BULLETIN DE REINFORMATION DU 9 MAI 2019

Patron d'émission   -  le 9 mai 2019

Bulletin de réinformation proposé par Erika Gauthier et Arthur Van de Water

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Un an après l’annonce du retrait américain de l’accord de Vienne, le président iranien a annoncé la suspension de certains de ses engagements.

En 2006, alors que l’Iran avance dans son programme nucléaire militaire, les Nations unies décident d’appliquer des sanctions économiques pour dissuader l’Iran d’accéder à la bombe atomique. Les sanctions s’imposent sur les activités pétrolières, les ventes d’armes et les transactions financières. Pendant dix ans, elles paralysent complètement l’Iran.

En 2015, les Etats-Unis, la France, la Chine, la Russie, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Iran engagent des négociations qui aboutiront au Traité de Vienne. Ce dernier lève les sanctions économiques contre l’Iran en échange d’un certain nombre de points. Tout d’abord l’Iran doit se séparer de la quasi-totalité de ses stocks d’uranium enrichi, qui est la matière première de la bombe atomique. Deuxièmement l’uranium restant ne peut être enrichi qu’à 3,67% pendant quinze ans. Cette quantité est suffisante pour un emploi civil mais pas pour un emploi militaire qui, lui, nécessite 90% d’enrichissement. D’autre part l’Iran doit abandonner environ les deux tiers de ses centrifugeuses pour n’en garder que 5 000 sur les 18 000 existantes. Enfin, l’Iran doit se plier aux inspections très strictes de l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique qui vérifie que l’accord est respecté.

Malgré tout, les Etats-Unis, sous l’impulsion de Trump, sortent du traité le 8 mai 2018. Pourquoi ?

Il s’est avéré que la levée des sanctions économiques a permis à l’Iran d’avoir accès à ses avoirs jusqu’alors gelés dans les banques internationales. Cela représente une valeur de plusieurs millions de dollars, dont une partie en liquide, qui aurait servi selon Trump à financer le Hezbollah et les volontaires en Syrie. Autre problème, l’accord est prévu pour dix ans. Une fois les dix ans écoulés, l’Iran pourra relancer un programme nucléaire militaire. De plus, le traité ne couvre pas la question des missiles balistiques. Ces derniers, utilisés pour intercepter des missiles ennemis, peuvent recevoir une charge nucléaire. Ainsi, l’Iran aura, dans dix ans, la possibilité de reprendre son programme et d’en charger ses missiles.

Les Iraniens assuraient que si les Etats-Unis sortaient du traité, ils reprendraient leur programme nucléaire. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le 8 mai 2019, l’Iran a déclaré l’arrêt de ses limitations de réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi. Mohammed Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, a annoncé que les pays du pacte avaient 60 jours pour « rendre opérationnels leurs engagements en particulier dans les secteurs pétroliers et bancaires ». En effet, avec le retrait américain et la reprise de certaines sanctions, les autres Etats parties au traité n’ont pas respecté leurs promesses. L’Iran ne se retirera cependant pas de l’accord.

Depuis ces déclarations, la tension est exacerbée dans la région, notamment en Israël. Les Etats-Unis ont affirmé, par l’intermédiaire du Pentagone, la dépêche de plusieurs bombardiers B-52 dans la zone du Golfe. Dans le même temps, Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain, s’est rendu à Bagdad en accusant l’Iran de préparer des attaques imminentes contre les forces américaines dans la région.

 

► Commémoration européennes de la fin de la Seconde guerre mondiale

C’est en toute sobriété, que le président Macron a présidé la cérémonie du 74ème anniversaire de la victoire des alliés sur l’Allemagne nationale socialiste. Après avoir déposé une gerbe de fleurs devant la statue du général de Gaulle, place Clemenceau à Paris, il s’est rendu place de l’Étoile pour raviver la flamme du Soldat inconnu. Accompagné d’une grande partie de son gouvernement, du maire de Paris et du chef d’État-major, il a procédé à une revue des troupes. Pour la bonne tenue des commémorations, la préfecture de police avait interdit toutes manifestations, dans un très large périmètre, incluant la place de la Concorde et le palais de l’Élysée. Alors que ce jour est habituellement l’occasion pour le président français de s’exprimer devant ses concitoyens, Emmanuel Macron s’est abstenu.

