BULLETIN DE REINFORMATION DU 21 MAI 2019

Patron d'émission   -  le 21 mai 2019

Bulletin de réinformation proposé par Philippe Brisebois, Christian Bieber et Charles Guépard

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS SUJETS


 

► Le fabricant de téléphones chinois Huawei fait face à de nouveaux problèmes

Comme nous l’évoquions hier, les Etats-Unis ont placé Huawei sur une liste noire empêchant l’entreprise d’exporter ses produits vers les Etats-Unis, et interdisant aux entreprises étasuniennes d’utiliser les produits Huawei, quels qu’ils soient. La raison invoquée pour cette mise à l’index est la sécurité nationale. En effet, les Etats-Unis accusent Huawei, ses produits et son nouveau réseau 5G, d’être des organes de collection massive de données pour les services de renseignement chinois. Si Huawei n’est pas la seule entreprise sur cette liste noire, et que les Etats-Unis se défendent d’avoir cherché à cibler spécifiquement Huawei et la Chine, le fait est que cette décision coïncide, entre autre, avec l’échec des négociations sur les échanges avec la Chine et avec le développement du réseau 5G étasunien.

Qu’est-ce que cela signifie pour Huawei à l’échelle mondiale

Si le deuxième fabricant de téléphones au monde a justement rappelé que les Etats-Unis n’étaient pas son plus gros marché, il n’empêche que c’est un marché non négligeable et que cette décision est lourde de conséquences à l’échelle mondiale. Plusieurs pays, dont le Japon et l’Australie, ont eux aussi choisi de fermer leurs portes à Huawei. Les effets ont d’ailleurs commencé à se faire ressentir tout au long de la chaîne de valeurs. En amont, les actions des fournisseurs de puces et de semi-conducteurs ont toutes chuté fortement hier et sont à leur point le plus bas depuis mars en réponse à l’incertitude créée par l’annonce étasunienne. Parallèlement si les fabricants de puces et semi-conducteurs étasuniennes n’ont maintenant plus le droit de fournir Huawei, il se pourrait que certains fabricants européens choisissent également de ne plus le faire, à l’image du fabricant de puces allemand Infineon, redoutant sans doute les foudres de l’extraterritorialité du droit étasunien. Loin de ralentir les Chinois, cette guerre économique risque surtout de pousser les entreprises technologiques chinoises à se débrouiller elles-mêmes et à venir combler les vides laissés par les fournisseurs occidentaux.

Mais il y aura aussi des conséquences pour les utilisateurs

Toute la chaîne de valeur de Huawei est affectée par cette décision, et cela inclut aussi les utilisateurs. Le plus gros coup porté contre Huawei et sa clientèle aujourd’hui est certainement l’arrêt immédiat du partenariat avec Google et sa plateforme téléphonique Android. En effet, l’entreprise étasunienne, en accord avec la décision de la semaine dernière, a suspendu hier la livraison de tout nouveau logiciel et de tous les services connexes à Huawei. Cela signifie concrètement que Huawei ne pourra proposer que la version basique et ouverte d’Android à ses utilisateurs, sans les applications et les services liés à Google. Si cela ne posera pas de problème à l’utilisateur chinois, déjà privé de Google, cela risque d’être sévèrement handicapant pour les utilisateurs européens qui dépendent de Google pour un bon nombre de services, tuant effectivement la compétitivité de Huawei en Europe. Ces premiers coups de canon dans ce qui s’annonce être une guerre froide technologique et économique seront a priori bien moins inoffensifs qu’ils n’y paraissent.

 

► Ce samedi c’est un véritable séisme qui a eu lieu en Autriche.

En effet des médias allemands ont diffusé des extraits d’une vidéo tournée en juillet 2017 soit il y a presque deux ans. Dessus nous pouvons voir l’actuel vice-chancelier, Hanz Christian Strache et le président du groupe FPÖ à l’assemblée autrichienne Johann Gudenus avec la supposée nièce d’un oligarque russe dans une villa d’Ibiza. A la proposition d’aide pour acheter des médias pour les rendre pro FPÖ, Strache accepte de leur réserver certains marchés publics une fois au pouvoir.

Quelles sont les répercussions de cette affaire ?

