le Bangladesh voisins, tous deux en rivalité avec New-Delhi. Concrètement, cela se traduit par la suspension de l’autonomie de la région du Cachemire en août dernier, région frontalière avec le Pakistan, où près d’une quarantaine de soldats indiens avaient été tués en juillet dernier par des musulmans radicaux.

Qu’apporte donc cette loi, en débat aujourd’hui ?

Le gouvernement cherche à retaper la loi initiale de 1955 pour faire évoluer la nationalité indienne, en régularisant définitivement les immigrés qui ont fui le Bangladesh, le Pakistan et l’Afghanistan pour des raisons religieuses. Les individus qui bénéficieraient donc de cette nouvelle citoyenneté sont globalement tous les anciens hindous, bouddhistes, chrétiens, sikhs, jaïnistes et parsis qui sont arrivés avant le 31 décembre 2014 en Inde, et qui y habitent depuis au moins cinq ans. Les musulmans, exclus de la nouvelle législation, pourront pour certains d’entre eux, être déchus de leur citoyenneté s’ils ont été régularisés en Inde après les vagues d’immigrations issues des guerres entre les anciens dominions de l’empire britannique. La loi fait l’objet d’une vive contestation de la part des partis politiques traditionnels, mais minoritaires, puisque pour la première fois l’Inde pourrait accorder la nationalité sur des critères essentiellement religieux, les musulmans en étant bientôt privés pour une partie d’entre eux. Les débats s’annoncent tendus dans la plus grande démocratie du monde, ou près de 180 millions de musulmans pourraient devenir des citoyens de « seconde zone ».

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Tours, des pompiers boycottent le discours des élus 

Cette année encore, c’est devant la cathédrale que s’est déroulée la traditionnelle cérémonie de la Sainte-barbe, patronne des pompiers.

Les familles des pompiers mais aussi des élus de la ville, du département, des députés, sénateurs et représentants de la préfecture d’Indre-et-Loire ont assisté à cet événement.

Anthony Moreau, un sapeur-pompier professionnel de la caserne de Tours, s’est invité à la tribune et a déclaré, « Année après année, concertation après concertation, nous avons tenté de vous informer, de vous alerter […] mais rien n’a changé ! » Il y dénonce le manque de moyens en Indre-et-Loire, et particulièrement à Tours. Il n’y aurait à disposition que « 82 professionnels pour assurer 11.000 interventions ! ».

Après cette déclaration largement applaudie, M. Bouchet, maire de Tours, s’est avancé pour prendre la parole mais c’est alors que les pompiers professionnels ont quitté la cérémonie.

 

► Retrait d’urinoirs à la gare de Brest

La cause féministe pousse parfois à des décisions surprenantes, absurdes et inutiles. Le 6 octobre dernier, une internaute en colère prénommée « Haïdée » écrit sur Twitter : « Des urinoirs gratuits pour les hommes et des toilettes payantes pour les femmes, est-ce vraiment votre conception de l’égalité ? Merci à la SNCF de la ville de Brest pour cette pépite sexiste ! ». La SNCF s’est manifestement exécutée et a décidé de retirer les deux urinoirs en accès libre dans la gare bretonne, au nom de la fameuse égalité hommes femmes. « Nous aurions voulu rendre la totalité des toilettes payantes, y compris les urinoirs. Mais la configuration de la gare ne s’y prête pas. Nous avons donc supprimé les urinoirs », explique Thierry Chaplais, responsable des relations médias de la SNCF à Ouest-France.

 

► La sénatrice socialiste Samia Ghali se déclare candidate pour les municipales à Marseille

Cette candidature a été annoncée hier dans un entretien au Journal du dimanche. Ancienne maire du 8e secteur de Marseille et sénatrice du Parti socialiste depuis plus de dix ans, elle s’y présentera sans étiquette au sein de son propre mouvement, Marseille avant tout. Fidèle aux désormais habituelles stratégies de clientélisme de la gauche, Mme Ghali dans son annonce met notamment en avant le fait qu’elle est « petite fille d’immigrés algériens ». Reste à voir si cette stratégie suffira, notamment face à Stéphane Ravier, candidat également à la mairie sous l’étiquette du Rassemblement national. Celui-ci avait vivement critiqué Mme Ghali, notamment lorsque celle-ci avait déclaré que les Algériens avaient reconstruit la France.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Des nouvelles de l’art contemporain : L’œuvre est-elle consommée ?

Voila la question que soulève le geste déplacé d’un artiste, nommé par lui-même « une performance ». Cela se déroule lors de l’exposition d’art contemporain Art Basel à Miami Beach, au moment même où une banane accrochée à un mur se fait manger par un visiteur. La hauteur du préjudice est de 125 000 euros, le prix exorbitant auquel cette « œuvre » a été vendue. L’artiste ayant faim ne se refuse aucun plaisir, mais, se montrant rassurant, le directeur des relations de la galerie nous apprend : « Il n’a pas détruit l’œuvre. La banane, c’est l’idée ».

