BULLETIN DE REINFORMATION DU 13 JUIN 2019

Patron d'émission - le 13 juin 2019

Bulletin de réinformation proposé par Erika Gauthier et Brieuc Chevalier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Entre peine de mort et rapatriement, le cas des djihadistes français divise

Ce mardi 11 juin, une famille djihadiste a rejoint le sol français en provenance de la Turquie, où les neuf enfants, leur père et ses deux compagnes avaient été placés en centre de rétention. La veille, douze orphelins de djihadistes avaient également été rapatriés depuis le Kurdistan syrien.

Ces informations font suite à l’annonce de la condamnation à mort, en Irak, de sept puis onze ressortissants français membres du groupe Etat islamique, transférés par les forces armées du Kurdistan syrien aux services de sécurité irakiens.

Qu’en est-il du réel traitement des djihadistes en France ?

Le jugement du tribunal irakien a soulevé de nombreuses critiques en France parmi les opposants à la peine de mort et les familles des djihadistes français. Néanmoins, il ne s’agit que d’une opposition de principe : en France, aucun mécanisme judiciaire ne permet de répondre efficacement à ces situations inédites et complexes. La peine de prison à perpétuité existe en droit français, mais elle se réduit en moyenne à une vingtaine d’années réellement effectuées, selon une étude récente.

On peut se poser la question de l’opportunité pour la France de s’opposer à ces condamnations, qui n’ont pas encore été mises en œuvre, dans la mesure où l’on sait que fin 2019, pas moins de 450 individus radicalisés sortiront de prison – dont une cinquantaine condamnés pour terrorisme.

La question du rapatriement des enfants de djihadistes soulève également les interrogations.

Le principe de précaution voudrait en effet que le retour de ces enfants ne soit pas accepté, mais pour cela faudrait-il que la sécurité des citoyens français demeure une priorité. Sortant des débats juridiques généralement en cours sur le sujet, il est intéressant de notifier que la préparation des futurs combattants passe par des exécutions de prisonniers par des enfants de 3 à 10 ans.

 

► Le Premier ministre lance l’acte 2 du quinquennat.

Édouard Philippe a présenté hier devant l’Assemblée nationale, les prochaines grandes réformes à venir du quinquennat de Macron. Employant à plusieurs reprises le mot urgence, le gouvernement prétend vouloir encore accélérer le rythme des réformes. Malgré la défaite électorale aux européennes de mai dernier et les six mois de protestations sociales, le Premier ministre n’entend pas véritablement changer de cap politique, comme si finalement le débat national ordonné par Macron n’avait pas eu la moindre influence sur le projet politique à venir, mais qui s’en serait vraiment douté.

Mais quelles sont, plus en détail ces réformes à venir ?

La priorité serait donnée à l’écologie pour les douze prochains mois, avec la promesse idyllique, de limiter la part du nucléaire à 50%, contre 75% actuellement, de la production d’énergie nucléaire, confirmant la date de 2020 pour la fermeture de la centrale de Fessenheim. Il a également annoncé la réforme du crédit d’impôt sur la transition énergétique. Cette priorité accordée à l’écologie fait sans doute écho à la percée des verts aux européennes. Concernant la question du travail, après s’être auto-félicité de la baisse du chômage, enfin tout du moins selon les critères statistiques de l’INSEE, le Premier ministre a expliqué vouloir limiter la précarité en limitant, dans dix secteurs différents, l’utilisation des contrats courts par les employeurs. Sur les sujets sociétaux, Monsieur Philippe a confirmé l’élargissement de la PMA pour les couples de femmes homosexuelles.

Quel bilan peut-on vraiment tirer de ce discours ?

