BULLETIN DE REINFORMATION DU 11 OCTOBRE 2019

Patron d'émission - le 11 octobre 2019

Bulletin de réinformation proposé par Philippe Idès et Pierre Godicheau avec la contribution de François Persurier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

ÉPHÉMÉRIDE


 

► Le onze octobre 1986 s’éteignait à Paris le linguiste et anthropologue français, Georges Dumézil

Ses travaux sur les sociétés et les religions indo-européennes devaient métamorphoser le domaine. Reçu premier à l’École normale supérieure, il acquiert ses titres universitaires en alternant études et séjours de par le monde au cours desquels il parvient à maîtriser une trentaine de langues.

En 1941 il formalise une théorie selon laquelle les sociétés indo-européennes sont organisées selon trois fonctions :

  • fonction du sacré et de la souveraineté
  • fonction guerrière
  • fonction de production et de reproduction

En voici deux exemples tirés de notre histoire :

  1. la société médiévale divisée en oratores, bellatores et laboratores
  2. la société d’ordres d’Ancien Régime segmentée en clergé, noblesse et tiers état.

De 1949 à 1968 il enseigne au Collège de France puis aux universités de Chicago, Princeton et Los Angeles. En 1978 il entre à l’Académie française où il est reçu par l’anthropologue Claude Lévi-Strauss.

Les relations que Dumézil entretint avec des écrivains tels que Charles Maurras, ou Pierre Drieu la Rochelle puis avec la Nouvelle Droite fondée par Alain de Benoist, ont permis à une certaine gauche de propager une image sulfureuse mais injustifiée de ce grand érudit.

 

GRANDS TITRES


 

► L’offensive turque dans le nord de la Syrie s’intensifie en dépit des critiques venues du monde entier

A l’aube de son troisième jour, l’opération « Printemps de la Paix » accentue son incursion au nord de la Syrie dans des zones sous contrôle kurde. Ces opérations, préparées de longue date par le maître d’Ankara, font suite à l’annonce du retrait des troupes américaines de la zone contrôlée par les Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes. Ce retrait fut interprété par le président Turc comme un « feu vert » consenti par l’administration américaine. L’abandon des combattants kurdes qui avaient loyalement contribué à la neutralisation des forces de l’État islamique, fut perçu par eux-mêmes comme un coup de poignard dans le dos et par d’autres comme une trahison. Pour sa défense, M. Trump dit qu’il faisait de son mieux pour mettre un terme à des guerres sans fin en ajoutant : « Je peux atteindre la Turquie financièrement si elle ne joue pas le jeu ».

Depuis, les combats faisant intervenir aviation et artillerie font rage au centre de la zone frontalière entre les villes de Ras al-Ain et Tal-Abyad. La Turquie se flatte d’avoir atteint ses cibles en s’emparant de certains villages et d’avoir abattu des dizaines de combattants kurdes.

Cette offensive soulève évidemment une vague de condamnations de la part de la communauté internationale et le Conseil de Sécurité de l’ONU devait se réunir hier à la demande de cinq pays membres de l’UE dont la France.

Prétendant se contenter de créer une zone tampon au nord de la Syrie, le président Erdogan menace d’envoyer 3,6 millions de réfugiés en Europe si son offensive reste considérée comme une occupation.

L’autre source d’inquiétude concerne le sort réservé aux 12 000 prisonniers de l’État islamique parmi lesquels 4 000 ressortissants de pays occidentaux détenus dans la région par les forces kurdes.

 

► Affaire ukrainienne : Destitution ou Bidengate ?

Inconsolables depuis l’échec du rapport Mueller à démontrer toute collusion Russe dans l’élection en 2016, les Démocrates américains ont lancé une procédure de destitution du président Trump, ce dont ils rêvaient depuis le jour noir de son élection. L’affaire du coup de fil ukrainien vient de leur en fournir le prétexte.

