BULLETIN DE REINFORMATION DU 25 MARS 2019

Patron d'émission   -  le 25 mars 2019

Bulletin de réinformation proposé par Henri Benoît et Christian Grandjean

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Acte XIX des Gilets jaunes : la guerre d’usure contre l’Élysée ne faiblit pas

Les jours qui ont précédé l’acte XIX ont permis aux médias de diffuser des menaces à l’encontre des Gilets jaunes. Sur CNews, Laure-Marie Harel, une élue LREM du troisième arrondissement, n’a pas hésité à qualifier ceux-ci de « terroristes » justifiant ainsi le recours à l’armée, ce qui a provoqué la colère du journaliste Clément Viktorovitch. Il est vrai que la décision de Macron de faire intervenir des soldats de l’opération Sentinelle a fait l’objet de vives protestations au sein de la classe politique, tant du côté de Marine Le Pen que du côté de Jean Luc Mélenchon. Pour eux, l’armée ne doit pas être réquisitionnée pour effectuer une mission de police.

Et les déclarations du général Le Ray, n’ont guère calmé le jeu !

Il a en effet déclaré sur BFMTV que les soldats de l’opération Sentinelle pourraient ouvrir le feu sur les manifestants. Or ce même général avait cautionné le fait que, lors de la tuerie du Bataclan, les autorités militaires avaient interdit à huit soldats du premier régiment de chasseurs de Thierville de tirer et même de prêter leurs armes aux policiers présents, ce qui auraient pourtant évité des morts inutiles.

Même son de cloche pour le nouveau préfet de police Didier Lallement, dont la réputation de préfet impitoyable inquiète tant les syndicats de policiers que les défenseurs des libertés publiques.

Et malgré cela, la mobilisation est restée forte !

Selon Christophe Castaner, il y avait plus de 40 000 manifestants dans toute la France dont 5000 à Paris. Mais selon Le nombre jaune, collectif de militants qui s’est donné pour but de parvenir à un décompte précis, il y en avait 127.212. A Paris, un cortège plutôt bon enfant, s’était formé place Denfert-Rochereau pour remonter jusqu’à Montmartre, où une banderole des Gilets jaunes a été déployée sur le dôme de la basilique du Sacré-Cœur. Jean Luc Mélenchon s’est vanté d’avoir participé au cortège, mais sans toutefois avoir revêtu l’emblématique gilet.

Et que peut-on dire des actions en province ?

Elle a été émaillée d’incidents plus sérieux : A Bordeaux, les Gilets jaunes ont bravé l’interdiction de manifester dans le centre-ville et ont envahi la place Prey Berland devant la mairie. Même scénario à Nice où une femme de 71 ans a été blessée suite à une charge des forces de l’ordre. L’usage de gaz lacrymogène intensif est dénoncé à Montpellier et à Metz. Toulouse a été le théâtre de scènes de violences : un homme aurait été victime d’un tir de LBD. Mais il faut constater que malgré le durcissement des dispositifs répressifs, les Gilets jaunes se sont montrés plus que jamais très déterminés.

 

► Le Conseil constitutionnel valide le recours aux tests osseux pour déterminer l’âge des mineurs non accompagnés.

La saisine du Conseil constitutionnel vient d’une procédure engagée par un Guinéen clandestin, qui affirmait avoir 16 ans lors de son arrivée en France en 2016. Jugé majeur, il fit appel et accepta de se soumettre aux tests osseux qui ont confirmé un âge compris entre 20 et 30 ans. Mais le Conseil constitutionnel fut saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité sur la légalité de ces tests, avec l’appui de nombreuses associations droit-de-l’hommistes subventionnées, dont le GISTI, la LICRA, le Secours catholique et Médecins du monde.

Et le Conseil constitutionnel a donné une réponse tout en nuance ?

Il a jugé que les tests n’étaient pas contraires à la constitution mais il invite les juges à tenir compte de la marge d’incertitude liée à ces tests (entre 18 mois et 2 ans). Il a estimé que ces tests ne pouvaient constituer le seul fondement de la détermination de l’âge de la personne et que le doute devait profiter à la qualité de mineur de l’intéressé.