Rien ne semble avoir vraiment perturbé le gouvernement et Macron entend poursuivre sa politique contre vent et marée. Pourtant le Premier ministre n’a pas hésité à multiplier les lieux communs et les euphémismes pour donner un vernis de changement dans cet acte 2 du quinquennat. Marqué la continuité tout en créant un semblant de rupture, voilà l’objectif de ce discours. Cela n’augure pas un retour vers l’apaisement, en cette période de troubles politiques.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Le chiffre du jour est 90.000

C’est le nombre de nouveaux postes créés au premier trimestre 2019 avec une croissance de 0,3% selon l’Insee. C’est le secteur de la construction qui a constitué la principale accélération de l’emploi avec la plus forte hausse depuis fin 2007 soit une croissance de +2,7%. Vient ensuite le secteur des services marchands puis agroalimentaires avant une hausse de 1,6%. Selon l’Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale, les déclarations d’embauche en CDI ont progressé de 5% entre les premiers trimestres de 2018 et 2019.

 

► L’Etat réfléchit au démantèlement de l’ONF

Accélérant les suppressions d’emplois, simplifiant les autorisations administratives et projetant de le déposséder de ses compétences, l’Etat mène un combat silencieux pour démanteler l’Office national des forêts garant de nos forêts publiques. Le rapport statuant sur les pistes d’avenir de l’ONF devait être remis au gouvernement en février et n’a pourtant toujours pas été rendu public. S’appuyant sur le contexte financier difficile de l’Office qui atteint les 360 millions d’euros de dettes malgré une hausse de 35% de récolte dans les forêts domaniales. Finalement le souhait de privatiser la gestion des forêts semble revenir en masse au sein du gouvernement, qui diminue par ailleurs drastiquement depuis quelques années les subventions destinées à ce secteur. La direction du Trésor au sein du ministère de l’Economie annonce lui-même : « À moyen terme, il pourrait être utile d’étudier la proposition de déléguer la gestion des forêts communales sous forme de concessions à des prestataires privés ».

 

► L’alarmante hausse des délits de fuite

Au lendemain du délit de fuite de Lorient, la question des délits de fuite se positionne comme un fait très courant en France au grand dam des associations de prévention routière. Le délit de fuite après un accident est le délit le plus répandu sur les routes françaises recensant 29% des délits. La fuite se positionne juste avant la conduite en état d’ivresse qui collectionne 21% puis le refus d’obtempérer représentant 5% des délits. En 2017 ce ne sont pas moins de 172.000 délits de fuite après accident qui ont été recensés. Soit une vingtaine par heure. Ce chiffre en forte hausse depuis les années 2000 est passé de 105.000 en 2002 à 175.000 en 2017.

 

► Lancement du compte à rebours contre la privatisation d’Aéroport de Paris

En effet c’est à partir du 15 juin que la plateforme pour recueillir les signatures en faveur d’un référendum d’initiative partagé sur la question de la privatisation de l’Aéroport de Paris sera ouverte. La pétition devra atteindre les 4,7 millions de signatures dans un délais neuf mois pour lancer la suite de procédure. Associations et partis politiques de tous bords se sont engagés en faveur de cette pétition, afin de sauver cet actif de l’État français, qui rapporte plus de 610 millions de bénéfices en 2018, avec une croissance de 6,9 points. Si c’est la première depuis 2008, que la procédure de référendum partagé dépasse le seuil parlementaire, la collecte d’autant de signatures, semble pour le moment inatteignable, même si l’opposition semble unanimement pousser à contrer la privatisation d’un des actifs les plus stratégiques et les plus rentables de l’État.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► OTAN ou Russie : la Turquie va devoir trancher

Mardi dernier, un conseiller de Vladimir Poutine annonçait que la livraison des systèmes de missiles antiaériens S-400 russes à la Turquie aurait sans doute lieu en juillet. Or, la semaine dernière, les Etats-Unis ont lancé un ultimatum au président Erdogan : si d’ici le 31 juillet, la Turquie ne renonce pas à cet achat, le contrat concernant la livraison des avions furtifs F-35 et l’entraînement de leurs pilotes seront rompus.

