BULLETIN DE REINFORMATION DU 8 AVRIL 2019

Patron d'émission   -  le 8 avril 2019

Bulletin proposé par Henri Benoît et Justine Bertrand

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Le Conseil constitutionnel invalide partiellement la loi anti-casseurs

Saisi par plus de 60 députés et sénateurs mais aussi par le président de la République lui-même, le Conseil constitutionnel vient de rendre sa décision : la possibilité donnée au préfet d’interdire à une personne de manifester est jugée incompatible avec la liberté d’aller et venir et avec le droit à l’expression collective des opinions. Ce n’est pas le nouveau pouvoir accordé au préfet qui est en cause, mais seulement les modalités d’interdiction, jugées trop larges. En effet, dans le texte initial, tout acte violent, quelle que soit son ancienneté, pouvait servir à justifier une interdiction de manifester.

Comme l’a fait remarquer maître Frédéric Pichon sur Boulevard Voltaire, la restriction au droit de manifester, qui auparavant relevait du juge judiciaire, relève désormais du pouvoir de l’administration. Certes un préfet devra toujours motiver sa décision, mais sur la base d’informations peu vérifiables et qui échapperont au principe du contradictoire.

Et qu’en est-il des autres dispositions de la loi ?

La fouille de bagages ou la visite de véhicules à proximité des lieux de manifestation ne sont pas remises en cause. Et un nouveau délit est créé, celui consistant à « dissimuler tout ou partie de son visage sans motif légitime, aux abords d’une manifestation au cours de laquelle des troubles sont commis ou risquent de l’être ». La sanction est donc durcie par rapport à la législation précédente qui ne prévoyait qu’une simple contravention et non une possible peine de prison.

Il est clair que le contrôle a priori des manifestants n’a d’autre but que de dissuader les mécontents d’aller manifester. Or est-ce à l’administration de décider à l’avance qui peut manifester ou non ?

Cette loi marque donc une évolution restrictive dans l’exercice des libertés publiques ?

La loi dite « anti-casseurs » a toutes les allures d’une loi « sur mesure » pour réprimer les Gilets jaunes. Et le nouveau cadre légal offert aux forces de l’ordre, fait craindre à de nombreux observateurs que la France ne s’installe dans une sorte d’état d’urgence permanent. Déjà, le comportement de certaines forces de l’ordre a suscité de vives critiques de la part du Défenseur des droits, du Conseil européen et même de l’O.N.U.

 

► Débat télévisé des européennes : avec 12 candidats, les idées n’ont pu se faire entendre

France 2, avait initialement retenu sept responsables politiques pour son grand débat du 4 avril sur les élections européennes. Puis s’étaient invités Ian Brossat (PCF) et Jean-Christophe Lagarde de l’UDI. Se sentant exclus, Benoît Hamon (de Génération.s), François Asselineau (de l’UPR) et Florian Philippot (du mouvement des Patriotes) avaient saisi le tribunal administratif de Paris, qui a jugé que leur absence portait effectivement atteinte au pluralisme.

Mais la chaîne publique s’estimant victime d’une atteinte à la liberté de la presse a fait un recours en référé auprès du Conseil d’tat. Ce dernier a désavoué le tribunal administratif en jugeant que France 2 « n’était pas tenu à une stricte égalité de traitement entre toutes les personnalités politiques, en dehors d’une période électorale et qu’en l’espèce, France Télévisions avait invité des personnalités représentant tout l’éventail politique ». Malgré cette décision, France 2 a accepté que les douze représentants des formations politiques aient accès au plateau.

Le débat à 12 candidats a tourné à une cacophonie digne d’un concert lyrique dans un poulailler

 
Immigration, gouvernance, fiscalité, écologie : les candidats ont tenté d’échanger leurs vues sur de nombreux sujets dans un brouhaha quasi permanent. La majorité des candidats se sont livrés à une critique sévère de l’Union européenne. Alors que Jordan Bardella a cité à plusieurs reprises le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, la gauche a fustigé les « lobbies ». Ian Brossat a déclaré que « Le commissaire au Climat (l’Espagnol Miguel Arias Cañete) est un ancien magnat d’une compagnie pétrolière, comme si on avait confié à Dracula le camion du don du sang ».

 

► Acte XXI des Gilets jaunes : un engagement politique de plus en plus attendu

Malgré une participation en baisse, qui peut s’expliquer en partie par la multiplication des contrôles préventifs (6075 selon les chiffres du ministère), les Gilets jaunes ont parcouru à Paris, le trajet le plus long de leur histoire : 16 km entre La République et La Défense. La marche s’est déroulée sans incident majeur, malgré la tentative de blocage du périphérique porte de Champerret. Eric Drouet a eu droit de nouveau à une amende de 135 € alors qu’il prenait le métro pour rejoindre le point de ralliement…

Mais peut-on dire pour autant que le mouvement s’essouffle ?

Non si l’on regarde du côté de Saint-Nazaire, où les Gilets jaunes ont tenu leur assemblée à la veille de l’acte XXI. Le nombre de délégations présentes (environ 300) a été multiplié par 4 par rapport à la première assemblée de Commercy des 26 et 27 janvier et l’on a dénombré plus de 800 participants. Le but était de réfléchir à une structuration du mouvement, à ses modes d’actions, à la formulation de ses revendications et à son avenir.

Sur France Info, Benjamin Cauchy, ancien porte-parole des Gilets jaunes de Toulouse, et neuvième sur la liste de Dupont-Aignan pour les élections européennes, a invité les Gilets jaunes à s’investir dans la sphère politique.

Et la mobilisation en province n’a-t-elle pas failli à sa réputation ?

