BULLETIN DE REINFORMATION DU 14 MAI 2019

Écrit par - le 14 mai 2019

Bulletin de réinformation proposé par Alix Wald et Solveig Grieg

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Le Proche-Orient toujours dans la tourmente !

Depuis le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien, les États-Unis ne cessent de faire pression sur Téhéran

Effectivement, depuis mi-2018, Trump a imposé un embargo sur le pétrole iranien, mais a aussi interdit l’utilisation du dollar dans les échanges commerciaux avec d’autres pays ou grandes entreprises. En plus de ces contraintes économiques, l’État-Major américain a annoncé vendredi l’envoi de nouveaux bâtiments de guerre dans la région du golfe Persique.

Mais quel est le véritable enjeu stratégique du golfe Persique ?

Le détroit d’Ormuz, où près du tiers du commerce pétrolier transite, soit près de 17 millions de barils par jour ! Le contrôle de cette mer, riche en hydrocarbures, est un enjeu majeur pour tous les pays de la région et les Etats-Unis. Washington a donc envoyé un porte-avion, l’USS Lincoln, ainsi qu’un vaisseau capable de tirer des missiles Patriots, renforcer la Ve flotte qui stationne déjà au Bahreïn. Le commandant en chef de la Marine iranienne, Hussein Khanzadi, a tout de suite déclaré que « Les États-Unis cherchent à augmenter le risque d’une guerre ».

Et dimanche, les Émirats arabes unis signalent des actes de sabotages…

Oui, quatre bateaux, dont deux tankers saoudiens, auraient été sabotés dans le port de Fujairah, alors que la presse iranienne faisait écho la semaine dernière d’une importante explosion dans un port saoudien. Si aucun de ces actes n’a été revendiqué, les monarchies du golfe et leur allié américain soupçonnent évidemment Téhéran. La République islamique menace en effet régulièrement de fermer le détroit pour bloquer la noria des tankers internationaux. De plus, si l’Arabie saoudite voit sa production de pétrole fortement baisser à cause de ces attentats, l’Iran, principal concurrent de Riyad, pourrait plus facilement vendre son pétrole malgré l’embargo américain. Mais Téhéran réclame une enquête « objective » sur les récents événements, tout en dénonçant « l’aventurisme d’acteurs étrangers » dans la région.

 

► Le projet de loi de réforme de la fonction publique arrive devant l’Assemblée nationale

Les députés examinent depuis lundi en première lecture ce texte, défendu par le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt. Celui-ci a présenté cette réforme comme utile et attendue, vantant une modernisation de la fonction publique qui lui donnerait plus de souplesse et la rendrait plus attractive et réactive.

Derrière ces mots se cache un projet qui a soulevé l’ire de l’opposition, ainsi que des fonctionnaires et de leurs syndicats

Le texte a été critiqué par les des deux côtés de l’échiquier politique. Tandis qu’un député des Républicains dénonçait l’absence de mesures concrètes réduisant la dépense publique, la gauche dans son ensemble s’insurgeait contre l’attaque qui est faite au statut de fonctionnaire au sein de ce projet de loi. S’ajoute à ces oppositions la mobilisation des fonctionnaires de jeudi dernier rassemblant plus de 100.000 manifestants, et chapeautée par un front commun rassemblant tous les syndicats.

Quelques points spécifiques de la réforme concentrent le feu des critiques

L’article 18 du texte, imposant un temps de travail minimal hebdomadaire aux fonctionnaires de 35 heures, est contesté par les syndicats de fonctionnaires, unis contre cette mesure. Il en est de même de l’instauration d’un nouveau contrat à durée déterminée sur le modèle du privé, tout comme l’ouverture d’un plus grand nombre de postes à des contractuels. Ces trois points devaient permettre des réductions d’effectif, dans le cadre d’une des promesses de campagne phare d’Emmanuel Macron, qui s’était engagé à supprimer 120.000 postes de fonctionnaires.

