BULLETIN DE REINFORMATION DU 22 MAI 2019

Patron d'émission - le 22 mai 2019

Bulletin de réinformation proposé par Guillemette Pâris et Jean Bernard avec la contribution d’Anne-Sophie Gauthier et de Robert Scott

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRAND TITRE


 

► Autriche : déstabilisation d’un homme politique identitaire

Déstabilisation réussie après la diffusion d’une vidéo compromettante mettant en cause le leader du FPÖ, Heinz-Christian Strache.

L’opération est-elle destinée à briser la montée des forces populistes en Europe ?

Jean-Yves le Gallou, dans les colonnes de Boulevard Voltaire, dénonce une opération barbouzarde montée de toute pièce. Le dirigeant du Parti de la liberté (FPÖ) a dû démissionner de ses fonctions de vice-chancelier et de chef de parti samedi 18 mai, au lendemain de la diffusion des images. Dans la foulée, le chancelier conservateur (ÖVP) Sebastian Kurz a limogé le ministre de l’Intérieur, Herbert Kickl, lundi, entraînant le départ de tous les autres ministres du parti de la Liberté.

Mais d’où provient la vidéo ?

C’est là que le bât blesse. On n’en a aucune idée. Les journaux allemands ne révèlent pas l’origine de la vidéo confiée dans des circonstances rocambolesques, selon ces journaux, invités à se rendre dans une « station-service » puis « un hôtel désert ». Heinz-Christian Strache ne conteste pas l’authenticité de la vidéo et l’absence de trucage a été confirmée par des experts.

Cette affaire aura-t-elle un impact sur les élections européenne ?

Toujours selon Jean-Yves le Gallou : les enjeux relatifs aux élections européennes sont ceux des frontières extérieures à l’Europe : frontières physiques sur la Méditerranée et frontières de civilisation à l’intérieur de chaque nation.

Combien y aura-t-il de députés européens attachés à la défense de ces frontières face à l’immigration ?

Espérons qu’une fois la manipulation dénoncée, les voix identitaires s’affirmeront au sein du Parlement européen.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Affaire Lambert : Charlotte d’Ornellas remet les points sur les « i »

Hier, la journaliste Charlotte d’Ornellas est revenue sur l’avis non-contraignant de l’ONU sur la reprise des soins de Vincent Lambert que la justice française a ordonné de suivre. Elle l’a comparé au Pacte de Marrakech qui était lui aussi présenté comme étant « non-contraignant ». Lors d’un débat sur CNEWS, celle-ci a ainsi déclaré que « C’est la fameuse histoire des traités “non-contraignants” dont on parlait il y a quelque temps quand on disait “Si c’est non-contraignant, pourquoi le signer ?”. Mais soit on signe un texte avec lequel on est d’accord, et donc il devient contraignant parce qu’on a décidé de le suivre, soit on ne le signe pas. Mais c’est absurde en droit international de juger qu’un texte n’est pas contraignant à partir du moment où on le signe. »

 

► La phrase du jour

Elle est également signée Charlotte d’Ornellas. Dans un face-à-face tendu chez Pascal Praud, la journaliste a pris à partie le rappeur Nick Conrad pour les paroles de ses chansons et les mises en scène obscènes de ses clips.

Vous voulez divertir des enfants noirs en pendant des blancs. Qui cherche la guerre ?

Et celle-ci de conclure :

Si ce pays est insupportable et que vous avez envie « d’enculer sa grand-mère » comme vous dites, la porte est grande ouverte !

Récemment condamné pour son clip « Pendez les blancs », à 5000€ d’amende, il vient de sortir une nouvelle chanson, « Doux pays » dans laquelle il affirme « Je baise la France ».

 

► Infatigable BHL

A l’initiative du philosophe Bernard-Henri Lévy, un déjeuner a été organisé entre le chef de l’Etat et une douzaine d’intellectuels, ce mardi, l’occasion pour le chef de l’Etat de défendre sa vision de l’Europe à quelques jours du scrutin. Parmi les invités : l’Italien Claudio Magris, l’Espagnol Fernando Savater, le Danois Jens Christian Grondahl, la Hongroise Agnes Heller, le Néerlandais Rob Riemen, l’Anglais Simon Schama, l’Allemand Peter Schneider, l’Israélien David Grossman, l’Américaine Anne Applebaum, le Bosniaque Abdulah Sidran ainsi que le Polonais Adam Zagajewski. Pour rappel, ces écrivains avaient signé au début de l’année une tribune à l’appel du philosophe germanopratin, publiée le 25 janvier dans les colonnes de Libération. Intitulée « Il y a le feu à la maison Europe », celle-ci mettait en garde contre les « forces populistes qui déferlent sur le continent » et appelait à la « mobilisation » pour défendre « l’héritage d’Erasme, de Dante, de Goethe et de Comenius ». Gageons que ceux-ci doivent se retourner dans leur tombe !