Mais la célébration de la victoire est-elle célébrée partout le même jour et de la même manière ?

Et non ! Par exemple, la Russie célèbre la victoire le lendemain, le 9 mai, c’est à dire aujourd’hui. Officiellement, en raison du décalage horaire entre Moscou et Berlin. La signature de l’acte de capitulation fut signé, peu avant minuit, donc l’information serait arrivée le 9 et non le 8, à Moscou. La véritable raison, c’est que Staline souhaitait faire du 9 mai une nouvelle fête d’union nationale à part entière, pour célébrer les efforts de l’armée rouge et du peuple soviet durant les quatre années de guerre.

La célébration russe contraste avec la célébration française.

Alors qu’un défilé militaire parade sur la Place Rouge devant le président, les Russes descendent dans les rues de leur ville, arborant le ruban de Saint-Georges (orange et noir), avec le portrait d’un de leur ancêtre tombé aux champs d’honneur.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Les étonnantes subventions de la propagande BHL

Personnalité à part dans le monde médiatique, Bernard-Henri Lévy s’illustre une nouvelle fois par des collusions financières indécentes. En effet on apprend dans Valeurs Actuelles les dessous du financement de sa pièce de théâtre « Looking for Europe », monologue de deux heures, contre la montée des nationalismes. Cette mise en scène aura été largement subventionnée par la redevance publique. Ainsi, ce sont 300 00 € de Canal Plus, 230 000€ de France 3 et 200 000€ d’Arte qui auront soutenu cette comédie. Subvention d’autant plus douteuse quand on sait que Bernard-Henri Lévy est président du conseil de surveillance d’Arte.

 

► Hausse inquiétante de la tuberculose en Île-de-France

Depuis 2015, la tuberculose est en nette augmentation dans le bassin parisien. La Seine-Saint-Denis se distingue avec un taux particulièrement élevé. L’analyse dressée par l’agence nationale de santé publique est sans appel : les causes sont précarité et promiscuité avec des « personnes nées à l’étranger, en hébergement collectif ou sans domicile fixe et celles arrivées récemment en France ». Ce phénomène fait écho à la récente annonce de chauffeurs de bus belges. En effet, ils ont signifié leur refus de desservir les arrêts aux abords de la gare Bruxelles-Nord, où les clandestins sont nombreux, par crainte des épidémies de gale, tuberculose et paludisme.

 

► Mobilisation contre la privatisation des barrages hydroélectriques

Plusieurs centaines de personnes (650 selon la préfecture, 1 000 selon les organisateurs) ont manifesté mercredi matin à Savines-le-Lac (Hautes-Alpes) contre la privatisation des barrages hydroélectriques que réclame la Commission européenne. Les manifestants, dont de nombreux Gilets jaunes, se sont réunis malgré la pluie sur un pont qui enjambe la vaste retenue de Serre-Ponçon sur la Durance. En effet, la concession de 150 barrages arrivera à échéance et Bruxelles demande à la France d’ouvrir le secteur à la concurrence. A l’heure actuelle, cet énorme parc est exploité à 80% par EDF. Selon les opposants à la privatisation, il y a un risque que les multinationales auxquelles reviendrait l’exploitation de ces barrages fassent grimper les prix. Les acteurs intéressés sont par exemple le suédois Vattenfall, l’espagnol Hyperdrola ou encore Total.

 

► Coca-Cola aurait commandité des études scientifiques en sa faveur en France

L’entreprise Coca-Cola aurait investi huit millions d’euros en France entre 2000 et 2016 afin d’orienter la recherche scientifique en sa faveur. Ce montant est révélé par une enquête publiée par le journal Le Monde ce mercredi, qui liste en détail les investissements de lobbyisme dissimulé de la marque américaine. On y retrouve des versements de plusieurs milliers d’euros à des scientifiques et d’autres acteurs notamment du monde du sport afin d’organiser des conférences et communications ciblées. À plus large échelle, Coca-Cola aurait financé des essais de recherche sur la santé et l’alimentation à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le but recherché était notamment de mettre en avant comme cause de l’obésité le manque d’activité physique, afin de laisser en retrait l’impact de l’alimentation. Cela soulève des questions sur l’intégrité du monde scientifique, qui pourrait donc fournir des études aux conclusions dictées et pilotées par des lobbys.