Selon le narratif propagé par les media, Trump conspire avec le président ukrainien pour ternir l’image de l’ancien vice-président d’Obama Joe Biden, son principal adversaire pour 2020. Il se fonde sur les dires d’un sonneur d’alerte anonyme selon lequel, lors d’un échange téléphonique avec son homologue ukrainien Zelensky, Trump aurait demandé à celui-ci de rechercher des éléments de nature à compromettre M. Biden en appuyant sa demande d’une menace de rétention de l’aide militaire américaine à l’Ukraine.

Or, ce narratif médiatique repris devant le Congrès par Adam Schiff, ne cesse de prendre l’eau depuis la publication par la Maison Blanche du verbatim de l’appel dépourvu de tout élément pouvant fonder une incrimination. De plus le président ukrainien vient de déclarer qu’il n’avait subi aucune forme de chantage et même qu’il n’avait appris la rétention de l’aide américaine qu’après le fameux appel du 25 juillet.

Pourtant, certains media comme ABC ou CNN n’ont pas hésité à publier des citations tronquées, en omettant même de citer la phrase de Trump disant « Biden s’est vanté un peu partout qu’il était parvenu à arrêter l’enquête donc si vous pouviez y jeter un œil… Cela semble horrible à mes yeux. ». Or, cette phrase renvoie à la nomination en mai 2014, sous la présidence Obama, de Hunter Biden, le propre fils de Joe Biden, au Conseil d’Administration de la société gazière Ukrainienne Burisma, pour un salaire annuel de 600.000 dollars. Le président Poroshenko avait alors nommé le procureur Shokin pour enquêter sur les soupçons pesant corruption de cette société,. Or, celui-ci fut révoqué suite à des pressions intenses exercées par Joe Biden avec l’aide de l’administration américaine. Joe Biden lui-même s’en est vanté en 2018 dans une intervention filmée où il déclare : « Je les ai regardés et je leur ai dit : Je m’en vais dans six heures. Si le procureur n’est pas viré, vous n’aurez pas l’argent. ».

En d’autres termes, les Démocrates reprochent à Trump exactement ce qu’ils ont fait en Ukraine, mais en pire.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Alain Carignon annonce sa candidature à la mairie de Grenoble

Ancien ministre et maire de Grenoble de 1983 à 1995, Alain Carignon a purgé 31 mois de prison en 1996 pour corruption, vient de se déclarer candidat à la mairie de Grenoble.

Il avait fondé un mouvement réformateur avec Michel Noir, ancien maire de Lyon condamné en 1996 à 18 mois de prison avec sursis et auquel appartenait également François Léotard, lui aussi rattrapé par la patrouille !

Puisque Grenoble est la première ville de France pour les agressions et la délinquance, on ne peut s’empêcher de douter que cet ancien gaulliste de gauche, soit en mesure d’inverser la tendance seulement par l’installation de caméras de surveillance ?

Il fait de la surenchère écologique sur la politique de l’actuel maire écologiste Eric Piolle. Selon lui, ce dernier n’est pas « un vrai écologiste » car il aménage des éco-quartiers hyper-bétonnés sans arbre. Ses propositions reprennent la plupart des poncifs écologistes : tramways, transports en commun à propulsion électrique et solaire, etc. Est-ce le meilleur moyen de réduire les déficits de la ville ?

 

► L’inquiétude persiste à Rouen après la catastrophe de l’usine Lubrizol

L’émotion est grande à Rouen après la combustion de plus de 5000 tonnes de produits chimiques et pétrochimiques dans cette usine produisant des lubrifiants. C’est une filiale de la holding Berkshire Hathaway propriété du milliardaire américain Warren Buffet.

Bien que la « directive Seveso » oblige les usines utilisant des composés chimiques à haut risque à déclarer la nature des produits entreposés sur le site, les autorités ne rendent plus publiques ces informations depuis l’attaque contre une usine chimique française en 2015.