Car l’enjeu est de taille : en vertu de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, ratifiée en 1989 par la France, tout mineur présent sur le territoire, doit pouvoir bénéficier de la protection de l’Aide Sociale à l’Enfance, sans considération d’origine ou de nationalité.

En pratique, pour bénéficier de l’ASE, les mineurs clandestins doivent être auditionnés ?

Un dispositif d’évaluation est effectivement mis en place par la Croix Rouge, qui doit se prononcer sur l’âge de l’intéressé, afin d’éclairer la décision à venir du juge pour enfants. Mais il ressort des statistiques qu’à l’issue de cette procédure, 50% seulement des postulants sont éconduits et retournent à la rue.

Face à l’afflux croissant de mineurs non accompagnés, l’Assemblée des départements de France avait, dans un communiqué du 19 octobre 2017, sommé l’Etat d’« assumer ses compétences régaliennes, notamment dans le démantèlement des filières clandestines ». Elle avait encore déploré « que l’afflux de migrants non accompagnés asphyxiait les infrastructures d’accueil des départements et que la prise en charge de ces jeunes atteignait le milliard d’euros ».

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Paris : après avoir encouragé des moyens de transport jugés non polluants, Anne Hidalgo propose la fiscalité punitive en réponse aux nuisances occasionnées.

La prolifération des trottinettes, vélos, scooters électriques mis à la disposition du public par des opérateurs de plus en plus nombreux, inquiète les pouvoirs publics : en cause les stationnements sauvages sur les trottoirs et les conduites à risque des usagers. C’est pourquoi le Conseil municipal devra se prononcer en avril sur la levée d’une nouvelle taxe dont seront redevables les opérateurs louant des véhicules en « free floating », c’est-à-dire pouvant être empruntés et déposés n’importe où. Montants : 20 € annuel pour un vélo, 50 € pour une trottinette et 60 € pour un scooter électrique. La taxe sera évidemment répercutée sur l’usager. Selon le journal Le Monde, le nombre de ces véhicules climato-compatibles devrait passer de 15.000 à 40.000 d’ici quelques mois. Une manne pour la municipalité déficitaire qui entend consacrer une partie de cette nouvelle recette à l’aménagement de parcs de stationnement.

 

► Affaire Benalla : la justice saisie par le président du Sénat.

S’exprimant devant des étudiants de Science Po Lille, Gérard Larcher, président du Sénat, répond aux déclarations d’Emmanuel Macron, l’accusant de vouloir se livrer à une passe d’armes avec l’exécutif. Il assure que sa démarche n’est ni politicienne, ni politique : « Le Sénat exerce uniquement ses missions constitutionnelles ». Le Bureau du Sénat avait pris la décision de saisir le parquet à l’encontre d’Alexandre Benalla, Vincent Crase, collaborateur de l’Élysée, Patrice Strzoda, directeur de cabinet de l’Élysée, pour « suspicions de faux témoignages », suite aux auditions de la commission d’enquête parlementaire.

Alexis Kholer, secrétaire général de l’Élysée et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence, sont également mis dans la cause, sans toutefois avoir été nommément désignés. Ce sera donc à la justice de démêler le vrai du faux dans une affaire qui se resserre de plus en plus autour du président.

 

► La semaine de la presse à l’école serait-elle en contradiction avec le principe de neutralité ?

La trentième semaine de la presse à l’école vient de s’achever vendredi dernier. Organisée par le CLEMI (Centre pour l’Éducation aux médias et à l’information) elle s’adresse à plus de quatre millions d’élèves. Un million de journaux ont été distribués gratuitement à cette occasion, mais il s’agit exclusivement de la presse subventionnée. Or, comme l’écrit Paul Vermeulen dans le quotidien Présent, « Ceux qui regardent le monde avec d’autres lunettes ne sont pas conviés ».

