BULLETIN DE REINFORMATION DU 18 JUIN 2019

Patron d'émission - le 18 juin 2019

Bulletin de réinformation proposé par Philippe Brisebois, Gauthier de Saint-Wolf et Christian Bieber

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► La semaine dernière se tenait le sommet du Med7

Vendredi s’est tenue la sixième édition du Med7 à Malte, un sommet des pays méditerranéens de l’Union Européenne. Le Med 7, aussi parfois nommé EuroMed ou South EU Summit, est une alliance entre les pays européens aux racines latines situés au bord de la Méditerranée. Le Med7 vise à mener des collaborations sur divers plans – politique, économique, social, migratoire, ou encore sur le plan de la défense. Pour cette sixième édition, les discussions ont concerné le Brexit, le problème chypriote, en référence à l’occupation turque du nord de l’île, le « réchauffement climatique », ou encore la question migratoire. Étaient présents : la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, Malte et Chypre. Le Maroc a également été convié à participer.

Le Maroc pourrait toucher une aide financière pour la lutte contre les réseaux d’immigration

Selon plusieurs médias espagnols, la rencontre a notamment porté sur l’immigration et sur la possibilité d’octroyer au Maroc une aide financière afin que ce pays coopère efficacement dans la lutte contre les réseaux d’immigration. La demande de cette aide a été formulée par l’Espagne et par le président du Gouvernent espagnol, Pedro Sanchez. Celui-ci souhaite que ce projet d’aide soit intégré au prochain budget de l’Union européenne. Fin mai, le quotidien El Pais avait révélé que l’Union européenne aurait déjà accordé au Maroc une assistance annuelle estimée à 50 millions d’euros. Ces aides vont-elles endiguer l’immigration ou bien vont-elles accélérer le processus si leur conséquence est la création de nouveaux canaux de migrations légaux et sécurisés ?

Après le Med7, Emmanuel Macron a annoncé l’organisation d’un « sommet des Deux Rives » de la Méditerranée.

À l’occasion de Med7, Macron a annoncé l’organisation d’un « sommet des Deux Rives » de la Méditerranée dont il avait prévu la création en début d’année. Ce sommet se tiendra les 23 et 24 juin prochains à Marseille et cinq pays maghrébins y participeront avec les pays de l’Europe méditerranéenne. Le but de la création de ce sommet ne serait-il pas de concurrencer le Med7 ? La question se pose en effet car le « sommet des Deux Rives » a vocation à mettre en place une « politique d’inclusion » avec l’Afrique, ce qui passerait mal dans le Med7 avec des pays influents et opposés comme l’Italie.

 

► Accident dans la mer d’Oman, le ton monte d’un cran

Après les incendies qui se sont déclarés sur deux bateaux croisant entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis et leurs alliés haussent le ton. En effet, Mike Pompéo ls chef de la diplomatie américaine a déclaré qu’il envisagé toutes sortes d’options suite à cet accident et même un recours à la force contre l’Iran. Suite à cela le prince héritier de l’Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane a déclaré « Nous n’hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux. ».

Comment l’Iran et ses alliés réagissent-ils ?

L’Iran ne change pas de position : ils ne sont pas responsables de ces attaques mais peut-être que les Etats-Unis oui, pour simplifier. Et ce discours ne sonne pas si faux. En effet depuis les fameuses armes de destructions massives pour la guerre en Irak, les prétextes américains pour rentrer en guerre sont remis en questions et ne font plus l’unanimité comme nous l’avons vu avec la Syrie par exemple ou dans une moindre mesure la Libye. Moscou d’ailleurs via Dimitri Peskov le porte-parole du Kremlin déclare « Je doute que l’on puisse tenir compte des accusations gratuites dans cette situation ».

Quelles sont les issues possibles ?

Washington et Trump ne veulent pas réellement repartir en guerre. Le président étasunien a d’ailleurs réduit le déploiement des troupes américaines sur le globe. Berlin juge que la vidéo accusant l’Iran relayé par les Etats-Unis est « insuffisante ». Nous sommes donc dans une situation assez précaire mais équilibrée. Le ton monte mais sans preuves suffisantes, aucunes des forces en présence ne se risquera dans une guerre ou un conflit ouvert. De plus, pour Trump, les élections présidentielles arrivent et la course à l’investiture devrait commencer cet été. S’il veut un deuxième mandat, une position forte face à l’Iran peut le renforcer mais une guerre le desservira plus qu’autre chose. Enfin dans le détroit d’Ormuz transite plus d’un tiers du pétrole et du gaz mondial. Un conflit déclencherait une crise énergétique sans précédent.

