BULLETIN DE REINFORMATION DU 12 AVRIL 2019

Patron d'émission - le 12 avril 2019

Bulletin de réinformation proposé par Alix Lachouette et Solveig Grieg, avec la participation de Romain, Raoul, Léon et Christian

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Julian Assange a été arrêté hier

Le fondateur de WikiLeaks, âgé de 47ans mais aux cheveux déjà blanchis par les soucis, a été arrêté jeudi par la police britannique, à l’intérieur de l’ambassade d’Équateur où il était réfugié depuis près de sept ans. Le président équatorien Moreno Lenin a décidé de retirer le statut de réfugié politique à Julien Assange. Il a déclaré que « L’Équateur a décidé de manière souveraine de retirer l’asile diplomatique à Julian Assange pour avoir violé à plusieurs reprises les conventions internationales et le protocole de cohabitation. » Le président l’a également déchu de la nationalité équatorienne qui lui avait été offerte.

Le motif officiel en cache sûrement un autre

Ce n’est pas un secret que les États-Unis courent depuis quelques années après Julian Assange, premier porteur du sobriquet de « lanceur d’alertes ». Grâce à un piratage informatique d’une ampleur gigantesque, Julian Assange est accusé d’avoir aidé Chelsea Manning, une militaire américaine a obtenir des millions de documents classés secret défense.

Donald Trump avait pourtant déclaré qu’il aimait WikiLeaks, le fameux site Internet où les documents sont révélés petit à petit. Cependant depuis la mise en ligne de documents confidentiels de la CIA, son arrestation est devenue une priorité pour le ministre de la Justice américain, Jeff Sessions.

Moreno Lenin est un président sous pression américaine.

Avant d’arriver au pouvoir en mai 2017, le socialiste Lenin Moreno avait promis de respecter l’asile de Julian Assange, qui avait été accordé par le président sortant, Rafael Correa, dont Moreno a été le vice-président. L’ex-président équatorien n’a pas hésité à qualifier son successeur de « plus grand traître de l’histoire latino-américaine ».

Il y a un mois l’Équateur a obtenu 10,2 milliards de dollars du FMI et de la Banque mondiale de crédits. 

 

► L’Union européenne accepte un report du Brexit jusqu’à fin octobre

Après avoir déjà repoussé deux fois l’échéance, les vingt-huit dirigeants de de l’Union européenne ont décidé hier au terme d’un conseil extraordinaire d’une date encore plus lointaine pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Faute d’avoir pu faire accepter un même accord par les parlementaires travaillistes et conservateurs et l’Union européenne, Mme May se trouvait dans l’obligation de faire accepter ce report. L’Union européenne ayant tout à gagner à trouver un accord, aucun veto n’a été posé et le report demandé par la dirigeante britannique a été accordé.

La situation ne s’arrange pas pour autant.

Le Royaume-Uni semble être dans une impasse. Le traité de sortie que Mme May a négocié fin novembre dernier avec l’Union européenne ne passe pas auprès du Parlement britannique, notamment à cause de 50 milliards d’euros de coûts liés au retrait qui seraient à la charge du Royaume-Uni. Si jusqu’ici les Britanniques pouvaient imaginer faire pression sur l’Union européenne en agitant le spectre d’une sortie sans accord, ils ont exclu cette option finalement. Il n’est donc pas garanti que six mois de plus soient suffisants pour régler ce qui n’a pas pu l’être en presque trois ans, puisque pour rappel le peuple anglais a exprimé son choix en juin 2016.

L’Union européenne sort elle aussi affaiblie de ces négociations.

En effet au delà du fait que chaque report représente une concession accordée par les 27 au Royaume-Uni, les dirigeants n’affichent plus la même unité que celle qui était de mise jusqu’ici. Ainsi Emmanuel Macron s’est publiquement opposé à ce report si tardif, rejoint par l’Espagne et la Belgique dans son désaccord. Une rare opposition entre la France et l’Allemagne s’est ainsi dessinée, reste à voir si celle-ci n’est pas une façade destinée à laisser espérer du changement aux peuples alors que les élections européennes approchent.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► L’Etat ouvre un nouveau centre pour clandestins.