Strache a présenté sa démission et Sebastian Kurz a annoncé des législatives anticipées. Les cartes pourraient donc être redistribuées, car l’actuel Premier ministre conservateur devait sa majorité au FPÖ et à Strache, ce qui lui était souvent reproché au nom du politiquement correct. De plus l’Autriche pouvait être le pivot entre l’Italie de Salvini, la Hongrie de Orban et le reste du groupe Visegrad et l’Allemagne ou l’AfD monte en puissance de mois en mois. Cet axe populiste vient donc de prendre un sacré coup. Voilà pourquoi certains suspectent que cette vidéo était l’arme sécrète pour éviter un trop grand groupe populiste au Parlement européen et pour éviter de renforcer la dynamique populiste actuelle en Europe.

Concernant la vidéo, d’où vient-elle ? Comment les médias allemands l’ont-ils obtenue ?

C’est une histoire digne de film d’espionnage. Pendant plus de six mois des acteurs se sont fait passer pour l’entourage d’un oligarque russe désirant investir en Autriche auprès de Johann Gudenus l’un des lieutenants de Strache, homme fort du parti depuis plus de 14 ans. Ils conviennent d’une réunion informelle dans une villa à Ibiza louée dans ce but et truffée de caméras. Toute la discussion est donc filmée et transmise aux médias allemands. C’est pourquoi certains dénoncent et craignent « une Anschluss bis » et l’ingérence allemande dans la politique de son voisin. Un assassinat politique dont nous ne savons pas encore tout mais qui aura certainement des répercussions importantes dans la politique européenne de ces prochains mois.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Opposé au contrôle avant publication de son article par l’Élysée, La Voix du Nord boycotte un entretien avec Emmanuel Macron

Ce 20 mai, Emmanuel Macron donnait une entrevue aux quotidiens régionaux pour plaider en faveur de son projet européen. Refusant que les propos du président fassent l’objet d’un contrôle avant publication, la Voix du Nord a décliné l’invitation. Le rédacteur en chef du quotidien, Patrick Jankielewicz, a justifié cette décision sur Twitter en affirmant que la participation du quotidien régional à cet événement « perturberait l’équilibre du traitement de la campagne ». Gabriel d’Harcourt, directeur de la publication du journal, a quant à lui déclaré à l’AFP qu’ « Il s’agit d’une formule qui n’est pas en phase avec nos pratiques. On ne permet pas ces pratiques de relecture ». Nous ne pouvons que saluer et soutenir la décision déontologique de nos confrères de la PQR.

 

► Campagne difficile pour Manuel Valls en Espagne

Candidat à la mairie de Barcelone, l’ancien Premier ministre français mène activement sa campagne à quelques jours des élections, mais non sans difficulté. Les sondages lui confèrent 12% d’intentions de vote, ce qui le place en 4ème position pour l’accès à la mairie. L’argument principal de l’opposition : son fort lien avec la France où il a effectivement vécu toute sa carrière politique, d’où un accent français déplaisant pour les Barcelonais. Ses opposants ne manquent pas non plus de rappeler, en sa présence même, qu’il a quitté la politique française comme homme politique le plus impopulaire du moment. Enfin, sa présence au côté de la droite nationaliste lors d’une manifestation réclamant le départ du chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez achève de ternir son image. Le scrutin aura lieu le même jour que les élections européennes dimanche prochain.

 

► Le Rassemblement national fait face à une chasse aux sorcières ciblée autour de ses liens avec Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump

L’homme d’affaires conservateur américain gravite autour des mouvements nationalistes d’Europe depuis mi-2018, échangeant notamment avec Matteo Salvini et Boris Johnson. Le Rassemblement national est sous le feu des critiques depuis quelques jours, à cause de certaines rencontres entre monsieur Bannon et des élus du parti. Il est reproché à M. Bannon de porter atteinte à la souveraineté des élections. Ces accusations, lancées d’abord par le directeur de la campagne de La République en marche Stéphane Séjourné ce samedi, ont été reprises par le Premier ministre, puis par Nathalie Loiseau lundi matin dans un entretien au Figaro. Le reste de l’échiquier politique a, lui-aussi, lancé ses forces dans cet ultime assaut contre le Rassemblement national. Un appel demandant à « enquêter sur les liaisons dangereuses de Le Pen et Bannon » lancé par l’ancien député des Républicains François Lefebvre et signé par une quinzaine de députés allant du Parti socialiste au Modem a ainsi suivi ce lundi. À une semaine du scrutin cette union des forces politiques contre le Rassemblement national n’est pas sans rappeler le second tour des élections de 2017. Reste donc à voir si les deux ans de gouvernement Macron qui ont suivi ont fait réfléchir les électeurs français.

 

► L’étalon du kilogramme vient de changer !

