BULLETIN DE REINFORMATION DU 4 AVRIL 2019

Patron d'émission - le 4 avril 2019

Bulletin de réinformation proposé par Solveig Grieg et Brieuc Chevalier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Le pape et l’immigration, éternelle pomme de discorde ?

Il en a parlé ! De l’immigration bien sûr, ce sujet qui divise tant les politiques de tous bords, les peuples, et en leur sein, les chrétiens. Le pape ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque la question migratoire et les politiques européennes, dans son récent rapport sur le synode des jeunes d’octobre 2018. Au risque de fragiliser davantage la barque de Pierre.

L’Église, entre politique et doctrinal.

La question de la place de l’Église dans le discours politique n’est pas nouvelle, et un peu de profondeur historique nous éclaire de façon édifiante. Depuis le traité de Westphalie, qui signe la fin de la chrétienté du Moyen-Age et l’avènement des États souverains, l’Église avait adopté une ligne de conduite simple, dictée par la volonté de conserver son audience universelle dans un concert de nations désormais divisées. Les papes, chefs à vocation universelle, avaient ainsi pris l’habitude de limiter leurs discours aux questions doctrinales. Tandis qu’aux évêques était laissée leur application concrète, sujette aux variations politiques et culturelles locales. Ils pouvaient toujours solliciter les conseils du pape, mais celui-ci était en retrait. Dernier exemple en date de l’application de cette stratégie, le cas de Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale, aujourd’hui voué aux gémonies pour son silence sur la persécution juive, perçu par les plus incultes comme un accord tacite de l’Église envers la politique nazie.

Le pape, entre charité désordonnée et universalisme abstrait 

Aujourd’hui, c’est cette prudence qui fait défaut au Saint-Père lorsque, se mêlant de politique, il invite les nations européennes à toujours plus d’ouverture face au flux d’immigrés. C’est cette même prudence qui manque au Saint-Père lorsque dans ses conclusions sur le synode des jeunes, rendues mardi dernier, il déplore une « mentalité xénophobe », diffuse chez les nations européennes. Ces paroles imprudentes, qui frisent l’insulte, sont désastreuses dans la mesure où elles fragilisent davantage l’Église, en surfant sur des divisions internes injustifiées et en minant la légitimité de son discours doctrinal.

 

► En Turquie, Trump et Poutine s’arrachent les faveurs d’Erdogan

La Turquie va devoir choisir un camp. En janvier 2015, le président turc Erdogan avait signé un contrat d’acquisition pour quatre chasseurs-bombardiers F-35C, construits par l’américain Lokheed-Martin. Les pilotes turcs sont partis se former aux Etats-Unis, tandis que le Gouvernement d’Ankara investissait environ un milliard de dollars dans ce programme de modernisation de ses forces aériennes.

Quel élément a alors influencé la Turquie à l’égard de la Russie ?

Entre-temps, les relations entre la Turquie et l’OTAN se sont considérablement détériorées, avec en point d’orgue l’achat par la Turquie des systèmes antimissiles russes S-400 en septembre 2017. La livraison de ces systèmes devait commencer cet été, mais en début de semaine, un porte-parole du Pentagone a annoncé que « les livraisons et activités associées à la mise en place des capacités opérationnelles des F-35 de la Turquie seraient suspendues », en attendant que la Turquie renonce au déploiement des S-400 russes sur son territoire.

Le ministère américain de la Défense estime cette mesure nécessaire pour protéger les équipements sensibles intégrés aux F-35. Il semble donc qu’Erdogan ne soit plus en mesure de jouer sur les deux tableaux ; il va falloir trancher le nœud gordien.