 

► Affaire Bannon : le Rassemblement national dénonce le deux poids deux mesures de La République en marche

La République en marche, depuis plusieurs jours, vitupère contre l’« influence étrangère », la « connivence », ou encore le « cheval de Troie » que représenterait l’ancien conseiller de Donald Trump de mèche avec Marine Le Pen. La patronne du RN serait ainsi « l’idiote utile » de Donald Trump mais aussi de Vladimir Poutine. Accusée de vouloir fragiliser l’Europe en favorisant l’alliance des populistes par le président de la République en personne, celle-ci a rétorqué ce mardi que le chef de l’Etat utilisait son « immunité présidentielle » pour diffamer sa formation. Dénonçant la mauvaise foi du parti au pouvoir, le Rassemblement national a par ailleurs rappelé que personne ne s’était offusqué de l’implication de certaines figures étrangères dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, en particulier celle de l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, qui, à trois jours du premier tour, avait explicitement soutenu le candidat d’En Marche dans une vidéo…

 

► L’UNEF de plus en plus isolée

La prise de conscience est tardive, mais salutaire. Le 17 mai, quatre-vingt-six représentants de l’UNEF issus de la tendance « unité et action syndicale » ont annoncé leur retrait de l’UNEF, sur fond de désaccord sur une ligne politique jugée toujours plus communautariste. Ces défections laissent le syndicat, vieux de 112 ans, privé de son aile gauche à l’orée des élections du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elles traduisent en outre le malaise grandissant vis-à-vis d’un mouvement qui semble avoir abandonné le combat social pour une ligne identitaire indigéniste toujours plus revendiquée, et exprimée notamment lors de la polémique en mars dernier sur le blocage d’une pièce d’Eschyle à la Sorbonne. Plusieurs politiques, de Cambadélis à Marlène Schiappa, ont d’ores et déjà pris leurs distances avec le syndicat.

 

► Démographie africaine : Nicolas Dupont-Aignan met les pieds dans le plat

Lors du débat de LCI ce lundi, le président de Debout la France a souhaité ainsi évoquer le « tabou », selon ses termes, de la démographie africaine, cause selon lui de l’immigration. On imagine mal comment la France pourrait influer sur « le contrôle des naissances en Afrique », mais l’argument, n’est pas tabou, il avait été déjà invoqué par Emmanuel Macron. En 2018, le chef de l’Etat avait pris une volée de bois vert sur les réseaux sociaux après avoir exprimé son scepticisme sur le niveau d’éducation des mères de famille nombreuse.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Les hommes d’Eglise contre Matteo Salvini

L’utilisation par Matteo Salvini de symboles religieux durant un meeting politique samedi dernier à Milan n’a pas eu l’heur de plaire à certains prélats… Exemple : le père Spadaro, directeur du magazine des jésuites La Civiltà Cattolica, pour qui « Rosaires et crucifix sont utilisés comme des signes à la valeur politique, mais d’une manière inverse par rapport au passé : si avant on donnait à Dieu ce qui aurait dû rester dans les mains de César, aujourd’hui c’est César qui prend et brandit ce qui est à Dieu ». Le cardinal Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a estimé de son côté : « Je crois que la politique partisane divise, Dieu est de tous. Invoquer Dieu pour soi-même est toujours très dangereux. » Famille Chrétienne, dans son éditorial, a quant à lui fait référence directement au ministre italien de l’Intérieur en le traitant de « souverainiste fétichiste ». Pire, le journal des évêques italiens, Avvenire, s’est directement attaqué à Salvini qu’il voit comme un « porte-drapeau d’un catholicisme personnel, éloigné du magistère du pape et de l’Église ». Certainement, pas de quoi chagriner Matteo Salvini !

 

► BREXIT : les dernières cartes de Theresa May pour sortir de l’impasse.

La Première ministre britannique envisage une nouvelle série de votes au Parlement, notamment pour qu’ils se prononcent sur la tenue d’un second référendum sur le Brexit, soit trois ans après le choix des Britanniques de sortir de l’Union européenne. Si une pétition en ligne pour annuler le Brexit a bien dépassé les six millions de signatures, il se trouve également que la perspective d’un nouveau référendum a déjà été rejetée en mars dernier par les députés. Mais, pour Theresa May, un tel vote serait susceptible de donner des garanties supplémentaires aux droits des travailleurs et aux protections environnementales ainsi que l’exige l’opposition travailliste.

 

► Mort à Mirandola

Deux personnes sont mortes, deux autres grièvement blessées et seize personnes intoxiquées : c’est le bilan d’un incendie criminel provoqué mardi soir dans un commissariat de la police non loin de Modène. Les soupçons se portent sur un jeune Marocain en situation irrégulière qui a été arrêté et qui se faisait passer pour un mineur de seize ans alors que des tests médicaux ont prouvé qu’il était un adulte. Le migrant est entré dans le commissariat à trois heures du matin par une fenêtre pour y mettre le feu. Il avait des antécédents judiciaires. Un ordre d’expulsion avait été émis contre lui. Le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini n’a pas mâché ses mots : « Deux morts, des dizaines ont été blessés et ont souffert de l’inhalation de fumée. […] Oubliez l’ouverture des ports [aux navires de sauvetage des migrants]. L’élimination de l’immigration illégale en Europe et en Italie est un devoir moral : ils doivent tous rentrer chez eux. »

 

► Une liste allemande satirique aux élections européennes reprend le nom de dignitaires nazis

Déjà élu en 2014 au Parlement européen, l’hurluberlu germanique a récidivé en 2019 en proposant une liste éclectique, délibérément composée de noms de familles homonymes  de dignitaires nazis, en plus de quelques perles, comme Lisa Bombe ou Bennett Krieg (guerre, en allemand). L’absence de seuil électoral pourrait lui permettre de réaliser de nouveau l’exploit, avec un programme pour le moins audacieux, prévoyant notamment un délit de changement climatique ainsi qu’un âge maximal pour voter. 

 

► La bonne nouvelle du jour

C’est bien évidemment celle que nous avons évoquée tout à l’heure : le retour à la vie de Vincent Lambert grâce à la victoire de ses avocats, Maîtres Triomphe et Paillot. Condamné par le CHU de Reims à mourir de faim et de soif, et déjà privé de nourriture et d’eau depuis une journée, il a retrouvé le droit de vivre grâce au jugement de la cour d’appel de Paris. L’acharnement de ses parents n’aura pas été vain. On leur souhaite à tous les trois de nombreuses victoires encore sur le chemin difficile qui est le leur.

 

 

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