L’État va créer un nouveau centre d’accueil et d’examen des situations des clandestins d’une centaine de places à Paris. Anne Hidalgo, maire de Paris, doit proposer un site. Face aux multiples problèmes posés aux riverains par les clandestins, le préfet d’Île-de-France Michel CADOT a annoncé un « renforcement des maraudes » pour résorber les campements.

 

► Gilles Le Guen, le Breton devenu djihadiste, a été remis en liberté.

Gilles Le Guen est libre. Selon LCI, l’ancien djihadiste qui est une figure française d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, a quitté la maison d’arrêt de Condé-sur-Sarthe le 25 février dernier.

Cette remise en liberté, six ans après avoir été arrêté au Mali par des militaires tchadiens et français de l’opération Serval, s’expliquerait par des remises de peine.

Le Guen, 64 ans aujourd’hui, avait été condamné en mai 2015 à huit ans de prison ferme pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Il avait déjà effectué une partie de cette peine en détention préventive.

En Suisse, c’est une tout autre option qui a été choisie. Les Helvètes avaient le choix pour traiter les djihadistes d’origine suisses présents en Syrie ou en Irak. Soit les rapatrier et les poursuivre en justice, soit les laisser sur place, notamment dans les prisons kurdes, et miser sur un tribunal international. Le Conseil fédéral a récemment choisi la seconde variante.

 

► Gilets jaunes : la loi anticasseurs promulguée, malgré sa censure partielle

La loi dite « anticasseurs », portée par le gouvernement sur fond de crise des Gilets jaunes, a été promulguée par Emmanuel Macron et a été publiée au Journal officiel jeudi 11 avril. Inspirée de l’interdiction de stade, cette mesure préventive qui s’accompagnait d’une inscription au fichier des personnes recherchées (FPR), avait été dénoncée comme allant contre les libertés d’aller et venir ainsi que le droit d’expression collectif et de réunion, qui sont protégés par la Constitution.

Le texte, définitivement adopté par le Parlement en mars, avait d’ailleurs été partiellement censuré début avril par le Conseil constitutionnel. Ce dernier n’avait pas validé un article qui donnait notamment à l’autorité administrative le pouvoir d’interdire de manifestation toute personne présentant une « menace d’une particulière gravité pour l’ordre public ».

 

► Un conférence sur la désertification médicale s’est tenue mercredi.

L’Association des petites villes de France, Villes de France et la Mutuelle nationale territoriale organisaient un colloque sur le thème « Désertification médicale : comment améliorer l’accès aux soins dans les territoires ? ». Cette conférence abordait la question des inégalités territoriales dans l’accès aux soins. Car si l’on parle souvent des inégalités de richesse, genre ou ethnies, on oublie souvent que les milieux ruraux concentrent une grande partie des déshérités. Parmi les propositions, il a notamment été émis de créer des « Territoires prioritaires de santé », placés au même rang de priorité que les « quartiers prioritaires » de la politique de la ville.

 

► Le gouvernement suspecte une « porosité » entre radicalisation et délinquance.

Doux euphémisme que la porosité… C’est l’objet d’une consultation lancée par le gouvernement. Selon une théorie récente, entre délinquance et radicalisation il n’y aurait qu’un pas (à défaut d’un point commun). « Il peut exister un continuum entre la délinquance, la radicalisation et le terrorisme » affirme Edouard Philippe. À la clef de cette consultation : une série de mesures visant à adapter la stratégie de l’exécutif face à l’augmentation des cas de radicalisation et parmi ces mesures : une prévention étendue avant douze ans. Simple illustration, l’auteur de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg avait été identifié comme violent dès ses huit ans.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Une école de Barcelone retire 200 livres « toxiques » de sa bibliothèque 

L’école Tàber de Barcelone, propriété de la Generalitat, a décidé de réviser le catalogue des titres qui font partie du catalogue de sa bibliothèque pour enfants. Après avoir analysé les livres destinés aux enfants jusqu’à l’âge de six ans, ils ont décidé de retirer deux cents titres qu’ils considèrent « toxiques » car ils reproduisent des modèles sexistes, ce qui représente 30% de la collection.