D’autres pays se sont déjà retrouvés au cœur de ce dilemme

Effectivement, certains pays ont déjà tenté de combiner ces différentes acquisitions américaines et russes. L’Inde par exemple ou encore la Grèce ont réussi ce dur pari qui a pourtant engendré des contreparties exorbitantes en termes de politique étrangère.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Éphéméride du jour

Le 4 avril 1931 fut le jour du lancement officiel de la croisière jaune. Organisée par André Citroën ce raid automobile relia Beyrouth à Pékin, trois semaines avant l’ouverture de l’Exposition coloniale de Paris. Bien que troisième expédition de ce genre, la Croisière jaune fut la plus médiatisée après la Croisière noire et la traversée du Sahara. L’objectif de ce projet fut principalement de prouver les qualités techniques des véhicules du constructeur français tout en récoltant des données scientifiques. Dirigée par Georges-Marie Haardt et Louis Audouin-Dubreuil, l’expédition a également permis d’ouvrir la « Route de la Soie » à la circulation automobile. C’est ainsi qu’en moins d’un an, la croisière jaune boucle les 13.000 km et arrive triomphante à Pékin. Cette expédition reste désormais un exemple inoubliable de la capacité humaine à vaincre l’adversité.

 

► Décès d’un médecin-capitaine de la force Barkhane

L’engagement des forces françaises au Mali ne faiblit pas, et nos troupes payent le prix de leur abnégation. Ce mercredi 3 avril, le médecin-capitaine Marc Laycuras, engagé aux côtés du 2e RPIMA, a été tué suite à l’explosion d’un IED sous son véhicule. Il s’agit du 24e militaire français décédé depuis le début des opérations au Mali, en 2013.

Le drame s’est produit alors que le régiment patrouillait au sud du fleuve Niger, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. En effet, avec Serval puis Barkhane, les opérations françaises se concentraient majoritairement sur la zone nord-est du pays, où nos militaires ont progressivement repoussé les katibas djihadistes vers la frontière algérienne. Depuis quelques mois, les têtes pensantes de Barkhane ont tourné leur regard vers le sud du pays, où, dans la région de Gourma, des groupes armées menacent encore le principal axe routier du pays. Une base avancée est en cours de construction, et des opérations de sécurisation ont été lancées progressivement. C’est au cours de l’une d’elle que le médecin-capitaine Laycuras a perdu la vie, témoignant du fait que notre engagement au Mali est loin de toucher à sa fin.

 

► La résistance des médecins face aux maladies interrogée par une étude anglaise

Une étude anglaise parue dans le British Médical Journal démontre que le taux d’absentéisme des médecins pour maladie est deux fois inférieur à la moyenne. A 1,2% d’absentéisme contre 2,5% pour la population active, les médecins forment une profession des moins malades. Pourtant au contact régulier des épidémies les médecins semblent développer une forteresse immunitaire hors norme. La forteresse immunitaire ne semble pour autant s’appliquer qu’aux médecins puisque infirmières et ambulanciers au contraire ont un taux de congé maladie de près de 5,5%. Jean-Marc Dupuis dans son article développe une théorie touchant à la motivation et à la psychologie. Après des années de pratique, les médecins semblent posséder un plus haut niveau d’énergie et plus aptes à résister aux souffrances psychologiques. Une question intéressante à travailler pour nous tous alors !

 

► Les complices de l’immigration clandestine en grève mardi 9 avril

Médecins du monde, Emmaüs, le Secours Catholique et une vingtaine d’associations d’aide aux migrants ont annoncé hier leur décision. Elles ont décidé de suspendre leurs interventions à Paris et ses environs pour dénoncer « l’action des pouvoirs publics » face à cette situation « dramatique ». Les signataires déplorent la situation intenable dont « les services de l’Etat et le gouvernement semble se satisfaire ».

« Depuis plus de trois ans un cycle infernal fait de campements, de démantèlements, de dispersions et de harcèlements se développe dans le nord-est de Paris et dans son immédiate périphérie, avec à chaque fois une violence accrue », affirment le communiqué produit par ces associations. Ils invitent notamment la maire de Paris Anne Hidalgo à entrer dans l’action et trouver des solutions.