Colère à Rouen où l’interdiction d’accès du centre-ville a provoqué quelques débordements et notamment l’incendie d’un engin de chantier. A Nantes, la tension est restée vive : des enfants ont été gazés sur le manège d’une fête foraine. Et en Corrèze, des Gilets jaunes ont cru bon manifester contre la vente à la découpe de la France et contre le projet de privatisation des barrages hydroélectriques.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Beau succès pour le VIe colloque de l’Institut Iliade

Samedi dernier, comme tous les ans à cette période, se tenait le colloque de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne à la Maison de la Chimie à Paris. Pour cette sixième édition, le thème abordé était « Europe, l’heure des frontières ». Se sont notamment succédés derrière le pupitre : Philippe Conrad à propos de la souveraineté des nations européennes, Alain de Benoist pour l’illibéralisme ou encore Vincenzo Sofo, de la Ligue du Nord italienne : ce dernier a développé le danger que représentent les États-Unis d’Europe tant pour la paix sur le continent que pour la liberté des pays européens à mener la politique qu’ils entendent.

Faisant écho à la défiance que suscitent les institutions auto-proclamées « européennes » et au renouveau identitaire du vieux continent, ce colloque de l’Institut Iliade a rassemblé plus de 2000 participants, venus de France et de toute l’Europe. L’Institut Iliade n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de préparer la jeunesse européenne aux enjeux du monde de demain. Il a rappelé au passage que la formation est une des principales missions de l’Institut Iliade.

 

► Le baromètre n’est pas au beau fixe entre Edwy Plenel et Emmanuel Macron

Médiapart assigne l’Etat en justice pour préjudice anormal et d’une particulière gravité, après la perquisition de ses locaux, dans le cadre de l’affaire Benalla. En effet, Médiapart avait publié des extraits sonores d’une conversation entre Marouane Benalla et Vincent Crase. En réponse, le parquet avait ouvert une enquête pour « détention d’appareils permettant d’intercepter des conversations de nature à porter atteinte à la vie privée », justifiant la perquisition des locaux de Médiapart, le 4 février dernier. Médiapart accuse l’Etat d’avoir violé la protection accordée au secret des sources et d’avoir ainsi entravé sa mission journalistique.

 

► Et le chiffre du jour, c’est 12 millions d’euros

C’est ce qu’a coûté le grand débat national, selon la déclaration de Sébastien Lecornu, l’un des ministres coordinateur du grand débat, lors d’une audition devant les sénateurs. La dépense a curieusement été réglée pour moitié (6,2 millions) par le ministère de la Transition écologique et solidaire et pour un quart (3,1 millions) par les services du Premier ministre.

Une dépense justifiée, selon Lecornu par « l’exercice de la démocratie ». Et tandis que l’opposition parle de « campagne électorale déguisée », certains sénateurs ont qualifié le grand débat « d’opération de communication ». Selon les sources gouvernementales, 1,5 millions de personnes auraient participé au débat, mais selon un sondage de l’Institut Elabe, 6% seulement des personnes interrogées pensent que cette initiative a eu un réel succès. Le grand débat national fera l’objet aujourd’hui d’une synthèse en Conseil des ministres et demain, d’une déclaration d’Edouard Philippe à l’Assemblée nationale.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Retour à la filiation naturelle dans les formulaires en Italie.

 
Cette semaine, le Gouvernement italien a rétabli les termes de « père » et « mère » sur les formulaires pour les cartes d’identité. « On retrouve un peu de bon sens », a salué Matteo Salvini, vice-Premier ministre et patron de la Ligue (extrême droite), qui s’est toujours opposé aux mentions « parent 1 » et « parent 2 », introduites en 2015 par le gouvernement de Matteo Renzi (centre gauche). Ce rétablissement a suscité une vive réaction parmi les associations gays : « Un décret injuste qui a pour seul objectif de discriminer les enfants déjà reconnus par les tribunaux comme fils de couples lesbiens ou gays », a fustigé Fabrizio Marrazzo, porte-parole du Gay Center. D’autres associations ainsi que le syndicat CGIL, la CGT italienne, ont déjà annoncé des recours devant les tribunaux administratifs. La région du Piémont (nord-est) s’est également jointe à la protestation.

 

► Le cardinal Sarah, très critique sur l’afflux d’immigrés clandestins en Europe

Contrairement au pape François, le cardinal Sarah, originaire de Guinée, ne mâche pas ses mots quant au déferlement migratoire que subit l’Europe depuis quelques années.

À l’occasion de la sortie de son dernier livre, « Le soir approche et déjà le jour baisse », le cardinal a déclaré, sans langue de bois, à nos confrères de L’Incorrect que « Dieu ne veut pas la migration… Vous êtes envahis par l’islam ».

Scandalisé par l’utilisation des Évangiles à des fins politiques et immigrationnistes, le préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, craint qu’une trop grande arrivée de personnes étrangères à la culture européenne ne bouscule l’identité du vieux continent, et donc le christianisme qui a contribué à la façonner. Voilà des mots qui émoustillent le politiquement correct qui n’est malheureusement pas étranger à la plupart des discours de la hiérarchie ecclésiastique et qui aurait pourtant fait frémir plus d’un pape.

 

► La bonne nouvelle du jour est technologique

Il aura fallu trois années de recherche à Thales pour mettre au point un laser de très grande puissance, qui a été capable de battre le record mondial en puissance avec 10 petawatts, soit dix millions de milliards de watts, le 7 mars dernier.

Cet exploit du géant français de l’industrie électronique devrait permettre d’accéder à une meilleure connaissance de la formation de l’univers lors du big bang. Il ouvre également des perspectives en matière de traitement des déchets nucléaires dont on pourrait réduire la radioactivité, grâce au laser.

 

 

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