 

► Sous la barre des 5% : naufrage et défaite historique en perspective pour le PS

Un sondage Harris interactive-epoka, dévoilé par Le Figaro, vient de donner la liste menée par Raphaël Glucksmann, candidat néoconservateur de gauche aux élections européennes à 4,5%. Ce chiffre confirme l’effondrement intégral de la gauche qui a poussé le philosophe à appeler au secours madame Taubira dont le rapport à la politique est celui qu’il voudrait voir « renaître ». Appuyé par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ayant déclaré que « nous sommes la seule liste à promouvoir l’Europe, le social et l’écologie ». Le choix d’un intellectuel de la gauche caviar signe le divorce entre les classes populaires françaises et le PS.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le président américain Donald Trump a annoncé de nouvelles taxes douanières sur les importations chinoises.

C’est plus de 200 milliards de dollars de marchandises chinoises qui sont importées chaque année aux États-Unis. Les Etats-Unis relèveront vendredi de 10% à 25% les taxes douanières. Cette décision intervient alors que des négociations commerciales entre les deux pays sont en cours. Le président américain a estimé que la Chine était trop lente à se décider et tentait de tout renégocier à la baisse. C’est aussi un moyen de pression pour avancer sur le reste des négociations qui concernent le transfert forcé des technologies américaines, le vol de la propriété intellectuelle ou encore les subventions chinoises aux entreprises d’Etat. 

 

► Emmanuel Macron réaffirme son soutien au chef du Gouvernement libyen

Fayez al Sarraj, chef du Gouvernement libyen d’union nationale, a rencontré son homologue français ce mercredi à l’Élysée. À la suite de leur entrevue, Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France au dirigeant libyen. Celui-ci fait face depuis début avril à une offensive militaire du général Haftar, homme fort de l’Est libyen et commandant en chef de l’armée nationale libyenne. Alors que la France était jusqu’ici accusée de soutenir cette opposition, les déclarations de l’Élysée en faveur du chef de Gouvernement libyen sont de meilleure augure pour celui-ci. Il a d’ailleurs précisé par la suite lors d’un entretien télévisé se féliciter de cette rencontre positive, tout en appelant la France à prendre une position plus claire à l’avenir. Reste à voir si cette bonne entente durera dans le temps, le précédent président libyen ayant été reçu à l’Élysée et ayant vu sa fortune tourner court par la suite.

 

► Erdogan souhaite ouvrir des lycées turcs en France.

Le président Erdogan ne s’en cache pas, il a des vues sur l’école française. Le chef d’État envisage d’ouvrir des établissements scolaires turcs en France. Il a chargé une délégation turque de se rendre en France les 20 et 21 mai prochains, afin d’y observer les lycées internationaux. L’objectif serait d’exiger la création de lycées turcs sur le territoire français. Les programmes scolaires turcs, enseignant entre-autres le « bon djihad », ont déjà suscité de nombreuses réactions en France.

La décision d’ouvrir de tels établissements ne relèvera sans doute pas uniquement de la volonté du président turc, mais aussi du ministère de l’Éducation nationale et de celui des Affaires étrangères. 

 

► Le chiffre du jour est de 46% !

Il s’agit du record de popularité pour Donald Trump 

Selon une enquête publiée par l’institut Gallup, 46% des Américains approuvent les actions du président des États-Unis. Ainsi Donald Trump bat son record de popularité, dépassant ainsi les scores des présidents Obama et Reagan à la même période. Il est même soutenu par 91% des Républicains et 12% des Démocrates. Comment expliquer cette popularité ? Par des résultats très positifs. La croissance a atteint 3,2% du PIB au 1er trimestre 2019 et le taux de chômage avec 3,6% est le plus bas depuis 1969.

 

► La bonne nouvelle du jour concerne Alstom !

Trois mois après le veto de Bruxelles concernant la fusion d’Alstom avec Siemens, la société ferroviaire affiche un carnet de commande et un chiffre d’affaire record. En effet le niveau de prises de commande dépasse les 12 milliards d’euros et le chiffre d’affaire s’élève à 8,1 milliards d’euros soit 10% de plus que l’année dernière. Le dirigeant français présente donc des résultats « excellents » pour l’année 2018-2019. Rappelons que la branche Energie d’Alstom, qui faisait la force de la société et de l’industrie française, a été vendue en 2014 à la firme américaine General Electric dans des conditions troubles.

 

 

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