 

► Une livraison de train régionaux en Île-de-France compromise par l’Union européenne

La nouvelle réglementation européenne sur le trafique ferroviaire, visant à parachever la libre circulation des train dans l’UE, prévoit entre autres une refonte des normes de sécurité à l’échelle européennes. Parmi ces règles aux penchants techniques, on compte la taille réglementaire des portes ou encore la hauteur des marchepieds. Bien entendu, la nouvelle réglementation ne concernera que les trains mis en circulation après la date d’entrée en vigueur dudit décret. Problème ? La région Île-de-France attend pour une date ultérieure la livraison de 110 rames de train, qui ne pourront pas être mis en circulation, avant l’obtention d’un régime dérogatoire de la Commission alors même que d’autre rames du même modèle circulent actuellement. Un exemple encore concret et navrant des limites du modèle normatif européen.

 

► Le chiffre du jour est 800

800, c’est le nombre de peines de prison ferme prononcés à l’encontre des membres du mouvement des Gilets jaunes par les tribunaux de justices sur les 1.665 comparutions immédiates et les 8.645 gardes à vue depuis le 17 novembre. Si la majorité présidentielle a invoqué un taux de 40% de mise en détention pour dénoncer la violence du mouvement rappelons que seule 388 ont fait l’objet d’un mandat de dépôt, synonyme de passage effectif par la case prison. En effet la grande majorité de ces condamnations ont donné lieu à des aménagements de peine ab initio, en raison bien souvent de longueur souvent infime de temps d’incarcération. Précisons également, que la comparution ne garantit pas toujours la tenue procès équitable, étant donné le temps minimal dont dispose la défense pour préparer et étudier le dossier.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le Conseil constitutionnel algérien valide la démission de Bouteflika

Mardi dernier, le président Bouteflika a annoncé qu’il renonce à finir son mandat. Hier matin, le conseil constitutionnel a validé sa décision. Désormais est ouverte une période d’intérim, durant laquelle le président de la chambre haute du Parlement algérien est chargé d’organiser de nouvelles élections présidentielles, sous 45 jours renouvelables une fois. Il assure également la direction du gouvernement, avec des prérogatives réduites.

Après plus d’un mois de contestation, c’est une première victoire pour les Algériens. Le départ du président en fonction depuis plus de 20 ans était un préalable à toute transition politique. Mais les problèmes ne font que commencer pour le pays. D’abord, parce que le rapport de force qui a contraint le président à la démission a été établi par l’intervention de l’armée, ce qui interroge : la démission de Bouteflika, acquis démocratique ou coup de force militaire déguisé ? Ensuite, aucun consensus n’existe quant à son successeur, et dans le contexte actuel, il est fort possible qu’un candidat devienne un pion au service du régime en place. La démission de Bouteflika ouvre un avenir incertain aux algériens.

 

► Le Royaume-Uni incapable de chiffrer les pertes civiles causées en Syrie et en Irak

C’est ce que révèle l’organisation non gouvernementale norvégienne « Action on armed violence », en publiant des documents de l’armée britannique, ne reconnaissant, avec certitude, depuis 2014 que la mort d’une seule victime collatérale. Le ministre de la Défense britannique Mark Lancaster, a bien confirmé l’information, en commentant qu’il était « difficile d’établir avec exactitude ce qu’il s’est passé à la suite d’une frappe ». Il a néanmoins souhaité ajouter que cela ne signifiait pas que les Britanniques prenaient le problème à la légère arguant que c’est « absolument vital parce qu’il y a une corrélation entre les pertes civiles et une potentielle radicalisation de la population touchée ». Les raisons évoquées pour justifier la difficulté à comptabiliser les victimes après un bombardement font écho à l’article censuré du colonel français François Régis Légrier, critique de la stratégie de la Coalition occidentale en Syrie et les conséquences susmentionnés par le ministre qu’elle pourrait avoir.

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