F-35 ou S-400 : que décidera Ankara ? En visite à Moscou le 8 avril dernier, Erdogan réitérait la volonté de la Turquie de mener à bien l’accord passé avec la Russie. Il estimait ne pas avoir à se conformer aux requêtes agressives d’un pays étranger, d’autant plus que la contre-proposition américaine concernant l’achat du système de missiles Patriot n’est pas jugée suffisamment concurrentielle sur le plan financier.

La Russie a commencé la formation du personnel turc sur S-400, mais malgré ces signaux favorables, rien n’est encore joué. La Turquie, notamment depuis le début du conflit syrien, tente de jouer sur les deux tableaux, tandis qu’Américains et Russes se disputent les faveurs du président turc. Quoiqu’il en soit, une chose est sûre : le choix à venir sera déterminant pour l’équilibre géopolitique de la région.

 

► Quelques nouvelles du bourbier malien :

Dans la nuit de dimanche à lundi, le centre du Mali a de nouveau été le théâtre de violences meurtrières, puisque 35 civils, dont 24 enfants, ont été massacrés dans le village de Sobane. Le bilan initial qui établissait la mort d’une centaine de personnes a donc été revu à la baisse, mais la situation demeure fortement préoccupante. Et pour causes ! Cette spirale de violence inter-communautaire qui agite le Mali, n’est que l’épiphénomène de la menace djihadiste qui ébranle le Sahel et tous les pays environnants. Effectivement, si l’antagonisme entre ethnies ne date pas d’hier, la pression djihadiste se nourrit de ces divisions et les accentue. Au front terroriste se superposent ces conflits internes, où l’ennemi est difficilement identifiable, et qui pourtant se font de plus en plus prégnant.

En avril dernier, l’Armée française annonçait l’ouverture d’une base dans le centre du pays, affichant ainsi sa prise en compte du problème. Parmi les propositions, on évoque aussi le redéploiement d’une partie des casques bleus de la MINUSMA dans la zone, voire même des négociations avec les factions islamistes.

 

► La Russie invite les États-Unis à adopter une déclaration commune concernant la dénucléarisation.

Suite au retrait américain du traité de désarmement nucléaire il y a quatre mois, suivi du gel de la participation de la Russie sur le même sujet, le chef de la diplomatie tente de rapprocher les positions entre les deux pays.

Cet appel survient par ailleurs dans un contexte où les États-Unis annoncent se désengager d’un autre traité, le Start. Vladimir Poutine a ainsi attiré l’attention des foules sur son impression de délitement de l’architecture de sécurité construite suite à la Guerre froide, et ce du fait des États-Unis. Le dirigeant russe avait déjà alerté sur ce sujet-là, arguant que la Russie possédait d’ores et déjà un temps d’avance dans le cas d’une nouvelle course à l’armement.

 

► La bonne nouvelle du jour est archéologique

Une tête de loup, vieille de plus de 40.000 ans a été retrouvée quasiment intacte en Sibérie orientale. Trouvée par des habitants à la recherche d’ivoire de mammouth, cette tête de loup demeure extrêmement bien conservée grâce au pergélisol. Selon M. Protopopov, directeur du département d’étude de l’Académie des sciences de Lakoutie explique dans son article que cette découverte ne sera certainement qu’une parmi de nombreuses futures en raison du dégel du pergélisol dû au réchauffement climatique. Cette découverte ne serait donc finalement que la première d’une longue série.

Merci de nous avoir écoutés et nous vous donnons rendez-vous lundi à 7h15 pour un nouveau bulletin de réinformation sur Radio Courtoisie, ainsi que dimanche prochain pour la fête de la Courtoisie, à notre comptoir et dans la salle de conférence pour la remise du prix Grand-Duc, du meilleur bulletin de réinformation de l’année, qui aura lieu à 13h30 – juste avant la conférence de Marion Maréchal.

 

 

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