BULLETIN DE REINFORMATION DU 18 AVRIL 2019

Patron d'émission - le 18 avril 2019

Bulletin de réinformation proposé par Brieuc Chevalier et Stéphane Picavoix

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Après l’Iran et la Russie, Donald Trump tourne son regard vers Cuba

Les Etats-Unis ne comptent pas en rester là. Après avoir rétabli un couvercle économique et financier sur l’Iran et après avoir menacé de représailles le gazoduc russe Nord Stream 2, c’est désormais Cuba qui est en ligne de mire.

Quel a été l’élément déclencheur de cette volonté américaine ?

Tout part de 1996, lorsque le Congrès américain adopte une loi connue sous le nom de « Helms-Burton ». Ce texte renforce l’embargo pesant sur l’île de Fidel Castro depuis 1962, en affichant clairement son objectif : renverser le régime du dictateur cubain. Le chapitre III de cette loi interdit de commercer avec certaines sociétés cubaines nationalisées par Castro au début des années 60. Pourtant ce chapitre n’a jamais été appliqué. Les alliés des Etats-Unis, et surtout l’Europe, ont fait pression pour que Washington ne se serve jamais de cette mesure qui aurait mis un sérieux coup d’arrêt aux échanges commerciaux avec Cuba.

Hier, le président américain a annoncé que ce fameux chapitre III entrerait en vigueur le 2 mai prochain. En cause, notamment, l’aide qu’apporterait Cuba au président vénézuélien Maduro. Avec le Nicaragua, ces trois pays d’Amérique Latine sont dans le viseur du président Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Quelle position défend alors l’Union européenne face à une telle annonce ?

L’Union européenne a déclaré qu’elle « déplorait profondément » cette décision qui vise à décourager les investisseurs étrangers. L’UE est en effet le premier partenaire économique de Cuba, et ses entreprises seraient fortement pénalisées en cas de sanctions américaines. La diplomatie européenne ajoute que l’UE n’hésitera pas à employer « tous les moyens à sa disposition » pour protéger ses intérêts et ceux de ses entreprises. Discours peu crédible, quand on connaît l’issue de déclarations similaires sur l’Iran. Au final, l’Europe n’a fait que mettre en place un mécanisme financier alternatif dépourvu d’éléments de rattachement américains tels que le dollar ou le système SWIFT. Ce système, fonctionnant sur la base du troc, ne sera probablement jamais utilisé ; ou alors à très petite échelle, car la plupart des multinationales européennes ont sinon des actifs, du moins des intérêts aux Etats-Unis.

Ainsi, en attendant l’émergence d’un concurrent crédible, la dictature économique américaine continuera de sévir sur le marché mondial.

 

► Notre-Dame de Paris, l’arbre qui cache la forêt

L’attention est, à juste titre, focalisée sur le tragique accident qui a touché Notre-Dame de Paris. L’actualité ne résonne que de ça : la cathédrale a failli partir en fumée. L’émotion est forte, on pleure la disparition d’une des merveilles de Paris, d’un symbole national, d’un pan de notre histoire commune. Mais soyons optimiste, pensons le futur et rebâtissons ! Et déjà les millions affluent. A quoi bon ?

A quoi bon rebâtir Notre-Dame ?

C’est la question induite par le cri d’alarme lancé par Odon Vallet, historien des religions et médiéviste. « Communes, départements, régions : Gardez vos sous ! » s’écrie-t-il. Parce qu’à quoi bon rebâtir Notre-Dame, si partout ailleurs nos églises continuent de mourir dans l’indifférence générale ? Sauver Notre-Dame est une évidence, mais il plaide pour que l’on redonne du sens à l’action. Or aujourd’hui, si nos collectivités territoriales offrent généreusement leur concours aux collectes de dons, c’est au détriment de leur églises locales qui pour beaucoup, sont déjà vouées à disparaître. Car les budgets ne sont pas extensibles et allouer l’argent à ce projet se fera au détriment d’autres. C’est d’ailleurs aussi ce que souligne Madame Sobczak, présidente de la fondation Urgence Patrimoine. Le patrimoine de la chrétienté doit être une cause unique, et faire l’objet d’un traitement harmonieux. Pour cela, il faudra redonner leur sens à ces édifices qui parsèment la France.

Rebâtir Notre-Dame pour retrouver notre identité

Aujourd’hui Notre-Dame de Paris, c’est d’abord un vestige du passé, devenu en cela un haut lieu de tourisme. Elle est la première attraction de la capitale avec ses douze millions de visiteurs annuels, la deuxième attraction française après Disneyland, et même la première dans le classement mondial si l’on y retire les parcs à sensations. Les touristes fréquentent plus la cathédrale que les chrétiens. Elle est plus un musée qu’un lieu de culte. Ne soyons pas naïfs, Notre-Dame est devenue la vitrine commerciale d’un passé révolu et détesté. Alors rebâtir Notre-Dame, une question d’attractivité ou une question d’identité ?

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Éphéméride du jour

Le 18 avril 1909 fut béatifiée Jeanne d’Arc par l’Eglise catholique. Honorée de son vivant comme héroïne nationale et populaire, Jeanne d’Arc a du attendre plusieurs siècles avant d’été reconnue par les élites politiques et religieuses. En 1922, Jeanne sera même proclamée patronne secondaire de la France. La patronne principale restant la Vierge depuis le vœu de Louis XIII. Ainsi célébrée par les catholiques, patriotes mais également socialistes et anticléricaux, tous lui attribuent le courage d’avoir sauvé son pays en combattante.