Depuis 140 ans, l’unité de masse du kilogramme était définie par un étalon en alliage de platine et d’iridium, dont un exemplaire est stocké à Sèvres, au Bureau international des poids et mesures, avec six autres copies. Problème : d’infimes variations de poids liées à l’usure ont été détectées entre les différentes pièces. Le kilogramme était une des dernières unités toujours étalonnée sur un objet physique, le temps est donc venu pour le bon vieux bloc de métal de prendre sa retraite. Le kilogramme n’a depuis hier plus de référence physique tangible mais est défini grâce à la physique quantique et la constante de Planck, une constante naturelle qui, comme son nom l’indique, n’est pas près de varier. Cette stabilisation de l’étalon permet plus de rigueur et de précision, au microgramme près, pour les scientifiques. Nous vous épargnerons, chers auditeurs de Radio Courtoisie, le raisonnement mathématique permettant de calculer le nouvel étalon du kilogramme, mais ne vous inquiétez pas, cela ne change absolument rien à votre quotidien ! 

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Nouvel incident entre la marine chinoise et un destroyer américain en mer de Chine

Jusqu’en 2012, le récif de Scarborough appartenait aux Philippines. De nombreux bateaux de pêche, protégés par les garde-côtes chinois croisent depuis cette date régulièrement dans ses environs. Si bien que le récif est peu à peu tombé sous le contrôle de Pékin, qui y a entamé des travaux à des fins militaires. Ce 20 mai, le porte-parole de la septième flotte de l’US Navy a indiqué que le destroyer « USS Preble » avait « navigué à moins de douze milles du récif de Scarborough afin de contester les revendications maritimes chinoises excessives et de préserver l’accès aux voies navigables conformément au droit international ». Côté Pékin, le ministère de la Défense a affirmé « que des unités navales et aériennes de l’armée chinoise avaient donné l’ordre au destroyer américain de s’éloigner ».

 

► The Guardian titre sur une « montée du racisme » au Royaume-Uni, mettant en cause le Brexit

71% des minorités ethniques auraient eu à faire face à de la discrimination raciale selon le journal anglais The Guardian. Dans l’article en question paru ce lundi, ces statistiques sont comparées à celles de janvier 2016, et en ressort une hausse de 13%. De même, est reporté dans cet article une multiplication par deux des actes racistes en Angleterre depuis 2013. Fort de ces chiffres, le quotidien en tire une conclusion sans appel, titrant que le racisme était en hausse dans tout le pays depuis le vote du Brexit. Si en effet le référendum de départ de l’Union européenne du Royaume-Uni s’est déroulé en juin 2016, donc entre les deux études statistiques, le mettre en cause à partir de cette unique concordance peut sembler hâtif. À ce compte de nombreux événements majeurs s’étant déroulés entre ces deux dates de sondages pourraient être dénoncés comme cause de cette montée de la discrimination raciale. L’on pourrait citer la crise migratoire à laquelle l’Europe fait face, mais aussi les scandales de gangs de violeurs de Rotterham, dans lesquels l’origine ethnique des criminels avait engendré l’inaction des autorités.

 

► Premier mea culpa de Boeing dans l’affaire des 737 max VIII

Après avoir longtemps rejeté la faute sur les pilotes, le géant de l’aéronautique américain vient de reconnaître publiquement une erreur de conception du simulateur de l’appareil concerné. Cette erreur aura abouti à une mauvaise préparation des pilotes face au scénario à l’origine des deux crashs ayant fait 346 morts.  Les détracteurs du géant américain dénoncent une manœuvre fallacieuse. Selon eux Boeing concéderait l’erreur bénigne de la mauvaise conception d’un simulateur pour occulter la faute grave que représente un appareil à l’évidence mal conçu. Autre fait reproché à l’avionneur : ce dernier aurait procédé à des modifications du logiciel à l’origine des crashs, le MCAS, et ce sans en informer les pilotes ou les compagnies employant l’appareil.

 

► Le chiffre du jour est 23 milliards d’euros

Il s’agit du montant record consacré à l’intégration des immigrés illégaux et la lutte contre les causes profondes de la migration par le gouvernement allemand en 2018 selon un rapport du ministère des Finances allemand. Cette somme considérable, même ramenée aux quelques 350 milliards d’euros du budget fédéral allemand, ne joue pas en la faveur de la chancelière Merkel et de sa décision de 2015 en faveur de l’ouverture des frontières allemandes face à l’immigration de masse. L’Alternativ für Deutschland, principal parti nationaliste allemand, a critiqué ce montant, dénonçant le prix de cet accueil qui se faisait aux dépens des citoyens allemands.

 

 

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