BULLETIN DE REINFORMATION DU 1ER MARS 2019

Patron d'émission   -  le 1 mars 2019

Bulletin de réinformation proposé par Philippe Idès et Pierre Godicheau, avec la contribution de François Persurier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

ÉPHÉMÉRIDE


 

Celui qui sera surnommé Sandro Botticelli, naît le 1er mars 1445 dans une famille modeste du Borgo Ognissanti, à Florence.

Il entre à l’âge de 20 ans dans l’atelier de Fra Filippo Lippi, où il côtoie Verrocchio.

Ami des philosophes néo-platoniciens et adepte de leurs idées, il réussit à rendre visible la beauté qu’ils théorisent, en imprimant un caractère mélancolique et contemplatif à ses œuvres.

Il fréquente le cercle de la famille Médicis, qui lui offre protection et garantie de commandes. À partir de 1481, Botticelli est appelé à Rome par le pape Sixte IV pour décorer la chapelle Sixtine et y illustrer les vies de Jésus et de Moïse sur les murs latéraux de la chapelle.

Mécontent de l’accueil réservé à ses fresques, il revient définitivement à Florence où il peint, pour la villa de Laurent et Pierre-François de Médicis, « le Printemps » et « la Naissance de Vénus », ses deux œuvres les plus connues.

Que lui advient-il ensuite ?

En 1497, le moine révolutionnaire Savonarole et ses disciples élèvent le  « Bûcher des Vanités » sur la Piazza della Signoria. Maints chefs-d’œuvre de l’art florentin de la Renaissance disparaissent dans ce bûcher, y compris ceux de Botticelli, que l’artiste avait lui-même apportés. Il abandonnera dès lors la peinture, et tombera dans le plus grand dénuement avant de mourir en 1510 dans la maison de la Via della Porcellenna, où il travailla toute sa vie. Il repose dans l’église Ognissanti.

 

GRANDS TITRES


 

► Un colonel de l’Armée française, mettant en cause la stratégie de la Coalition contre les forces de l’organisation État islamique menacé de sanctions.

Le Colonel François-Régis Legrier, spécialiste de stratégie, commanda d’octobre 2018 à février 2019 la « Task Force Wagram » de la Coalition dont la mission était de réduire le dernier bastion de Daech à Hajin à la frontière irako-syrienne. Or, dans un article intitulé « La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ? » publié dans la Revue de Défense Nationale, il met en cause, la stratégie adoptée par la Coalition.

Quels sont ses griefs ?

Il souligne que, dans cette guerre typiquement asymétrique, une colossale puissance ne parvient pas à vaincre rapidement quelques deux mille combattants légèrement armés. Il condamne la « guerre par procuration » menée par les détenteurs de la suprématie technologique devant faire appel à des troupes mercenaires pour les actions de terrain. Il fustige également les destructions massives auxquelles ils sont contraints pour prix de leur refus d’engager des troupes aguerries au sol. Il en souligne les conséquences dramatiques pour les populations civiles mais aussi le profond ressentiment que celles-ci éprouvent à l’égard des Etats « victorieux » responsables de ce désastre.

Quelles leçons peut-on en tirer

Ces propos illustrent à merveille ceux du Général Vincent Desportes qui déclare dans son ouvrage « Leçons d’aujourd’hui pour les guerres de demain », que « Des systèmes d’armes toujours plus performants produisent des résultats toujours plus décevants ».

Cet article, impliquant des responsabilités de notre classe politique, peut valoir au militaire français des sanctions de l’État-major. L’ancien colonel Michel Goya, commentant cette perspective déclare qu’il « n’ose imaginer une seule seconde qu’une expression intelligente et soucieuse de l’efficacité des armes de la France puisse faire l’objet d’une quelconque censure ». C’est oublier la mise en garde de Molière qui prévenait :

Et qui n’a pas le don de cacher ce qu’il pense, Doit faire, en ce pays, fort peu de résidence.

 

► En Europe, les populismes pèsent désormais autant que la social-démocratie !

En cette période précédant les élections européennes, les sociaux-démocrates ont toutes raisons de s’attaquer sans relâche au populisme de droite et à son opposition à la politique d’immigration de masse. En effet, selon le nouvel index établi par l’atelier de réflexion social-libéral suédois Timbro, plus d’un électeur européen sur quatre s’apprête à voter pour un parti populiste. Ce qui inquiète les partis sociaux-démocrates est que le poids électoral des populismes est désormais égal au sien.

Pourtant aux dernières élections les populismes avaient progressé

Oui déjà 71 millions (27%) d’électeurs européens avaient choisi de voter pour un parti populiste. Or, dans de cette dernière séquence, la progression concernait également populisme de droite et populisme de gauche. Mais les gains du populisme observés aujourd’hui ne proviennent que de la progression du populisme de droite.