Quasiment toutes les réformes portées par le gouvernement actuel ont soulevé une conséquente opposition politique et populaire. Le fait que ce projet de loi fasse de même alors qu’il s’apprête à être débattu vivement lors des deux semaines précédant les élections européennes ne fera probablement pas les affaires de La République En Marche.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Le fondateur de l’Union des démocrates musulmans français veut un « grand remplacement dans les urnes »

L’Union des démocrates musulmans français présente des candidats lors des élections européennes. Son fondateur, Nagib Azergui a usé hier, d’une formule plutôt controversée pour exprimer son souhait de voir sa formation sortir victorieuse des urnes, non seulement aux européennes de mai, mais plus durablement aux prochaines élections municipales de 2020. Relayant sur Twitter un entretien dans lequel il se défend d’être « communautariste », il écrit en commentaire : « Le grand remplacement est en marche dans les urnes de la République #UDMF2020 », reprenant ainsi la formule de Renaud Camus ! Par ailleurs, l’UDMF souhaite faire adopter par le Parlement européen une loi visant à condamner « toute diffusion de discours de haine envers la communauté musulmane en permettant la dissolution de toutes associations ou groupements islamophobes, tous médias qui exploitent cette littérature islamophobe pour faire du profit en véhiculant des théories complotistes anti-musulmanes ». 

 

► Deux nouveaux sites d’hébergement pour immigrés clandestins à Paris

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé mardi dernier qu’elle allait faire une proposition au préfet pour la mise en place de deux nouveaux sites d’hébergement et d’accueil d’immigrés. Ceux-ci se trouveraient dans les XIIe et XVIIe arrondissements, où la nouvelle n’est pas forcément bien accueillie par les élus, alors que la situation de crise s’éternise.

Le maire du XVIIe arrondissement, Geoffroy Boulard, n’a pas été consulté pour cette multiplication de capacité d’hébergement et s’insurge : « Le débat n’est pas de savoir si on est pour ou contre les migrants, ce n’est pas le sujet. Ce terrain n’est pas du tout approprié. Aujourd’hui, c’est une décision solitaire, qui n’a pas du tout été mûrie ».

 

► Un étranger en situation irrégulière retrouvé avec 12.600€ sur lui

Ce Surinamien avait été interpellé en gare de Narbonne le 1er décembre 2018. Alors que la police aux frontières procédait à l’examen de ses documents, ils ont découvert sur lui la somme de 12.610 € en liquide. Une somme importante et non déclarée qu’ils suspectent être issue d’un trafic de stupéfiants. Leur chien renifleur marque d’ailleurs un arrêt sur l’emballage recouvrant les liasses de billets. L’homme est alors conduit en garde à vue puis mis en examen où il renouvelle les propos qu’il a tenus devant les policiers : l’argent provient de la vente d’un collier contenant une importante quantité d’or. Cependant l’homme, qui dit vivre en France avec sa femme et ses enfants d’origine française, ne parvient pas à fournir ni la preuve d’une quelconque transaction ni à donner des détails sur l’acheteur ou les intermédiaires. Face à ce manque de preuve, il est donc soupçonné de blanchiment. Après délibération, les juges l’ont condamné à un an de prison ferme et une interdiction de résider en France pendant cinq ans.

 

► Deux hommes blessés par balles dans un foyer de travailleurs immigrés clandestins à Évry (Essonne)

Le résident d’un foyer de travailleurs immigrés à Évry (Essonne) a blessé deux habitants du site dans la nuit de dimanche à lundi. Le tireur s’est ensuite donné la mort, d’après l’AFP. Appelés sur place, les policiers du Raid ont découvert le corps du tireur, un des résidents, et l’arme à côté de lui. Il s’est « vraisemblablement suicidé » après avoir tiré sur deux autres résidents, a indiqué le Parquet. L’enquête a été confiée à la Sûreté départementale.

 

► Enquête judiciaire ouverte sur les moyens troubles de Monsanto pour défendre son Roundup 

Cela fait suite à une plainte déposée par le quotidien Le Monde, qui affirme que Monsanto a fait ficher près de 200 personnalités françaises. Elles étaient classées selon leur position vis-à-vis du glyphosate, des OGM, ou leur propension à être influencés. Parmi eux, 74 cibles prioritaires étaient identifiées comme des « alliés », des « potentiels alliés à recruter », des personnalités « à éduquer », voir « à surveiller ». Ceci nous laisse imaginer l’usage que Monsanto faisait de ces données ! Mais la loi interdit la constitution de toute base de données numérique « faisant apparaître les opinions politiques et philosophiques d’une personne sans son consentement ».