 

► Des personnalités vent debout contre le grand remplacement linguistique

« La langue française va mal. Non plus étoffée mais étouffée par l’anglo-américain, elle voit désormais son usage même évincé par cette dernière langue devenue si peu étrangère. Confrontée à cette invasion, notre mémoire renvoie en écho un passé douloureux de soumission et d’oubli de soi. Une majorité capitulatrice plaidera le réalisme, hermétique aux cris sourds d’une identité enchaînée par une pseudo « langue universelle », en réalité servante d’un maître particulier. ». C’est ainsi que démarre le manifeste adressé à Emmanuel Macron, composé et diffusé par des associations œuvrant pour la défense de la langue française et signé par une centaine de personnalités dont des écrivains, des chanteurs, des professeurs ou des amoureux de la langue française du monde entier, publié par Le Parisien ce dimanche.

Quelles sont les solutions proposées ?

Face à ce constat dramatique, le manifeste propose donc « au chef de l’État premier contributeur à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de montrer l’exemple : en renonçant à l’emploi de l’anglo-américain à l’étranger […] en renonçant à l’utilisation peu digne de l’anglo-américain en France même, décourageant ainsi nos visiteurs de pratiquer une langue désertée par ses locuteurs naturels.[…] D’interrompre la marche suicidaire vers l’intronisation de la langue anglo-américaine comme seconde langue officielle de la nation. ».

Ce manifeste est aussi international

En écho à la portée internationale de cette initiative, il déclare encore qu’il « est donc attendu du chef de file de l’OIF qu’il mette la politique étrangère de la France en accord avec les revendications humanistes de l’organisation, fidèle à la langue des Lumières, celle de l’égalité et du partage. ». A cet égard, les rédacteurs du manifeste déplorent l’installation au poste de secrétaire général de l’OIF « d’une personnalité rwandaise membre actif d’un régime politique détestable. » déclarent qu’il est attendu du chef de file de l’OIF qu’il défende l’usage de la langue française, non qu’il le rétrécisse, rappelant le dynamisme économique d’une majeure partie de l’Afrique francophone, et la vitalité économique du Canada francophone, terre de créativité et de haute technologie. Enfin, le manifeste conclut ainsi, « Faute d’avoir su précéder le Québec comme référence mondiale pour la défense du français, du moins sachons nous inspirer de sa pugnacité et abandonner nos comportements serviles. Il y va de notre identité nationale et de l’avenir de la Francophonie. ».

Ce texte est disponible dans Le Parisien pour une version abrégée et sur le média en ligne AgoraVox pour sa version intégrale.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► A Lyon, un militaire ouvre le feu sur un homme armé d’un couteau

Dimanche 16 juin, dans l’enceinte de l’hôpital militaire de Lyon, un soldat a tiré, après sommation, sur un individu vêtu d’une djellaba. L’homme, qui menaçait la patrouille du militaire avec un couteau, a été touché à la jambe et a finalement été transporté à l’hôpital Edouard Herriot. La police judiciaire a été saisie d’une enquête pour « tentative d’homicide volontaire sur personnes chargées d’une mission de service public ». Le parquet de Paris, compétent en matière de terrorisme, est tenu « étroitement informé du déroulement des investigations ».

 

► Lundi le salon du Bourget ouvrait ses portes

Oui la 53e édition du salon du Bourget a commencé. L’événement vedette était la présentation de la maquette grandeur nature du futur remplaçant du Rafale, maquette plus destinée à faire sensation qu’à présenter une forme réaliste du chasseur. En effet sa mise en service est prévue pour 2040, sans compter les retards systématiques dans ce secteur. Le  développement du SCAF, pour Système de Combat Aérien du Futur, a été initié en 2017 par la France et l’Allemagne. Le projet se veut radicalement novateur : le chasseur ne serait que la pièce centrale d’un système complexe de missiles, de drones et même d’essaims de drones. L’Espagne vient de rejoindre la course et l’Angleterre est attendue, le Brexit compliquant quelque peu son entrée. Le salon est également marqué par les succès d’Airbus avec jusqu’ici 118 appareils commandés pour 15,6 milliards de dollars au prix catalogue. Son concurrent Boeing n’enregistre qu’une commande de 10 avions pour 1.1 milliard de dollars.

 

► Le programme de philosophie évoluera suite à des considérations politiques

Les épreuves du baccalauréat de philosophie 2019 viennent de se terminer, marquant le début de l’antépénultième édition de cette épreuve dans son format actuel, puisque celle-ci se verra réformée en profondeur pour 2021. La philosophie ne sera pas en reste, et son nouveau programme, dévoilé mi-mai par le conseil supérieur des programmes, annonce des changements majeurs. La liste d’auteurs que les professeurs pourront faire étudier à leurs élèves passera ainsi de 12 à 55 noms. Ce changement aurait pour but de rendre le programme de philosophie féminisé et multiculturel, et on retrouve donc des figures féminines comme des penseurs chinois et bouddhistes dans les nouveaux auteurs au programme. Le président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public s’est montré très dubitatif envers ces changements dans un entretien paru dans les colonnes du Figaro ce dimanche. Pour lui les auteurs rajoutés ne seront jamais étudiés, et leur présence ne se justifie que par une pression symbolique ou politique.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Madrid bascule à droite