Est-ce la raison pour laquelle les informations concernant la dangerosité des substances chimiques dispersées par cette combustion semblent n’avoir été divulguées qu’au compte-goutte ? Ce fut notamment le cas pour la dioxine dont on admet après l’avoir niée, la présence anormalement élevée dans l’atmosphère.

Tout ceci n’est pas fait pour rassurer les agriculteurs de la région auxquels on a déjà interdit la vente de légumes et de produits laitiers. La promesse de compensation rapide de la part de l’État ne suffit pas à calmer les esprits et des plaintes ont été déposées par des résidents ou des entreprises pour tenter d’obtenir réparation.

 

► Le chiffre du jour est de 3,4%

C’est le taux d’augmentation qu’a connu le nombre de titres de séjours en 2018 par rapport à celui de 2017.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le capteur cellulaire du niveau d’oxygène distingué par le prix Nobel

Le prix Nobel de médecine et physiologie récompense cette année un scientifique anglais et deux américains pour avoir mis au jour le mécanisme moléculaire grâce auquel une cellule adapte son métabolisme aux variations de l’oxygène disponible. Celui-ci affecte chaque instant de notre vie depuis les premières étapes du développement embryonnaire jusqu’à l’exercice physique, l’adaptation à l’altitude mais aussi la maladie.

Ce capteur est constitué de deux protéines cellulaires dont l’activité de l’une requiert l’oxygène pour régler celle de l’autre. Le manque d’oxygène activant un programme qui permet la surproduction de vaisseaux sanguins et de globules rouges par le biais de l’érythropoïétine.

Nombreuses sont les maladies dans lesquelles la carence tissulaire en oxygène produit des effets délétères. Outre certaines anémies, maladies pulmonaires et cardiovasculaires, c’est aussi le cas du cancer qui subvertit ce mécanisme au profit de sa propre croissance. Le développement de médicaments ciblant cette voie doit permettre d’améliorer ces conditions.

 

► Corruption dans les universités d’Afrique de l’Ouest

Ces institutions universitaires font l’objet d’un nombre croissant d’allégations faisant état de pratiques de harcèlement sexuel de la part du corps enseignant. Bien que rarement avérées, ces pratiques y sont réputées courantes. Après avoir recueilli des dizaines de témoignages, la BBC a dépêché des journalistes se présentant comme étudiantes à l’Université de Lagos et à l’Université du Ghana. Munies de caméras cachées, ces femmes journalistes furent en effet l’objet de propositions déplacées, de pressions et de harcèlement sexuel de la part de membres adultes du corps professoral de ces établissements.

 

► La phrase du jour est de l’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic

Revenant sur l’attaque de la préfecture de police de Paris, survenue la semaine dernière il a déclaré dans un entretien

Tout le monde a conscience du danger, mais tout le monde ne voit pas l’ampleur du phénomène de radicalisation

En ajoutant plus loin

On a laissé pendant quarante ans cette idéologie mortifère se répandre partout

 

► La bonne nouvelle du jour est culturelle

Une œuvre de Cimabue datant du XIIIe siècle découverte dans une cuisine de Compiègne.

Le panneau sur bois s’avère être une œuvre du peintre florentin Cimabue, actif dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Cimabue rompt avec la tradition byzantine en y introduisant des éléments expressifs que développèrent ultérieurement ses deux élèves majeurs que furent Duccio et Giotto.

L’œuvre, qui représente « Le Christ moqué », faisait partie d’un diptyque de huit scènes de la Passion du Christ, datant de 1280. La pièce complète deux autres panneaux connus  que sont « La Flagellation du Christ » et « La Vierge à l’Enfant », conservés respectivement à la Frick Collection de New-York et la National Gallery à Londres. La vente du Christ moqué, estimée entre 4 et 6 millions d’euros, se déroulera le 27 octobre prochain à Senlis.

 

 

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