 

► Rennes : des clandestins provoquent une émeute dans un centre de rétention administratif

Selon Ouest-France, une rébellion a éclaté dans le centre de rétention administrative de Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, vendredi 10 mai. Après que des policiers aient souhaité récupérer un immigré clandestin, afin de l’expulser vers son pays d’origine, environ dix hommes, retenus dans ce centre car en situation irrégulière en France, auraient alors sorti des matelas et du linge de deux bâtiments afin de les embraser en utilisant du papier toilette enflammé. Une partie des locaux est désormais inutilisable et la capacité d’accueil est divisée par deux.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Julien Assange et ses soutiens toujours plus menacés

Hier, l’enquête pour viol visant le pirate informatique a été rouverte en Suède. Il pourrait être bientôt sous le coup d’un mandat d’arrêt européen « pour ne pas s’être protégé lors d’un rapport sexuel pendant le sommeil de sa partenaire ». Il souhaite coopérer avec la justice, tout en craignant son extradition vers les Etats-Unis. Rappelons qu’il était réfugié depuis sept ans dans l’ambassade équatorienne qui a cessé de lui donner asile depuis les dernières élections. L’Équateur a également ordonné la saisie de ses biens pour les livrer aux Etats-Unis. Parallèlement, l’ancienne analyste militaire Chelsea Manning qui lui avait transmis les documents diplomatiques de WikiLeaks, refuse de témoigner contre Julien Assange, et risque pour cela de nouvelles années de prison

 

► Le chiffre du jour : 34%, c’est taux d’intention de vote pour le Parti du Brexit en Grande-Bretagne !

 

En effet, un sondage publié dimanche dans le journal The Observer, et réalisé par l’institut Opinium Research révèle que le Parti du Brexit s’envole en intentions de vote aux européennes avec 34%, soit plus que le Parti conservateur et le Parti travailliste réunis.

Le Parti travailliste, en deuxième position est en chute de 7 points avec 21% des intentions de vote. Celui de Theresa May, qui est le Parti conservateur de la Première ministre, ne recueille que 11% des intentions de vote.

 

► Crise anglophone au Cameroun

Depuis 2016, le Cameroun traverse un conflit séparatiste important, sévissant dans la partie occidentale du pays qui est occupée par des populations anglophones ayant proclamé leur autonomie. A la demande des États-Unis ce conflit fera l’objet d’un examen du Conseil de sécurité des Nations unies. Le président camerounais Paul Biya a réaffirmé son intention de gérer la crise à l’échelle nationale et a marqué son indignation face à une telle ingérence des acteurs internationaux dans un conflit interne et opposant un pouvoir stable à « des hordes de bandits ». Pourtant le risque d’insurrection est possible alors que la répression des forces gouvernementales a été qualifiée de particulièrement maladroite, ce risque intervient en outre alors que le pays est déjà fortement déstabilisé par les incursions régulières du groupe islamiste Boko Haram.

 

► Élections de mi-mandat aux Philippines

Les élections de mi-mandat viennent de commencer aux Philippines, elles concernent notamment la moitié des sièges du Sénat philippin et constituent un enjeu crucial pour le gouvernement en place. Le Sénat philippin a été un opposant important aux politiques menées par le président Duterte et il est un acteur nécessaire pour enclencher une réforme constitutionnelle nécessitant l’accord des deux chambres du Parlement. Le président Duterte serait en mesure de réintroduire la peine de mort et d’effectuer un second mandat visant à pérenniser sa lutte contre la criminalité d’où provient son important soutien populaire.

 

► Burkina Faso : un prêtre et cinq fidèles tués au cours d’une messe catholique

Selon l’Agence d’information du Burkina, six catholiques dont un prêtre ont été tués hier, dans l’église de Dablo au Burkina Faso. Selon l’agence d’information du Burkina « Des assaillants à bord de motos, ont pris d’assaut dimanche matin en pleine messe, l’église catholique de Dablo. Ils ont ordonné aux femmes et aux enfants de vider les lieux avant d’exécuter six hommes dont le prêtre ». Les terroristes ont ensuite incendié l’église et des débits de boisson dans la localité. Rappelons qu’il n’y a même pas quatre jours c’était deux officiers français des forces spéciales qui ont été tués pour libérer quatre otages, détenus par des islamistes, dans ce même pays.

 

 

Etiquettes :

Current track

Title

Artist

Background
Intervenir sur l'émission
Emission en cours

↺ L.J. du lundi soir

02:00 05:00