Dans 60% des articles, le problème est moins grave, alors qu’ils n’ont trouvé que 10% d’articles écrits dans une perspective sexospécifique. D’autres centres travaillent également à l’acquisition de livres plus égalitaires.

 

► La Commission européenne condamne un conglomérat américain pour des tromperies

La Commission européenne a infligé cette semaine une amende de 52 millions d’euros au conglomérat industriel américain General Electric (GE) pour lui avoir fourni des informations « inexactes ou dénaturées » en 2017 lors du rachat du Danois LM Wind Power, un fabricant de pales d’éoliennes. Pourtant, cette décision de justice ne remet pas en cause l’approbation par l’Union européenne de l’opération financière en question. GE avait notamment menti en expliquant qu’il ne développait pas d’applications marines pour des éoliennes à forte puissance. C’est grâce à des informations communiquées par un tiers que la Commission a appris que c’était faux.

 

► Élections présidentielles américaines : un candidat pas suffisamment homosexuel selon certains se présente.

Pete Buttigieg est l’étoile montante du Parti démocrate américain. Candidat aux élections présidentielles de 2020, il deviendrait s’il était élu, le premier président des États-Unis ouvertement homosexuel. Cependant, au goût des certains membres du Parti démocrate, Pete Buttigieg présente les défauts d’être blanc, issu d’un milieu privilégié, trop aisé et trop intellectuel, en résumé il serait trop « hétéronormatif », c’est-à-dire pas suffisamment identifiable en tant qu’homosexuel.

 

► Le président Omar el-Béchir a été destitué au Soudan

Omar el-Béchir dirigeait le Soudan depuis 30 ans, pays qui se trouve au bord de la guerre civile. Il a été renversé hier par l’armée constituée en conseil militaire de transition alors que d’importantes manifestations embrasent  le pays depuis plusieurs mois. Outre l’armée, c’est par ses propres miliciens que le président el-Béchir semble avoir été abandonné. Un couvre-feu est imposé a l’ensemble du pays. L’armée se heurte néanmoins à l’opposition forte d’une partie de la population civile craignant un simple remplacement du régime et aux risques accrue d’insurrections dans l’ouest du pays.

Un premier mandat d’arrêt à l’encontre d’Omar Hassan Ahmad el-Béchir a été délivré il y a plus de dix ans par la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité. Cela n’a pas empêché les Etats-Unis de s’en servir comme médiateur avec les milistes islamistes de Libye, ni Israël de lui envoyer ses émissaires à Khartoum.

 

► L’éphéméride du jour

Le 12 avril 1229, le Traité de Paris signé entre Blanche de Castille, la mère de Saint-Louis et le comte de Toulouse Raymond VII mets fin à la longue Croisade des Albigeois. Commencée en 1209, la guerre oppose principalement les seigneurs du nord de la France aux seigneurs du sud et au Royaume d’Aragon, réfractaires au pouvoir royal et papal. C’est l’assassinat de l’un des légats du pape par des cathares qui est à l’origine du conflit. Mené par Simon de Montfort et Louis VIII, les croisés pillent notamment Béziers, avec l’aval de l’Eglise par sa célèbre maxime « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ». En réalité, le Traité permet au Roi de France d’établir durablement son pouvoir dans la région de Toulouse en matant les grands seigneurs mais aussi en chassant le roi d’Aragon à la bataille de Muret en 1213.

 

 

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