Dans certains pays (Espagne, Danemark et Finlande) les élections au Parlement européen coïncideront avec les élections nationales. Et nous savons déjà que les performances des partis populistes seront scrutées en priorité par nos classes dirigeantes et leurs médias.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► La hausse du prix des carburants se poursuit

En dépit de la crise des Gilets jaunes, motivée initialement par la hausse du prix des carburants consécutive à celle des taxes, les prix à la pompe continuent d’augmenter.

Quel est le montant de ces augmentations ?

Selon les données hebdomadaires publiées par le ministère de la Transition écologique, les prix des carburants routiers ont poursuivi leur montée la semaine du 18 février, avec des hausses proches de deux centimes par litre. Le gazole, représentant près de 80% des ventes, s’affichait à 1,45 euro, soit 1,9 centime de plus que la semaine précédente.

 

► La force Barkane abat Djamel Okacha un dirigeant d’Al-Qaïda au Mali

C’est un pilier du djihadisme au Sahel que la force française Barkhane vient de faire tomber près de la ville malienne de Tombouctou. Algérien, Djamel Okacha intègre le groupe salafiste pour la prédication et le combat, puis d’Al-Qaïda au Maghreb islamique sous les ordres de Mokhtar Belmokhtar.

Quelle fut alors sa carrière ?

Après avoir perpétré plusieurs assassinats et prises d’otages, il dirige les forces d’Ansar Dine et d’AQMI lorsqu’elles pénètrent en avril 2012 dans Tombouctou. Il en est le « co-gouverneur » lorsqu’il devient l’émir du Sahara commandant l’ensemble des forces d’AQMI dans le Sahel. En mars 2017, Djamel Okacha est le numéro deux du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » dirigé par Iyad Ag Ghali, chef du groupe terroriste AQMI.

Djamel Okacha a été tué le 21 février 2019 au cours du combat d’Elakla au nord de Tombouctou, lorsqu’un groupe de véhicules djihadistes fut intercepté par la force Barkhane. La France le traquait depuis des années.

 

► La phrase du jour

La lecture et la compréhension du sujet posent encore problème

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette remarque n’apparaît pas sur le bulletin trimestriel d’un élève de CM1 mais dans le rapport 2016 du jury du concours d’entrée à l’École nationale d’administration (ENA). Se refusant catégoriquement à toute interprétation décliniste, le jury attribue évidemment ce fait – et pour s’en féliciter – aux « profils très divers des potentiels futurs hauts fonctionnaires. ».

 

► Le chiffre du jour est de 49,9%

Ce n’est pas le montant d’une prise de participation dans le capital d’une entreprise mais c’est la proportion de la population autochtone de la ville d’Anvers où une inversion de majorité au profit de populations allochtones s’est produite au cours des quatre dernières années.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► La situation du Venezuela vient de loin

La situation du Venezuela résulte des politiques menées par Hugo Chavez, président de 1999 à 2013, cherchant à instaurer le « socialisme du XXIe siècle » dans son pays. Au cours de ses mandats, 1167 entreprises ont été nationalisées, dans tous les secteurs, y compris agro-alimentaire et agricoles. Parallèlement, Chavez a mis en place un modèle « distributionnaliste », consistant à redistribuer les revenus pétroliers au peuple vénézuélien au détriment de l’investissement.

Quelles en furent les conséquences ?

Cette politique, bien connue des économistes sous le nom de « mal hollandais », n’est soutenable qu’avec des cours du pétrole élevé. Elle a conduit à un immense fiasco économique avec un quadruplement de la dette extérieure entre 2006 et 2012. Sous son successeur socialiste Nicolas Maduro le PIB a été réduit de 40%. La nécessaire réduction consécutive des importations a privé le peuple vénézuélien des produits de première nécessité, notamment alimentaires et sanitaires.

Les Etats-Unis, s’ils interviennent, ne viendront-ils qu’avec de bonnes intentions ? Rien n’est moins sûr. Si, au moins, ils aidaient un nouveau gouvernement à remettre l’économie sur les rails, ce serait au moins un point positif pour le peuple vénézuélien.

 

► L’Espagne va surélever ses clôtures frontalières à Ceuta

L’Espagne, confrontée à une forte pression migratoire, va rehausser les doubles clôtures qui séparent son enclave de Ceuta du Maroc.

« La hauteur de la clôture sera augmentée de 30%, atteignant les dix mètres, là où se produit le plus grand nombre d’entrées », a annoncé le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, lors d’une visite à Ceuta, ajoutant que les travaux de renforcement de cette clôture commenceront dans à peu près un mois et demi.

Ces dernières années, la clôture a été prise d’assaut à plusieurs reprises par des Africains souhaitant pénétrer dans l’enclave espagnole qui, avec celle de Melilla, constitue la seule frontière terrestre entre l’Afrique et l’Union européenne.

Certains assauts furent violents, comme en juillet et août derniers, quand les candidats à l’immigration pénétrèrent dans Ceuta en lançant de la chaux vive et des excréments contre les forces de l’ordre.

 

 

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