 

► Hausse de la criminalité en France

Un article de la revue Atlantico a publié récemment les chiffres clés de la criminalité française comparant la période d’avril 2017 à mars 2018 avec celle avril 2018 à mars 2019. Les résultats sont formels, la criminalité a augmenté en masse depuis 2018. Parmi les statistiques on relève, entre autres, une hausse de 5% de vols dans les véhicules, une augmentation de 3,5% d’homicides, une hausse de 7% de vols sous violences, ou encore une hausse de 11% de coups et blessures volontaires.

Des chiffres qui mettent en défaut l’excuse « c’est la faute des Gilets jaunes » inlassablement présentée par Monsieur Castaner et les relais médiatiques du gouvernement. En effet, les signes précurseurs et actions entreprises par cette poussée criminelle s’étend bel et bien sur un an et non pas uniquement depuis octobre 2018.

 

► Jean-Marie Le Pen fait son discours d’adieu au Parlement européen

Après plus de 33 ans de siège au parlement, l’ancien président du Front national, le controversé mais charismatique homme politique a prononcé un discours d’adieu plein de panache devant ses pairs. Il y a fait l’éloge de la nation, rappelant que l’Europe est d’abord une grande civilisation mais désormais apathique et au bord du gouffre. Il a également dénoncé « l’inutilité » de l’institution européenne en la comparant à un « moulin à vent », tout en s’inquiétant de la submersion migratoire à venir et des conséquences qu’elle saurait engendrer. A 91 ans le « menhir » n’a rien perdu de son sens du tragique.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► La stratégie gagnante de la Russie en Centrafrique

La Russie a obtenu hier l’autorisation de participer à la mission des Nations-Unies en Centrafrique. Dans les prochains jours, elle enverra donc une trentaine d’officiers, observateurs et spécialistes des communications, renforcer la mission sur place.

On se souvient que depuis 2017, la France n’avait pas de mots assez forts pour lui contester toute place sur le terrain. Que finalement fin 2018, devant l’investissement russe croissant tant financier que militaire, Madame Parly avait finie par admettre son « rôle positif ». C’est sous son impulsion, sans l’accord de l’ONU ni même de l’Union africaine qu’en février les accords de Kartoum ont été signés, après de longs pourparlers engagés en août 2018. Ils ne demandent plus qu’à être mis en œuvre. Désormais, la Russie s’impose comme un acteur incontournable dans le processus de redressement du pays.

 

► En Libye, le maréchal Haftar peine à avancer

L’offensive du maréchal Haftar sur Tripoli s’enlise au sud de la capitale, à une trentaine de kilomètres de son objectif. Après une percée éclair depuis l’est du pays et la région de Syrte, les forces de l’Armée nationale libyenne ont été stoppées net par les milices de défense de la ville. Ces dernières se battent pour le compte de Fayez el-Sarraj, concurrent de Haftar et seul dirigeant libyen reconnu par la communauté internationale.

Malgré les premiers succès laissant inaugurer une victoire rapide, le maréchal Haftar, soutenu notamment par la Russie et le ministère de la Défense français, ne parvient pas à s’emparer de la ville. En deux semaines, l’Organisation mondiale de la santé a dénombré 174 morts et plus de 500 blessés. Des chiffres qui pourraient s’accroître rapidement car le conflit touche désormais une zone densément peuplée autour de Tripoli. Comme en Syrie, ce sont les civils qui paient le prix fort de l’intervention occidentale emmenée par la France et les Etats-Unis. Depuis la mort de Khadafi en 2011, la Libye est en proie au chaos, et seul le maréchal Haftar pourrait ramener un semblant d’ordre dans le pays.

 

► L’Allemagne de plus en plus pessimiste sur sa croissance

Pourtant moteur de la zone euro, l’Allemagne s’apprête à abaisser ses prévisions de croissance pour 2019. Selon les médias allemands, l’augmentation du PIB serait de 0,5% malgré les 1% attendus. L’Allemagne se trouve ainsi être la première à subir le froid mondial dû entre autres aux attentes du Brexit. Des causes plus variées également puisque l’Allemagne possède une main d’œuvre vieillissante et un sous-investissement chronique dans les infrastructures et l’innovation. Le FMI redoute alors une baisse simultanée dans le reste de la zone euro. D’autant que le Gouvernement allemand se refuse de tirer le signal d’alarme et initier un plan d’urgence. Le ministre de l’Économie Peter Altmaier refuse d’y voir une baisse durable.

 

► Un nouveau traité transatlantique de libre échange en cour de négociation

Suspendu par Trump au lendemain de son élection à la Maison-Blanche, un nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne devrait voir le jour. En effet le conseil de l’Union européenne, malgré l’opposition de la France, a voté pour la réouverture de négociation d’un nouvel accord avec Washington. Ce nouveau traité aurait pour objectif d’apaiser les tensions commerciales existantes d’une part et d’autre du continent. S’il ne devrait se limiter qu’aux bien industriels, on souhaiterait, outre-Atlantique, également intégrer les biens d’agriculture. Selon les estimations, Bruxelles prévoit une hausse de 10% des échanges commerciaux d’ici 2033.

 

► Manifestations à Quito en soutien à Assange

De violentes manifestions ont secoué l’Équateur, en raison de la décision du président de livrer Assange au autorités britanniques. Accusé de traîtrise, de nombreux manifestants ont tenté de se rendre au palais présidentiel, pour protester contre la décision de Moreno, de suspendre le statut d’Assange de réfugié, enfermé dans l’ambassade de ce pays à Londres depuis 2014. Moreno justifie son choix, arguant, que le fondateur de Wikileaks n’aurait pas respecté les conditions de sa protection, et se serait introduit dans les systèmes informatiques de l’ambassade. L’ancien président équatorien estime selon lui que se serait plutôt en raison des soupçons de corruption à l’encontre du président et révélé par Wikileaks qui motiveraient une telle décision.

 

 

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