 

► Manifestation en Ukraine contre la capitulation face à Moscou

A la veille d’une rencontre avec Vladimir Poutine lors d’un sommet sur le conflit ukrainien à Paris, 5000 manifestants ont appelé ce dimanche 8 décembre, à Kiev, le président ukrainien Volodymyr Zelensky à ne pas céder à la pression. Ce rassemblement s’est baptisé : « Des lignes rouges pour Zelenski ». L’Occident et l’Ukraine accusent Moscou de financer et d’armer les rebelles, ce que la Russie nie. Le président ukrainien et Vladimir Poutine se retrouvent lundi à Paris pour relancer les pourparlers de paix sur l’est de l’Ukraine, où la guerre entre Kiev et des séparatistes pro-russes commencée il y a plus de cinq ans a fait plus de 13.000 morts.

 

► La communauté LGBT représentée par une enfant de huit ans

Lundi 2 décembre, à l’assemblée d’Estrémadure au sud-est de l’Espagne, s’exprimait Elsa, âgée de huit ans, et porte-parole de la Fondation Triangulo. Transsexuelle depuis quatre ans, Elsa a témoigné contre le harcèlement à l’école et les discriminations envers les LGBTQ. Prétendant suivre le chemin du bonheur, la fillette a appelé, du haut de ses huit ans, le Conseil régional à voter des lois en faveur de la « diversité de chacun ». La nouvelle Greta Thunberg de la communauté LGBTQ est visiblement bien influencée par sa mère, qui s’était déjà exprimé au sein de ce Conseil régional en 2014 à son sujet.

 

► Une politique migratoire de plus en plus critiquée en Norvège

Selon le journal australien Quillette, la Norvège subit une vague de violence depuis plusieurs semaines au sein de sa capitale, Oslo. Ces attaques prenant pour cibles des hommes norvégiens « de souche » se multiplient à une vitesse inquiétante. En Norvège les politiciens n’aiment pas se prononcer sur ce sujet, néanmoins un rapport sur les corrélations entre criminalité et pays d’origine des délinquants suscite l’inquiétude : d’après le bureau des statistiques nationales, les non-norvégiens sont surreprésentés dans 65 des 80 catégories criminelles existantes. De plus, les immigrés de certaines origines, notamment les Palestiniens, Irakiens et Afghans seraient plus susceptible de commettre un crime violent que le reste de la population. Le consensus pro-immigration semble se fragiliser, mais la gauche norvégienne garde la tête haute, « Ces chiffres ne m’intéressent pas […]. Nous n’avons pas besoin de monter les gens les uns contre les autres » a réagit la maire-adjoint d’Oslo dans le quotidien norvégien Dagbladet.

 

► Le christianisme, religion la plus persécutée au monde

C’est le terrible constat qu’a fait l’association d’Aide à l’Église en Détresse (AED). Dans son rapport intitulé Persécutés et oubliés, l’AED présente les innombrables violences et persécutions qu’ont subit les chrétiens dans le monde entre 2017 et 2019. Le rapport fait part des types de violences, des pays persécuteurs et des initiatives de la communauté internationale pour lutter contre cela. Malheureusement ces initiatives se révèlent bien mince. En effet la situation ne voit aucune amélioration : en Irak, les chrétiens d’Orient continuent de se faire persécuter par les milices chiites malgré la chute de Daech. La Corée du Nord fait emprisonner les chrétiens et en Inde ce sont cent églises qui ont fermé. Rappelons qu’en France ce sont plus de mille actes antichrétiens qui ont été recensés l’année dernière contre 540 actes anti Juifs et seulement cent actes anti musulmans. En parallèle le gouvernement n’omet pas de nous rappeler quotidiennement la montée de l’islamophobie en France.

 

► Le Premier ministre grec hausse le ton contre la Turquie

Jusqu’à vendredi dernier se tenait à Athènes une conférence sur le génocide des Grecs de Pontus, région sur la côte sud de la mer Noire. Il y a un siècle, l’empire Ottoman d’Atatürk y aurait exterminé plus d’un million de Grecs chrétiens en moins de dix ans. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis était présent à la conférence, y prononçant même un discours. Il a notamment déclaré qu’il serait important d’apprendre de ce génocide, surtout au vu de la politique actuelle de la Turquie. Était ciblée la nouvelle politique maritime signée en novembre entre la Turquie et la Libye et donnant accès à Ankara à une nouvelle zone méditerranéenne, au détriment des îles grecques. Suite à ce discours un officiel turc a déclaré ce samedi rejeter ces déclarations, qu’il a qualifiées de « chargées de mensonges et de calomnies ».

 

► La phrase du jour nous vient du prince Charles !

A l’occasion de la réception du six décembre organisée au palais de Buckingham en l’honneur de la fête juive de Hanoukka, le prince Charles a célébré la présence juive au Royaume-Uni.

Si je puis me permettre, Mesdames et Messieurs, je considère que c’est le moins que je puisse faire pour essayer de rendre, à quelque titre que ce soit, les immenses bénédictions que les Juifs ont apportées au pays et, en réalité, à l’humanité.

a-t-il déclaré, rappelant également les liens étroits que les Juifs entretiennent avec des membres de sa famille, tels que sa grand-mère, la princesse Alice de Grèce, enterrée à Jérusalem.

 

 

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