La nouveauté du dispositif, c’est la sensibilisation aux « infox » (néologisme signifiant fausses informations) ?

Effectivement, une plateforme France.tveducation, met à disposition des enseignants des outils pédagogiques. Mais lorsqu’on les regarde de près, et toujours selon Paul Vermeulen, on y apprend que les Gaulois ne sont plus nos ancêtres, que l’Islam fait partie des racines de la France, que le droit à l’avortement est menacé par l’extrême droite et que les médias non officiels diffusent le complotisme.

Interviewé par Le Journal de Saint-Denis, le journaliste Thomas Sotto, ex-président de l’émission « Compléments d’enquêtes » sur France 2 déclare sans vergogne : « Nous devrions apprendre aux élèves à se méfier des réseaux et des informations en ligne ».

L’organisation de sorties scolaires pour assister aux cérémonies des Bobards d’or, ce n’est donc pas pour demain !

 

► Et le chiffre du jour, c’est 135 euros.

C’est le montant de l’amende infligée samedi dernier à Eric Drouet pour avoir, dit-on, incité en public des Gilets jaunes à se diriger vers le Trocadéro.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Aux Pays-Bas, les populistes ont le vent en poupe !

Le parti Forum pour la Démocratie de Thierry Baudet, sort vainqueur des élections des membres de la chambre haute. Avec treize sièges, il devance le parti de centre droit du premier ministre Mark Hutte qui arrive en seconde position avec douze sièges. Le parti populiste, créé il y a deux ans à peine, critique le manque de contrôle aux frontières et sa conséquence, la déferlante migratoire. Il se dit aussi partisan d’une sortie des Pays-Bas de l’Union européenne, le NEXIT. Ces élections sont intervenues après la fusillade dans un tramway d’Utrecht, vraisemblablement de nature terroriste, qui a fait trois morts et trois blessés graves.

 

► Londres : manifestation grandiose pour exiger un nouveau référendum sur le Brexit

Selon l’agence People’s vote, 700.000 personnes ont défilé dans les rues de Londres, samedi dernier pour réclamer un nouveau vote sur le Brexit. L’engouement populaire pour l’Europe s’explique par la lassitude de l’opinion face à une crise politique qui perdure à propos de la sortie de l’Union européenne. L’article 50 du Traité de Lisbonne fixe à deux ans maximum la durée des négociations de sortie d’un État membre. La date butoir était donc fixée au 29 mars et faute d’accord avec l’ensemble des États membres, ce serait une sortie sèche de l‘Union européenne, un scénario qui inquiète la plupart des économistes. Une baisse de richesse estimée à 40 milliards d’euros pour l’Union européenne, selon une étude de l’Institut Bertelsmann.

Le Conseil européen vient d’accorder une prolongation jusqu’au 12 avril, en réponse à la demande de Theresa May qui espérait un report au 30 juin. Si d’ici là, le parlement accepte l’accord de divorce, l’entrée en vigueur du Brexit interviendra le 22 mai, soit avant les élections au parlement européen. Mais en cas de nouveau rejet, Londres aura jusqu’au 12 avril pour décider d’organiser les élections européennes, voire un nouveau référendum de plus en plus plébiscité mais qui n’a toujours pas les faveurs du Premier ministre.

 

► La bonne nouvelle du jour est industrielle

Le géant Michelin et l’équipementier automobile Faurecia, filiale de PSA, viennent de passer un accord pour le développement de piles à hydrogène destinées à remplacer les batteries rechargeables actuellement utilisées pour la propulsion des voitures électriques.

Avantage : « zéro émission » puisque la pile ne produira que de la vapeur d’eau : de quoi réjouir les citadins adeptes du « transport durable ». Sauf qu’actuellement, l’hydrogène est produit à 95 % à partir de gaz naturel, ce qui libère en amont du CO2. Quant au procédé par électrolyse, quatre fois plus coûteux, il consomme de grandes quantités d’électricité ! Bref, c’est le serpent qui se mord la queue !

 

 

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