Gouvernée depuis 2015 par Manuela Carmena, élue conjointement par la gauche et l’extrême-gauche, la capitale espagnole vient samedi de passer à droite de la même manière, grâce à une alliance entre le parti populaire conservateur, le centre-droit et la droite nationaliste. C’est Jose Luis Martinez Almeida, du Parti populaire conservateur, le PP, qui accède à la mairie au terme de négociations compliquées entre les trois membres de l’alliance. Martinez Almeida a, grâce à cette entente, reçu les voix de 30 conseillers municipaux, plus que la majorité absolue requise. Ciudadanos, le parti de centre-droit a signé un accord avec le PP pour la direction commune de la ville, avec le soutien de Vox, le parti de droite nationaliste. Vox qui d’ailleurs se fait remarquer par son ascension. En effet, presque insignifiant dans le paysage politique d’il y a un an, le parti a raflé 10% des voix aux élections générales d’avril et compte à présent 24 députés sur 350. 

 

► Le chiffre du jour est que 63% des Canadiens souhaitent moins d’immigration

Le ministre canadien de l’Immigration, Ahmed Hussen, se dit inquiet suite aux résultats d’un sondage indiquant qu’une majorité de Canadiens souhaitent que le gouvernement fédéral réduise le nombre d’immigrants entrant au Canada. En effet, selon ce sondage réalisé par la firme canadienne Léger, 63% des Canadiens interrogés affirment que le gouvernement devrait réduire le nombre d’immigrants. 37% pensent au contraire que le gouvernement devrait faire en sorte que leur nombre augmente. Ahmed Hussen juge ce résultat préoccupant dans un contexte où les entreprises disent avoir désespérément besoin de travailleurs. L’immigration apporterait selon lui une réponse à ce besoin.

 

► De plus en plus d’Africains tentent d’immigrer aux États-Unis

C’est ce que remonte l’agence de presse mondiale Associated Press dans un rapport publié ce lundi. En une semaine les agents frontaliers américains ont intercepté plus de 500 Africains ayant traversé la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Cela représente une augmentation colossale puisque sur la totalité de l’année 2018 n’avaient été interpellés dans cette zone que 211 immigrés africains. Cet essor considérable des arrivées illégales suit une la baisse relative de l’immigration de l’Afrique à l’Europe via la Méditerranée due notamment aux fermetures des points d’entrée qu’étaient l’Italie et la Hongrie. Alors que les arrivées vers l’Europe auraient été divisées par quatre l’an passé selon l’Organisation Internationale pour les Migrations, d’autres filières d’immigration illégale semblent donc se développer.  

 

► La Commission européenne contre une certaine presse

« Dans sa lutte contre la “désinformation”, la Commission a salué vendredi la coopération accrue des plateformes en ligne comme Google, Twitter et Facebook, signataires en 2018 d’un inédit “Code de bonnes pratiques”. ». En langage non diplomatique, la Commission remercie Google et Facebook d’avoir censuré les sources d’information qui lui déplaisent. En effet Spoutnik par exemple, avait remarqué une forte baisse des consultations de ses sites internet et pages Facebook. Cette action a pour but d’éradiquer certaines opinions, ce qui devrait alerter les défenseurs de la liberté de la presse et de la liberté d’opinion…

 

► Une colonie du Golan occupé portera le nom de « Trump »

Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a inauguré dimanche 16 juin une colonie sur la partie annexée et occupée du plateau du Golan, baptisée « Ramat Trump », la « colline Trump » en hébreu, en l’honneur du président américain. Donald Trump a reconnu le 25 mars dernier la souveraineté d’Israël sur la partie du Golan que l’Etat hébreu avait prise à la Syrie pendant la guerre des Six jours de 1967. Cette décision n’a cependant pas été reconnue par la communauté internationale.

 

► Bolsonaro contre la Cour suprême brésilienne.

La Cour suprême du Brésil a décidé jeudi, par huit voix contre trois, de criminaliser « l’homophobie et la transphobie », assimilées au racisme. Hier, le président Jair Bolsonaro a vertement critiqué cette décision, déclarant que la Cour suprême est « complètement dans l’erreur », parce que ce n’est pas à elle de faire les lois. Le duel entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire va continuer sur ce sujet.

 

► La phrase du jour traite de l’omniprésence du mensonge en politique…

Le droit au suicide vaut aussi pour les peuples non moins que pour les individus. Mais à une condition. Que ce choix soit libre et consenti. Qu’il procède d’une décision mûrement et souverainement réfléchie. Et que l’on n’y ait pas été conduit par le harcèlement de tel ou tel pousse-au-suicide dont on sait qu’il serait, dans la vraie vie, passible d’une lourde peine. […] On parle toujours du mal que fait à un peuple la corruption de ses dirigeants. On devrait parler davantage de cette corruption par excellence qu’est l’accoutumance au mensonge.

Bien que l’article dont la phrase est tirée tente de fustiger les partisans du Brexit, il est assez intéressant de voir Bernard-Henri Lévy s’élever ainsi contre le mensonge et les manipulations politiques…

 

 

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