BULLETIN DE REINFORMATION DU 20 FEVRIER 2019

Patron d'émission   -  le 20 février 2019

Bulletin de réinformation proposé par Carl Hubert et Charles Sornac avec la contribution de Fabrice Pelo

Rediffusions à 11h45 et 21h

 

 

GRANDS TITRES


 

► L’instrumentalisation de l’antisémitisme prend de l’ampleur

Samedi dernier, l’algarade subie par l’académicien Alain Finkielkraut, de la part notamment, d’un islamiste, a entraîné de nombreuses réactions autour de la question de l’antisémitisme. Le gouvernement et les médias de propagande n’ont pas hésité à faire le lien entre résurgence de l’antisémitisme et mouvement des Gilets jaunes.

Jean-Luc Mélenchon s’est vu reprocher un propos dénonçant l’instrumentalisation de l’antisémitisme.

Tout en condamnant la violence verbale dont Finkielkraut a été l’objet, le responsable de la France insoumise craignait que ces actes marginaux ne conduisent à blâmer l’ensemble du mouvement des Gilets jaunes. Le Vert Jadot, que l’on a connu plus soucieux d’éviter les amalgames, s’est empressé d’accuser le camarade Mélenchon de minimiser voire de banaliser l’événement.

L’attention s’est ensuite portée sur la question de l’antisionisme, accusé d’être le masque contemporain de l’antisémitisme.

Le député LREM Sylvain Maillard a en effet proposé de pénaliser l’antisionisme. Ce terme désigne strictement le fait de contester la légitimité de l’Etat d’Israël et de son expansion. Rappelons que 32 Etats membres de l’ONU ne reconnaissent toujours pas l’Etat d’Israël. Le président de la République s’est toutefois déclaré en opposition avec une telle mesure, qui serait contraire aux libertés d’expression et d’opinion.

Un rassemblement de plusieurs milliers de personnes contre l’antisémitisme réunissait hier place de la République de nombreux partis politiques et personnalités.

18 membres du gouvernement, le Premier ministre, mais pas le chef de l’Etat qui prendra toutefois la parole ce soir lors du dîner du CRIF, se sont réunis. La France insoumise et Debout la République n’ont pas été directement invités à la marche, mais ont tenu à être présents.

Alain Finkielkraut a critiqué le fait que le Rassemblement national ne soit pas invité à participer.

Le parti de Marine Le Pen a décidé de rendre un hommage séparé, protestant ainsi contre la présence de personnalités politiques qui n’ont pas su endiguer la montée de l’islamisme, foyer majeur du regain d’antisémitisme en France. Elle a honoré à Bagneux la mémoire d’Ilan Halimi, victime du gang des barbares. Au même moment, un autre rassemblement avait lieu à Ménilmontant, regroupant différentes associations d’extrême gauche, « contre l’antisémitisme et contre son instrumentalisation ».

 

► La civilisation mégalithique est bien d’origine occidentale

Plus de 35.000 dolmens, menhirs et autres alignements de pierres parsèment le continent européen. Aussi gigantesques qu’intrigants, ces monuments trouveraient leur origine en Bretagne au cinquième millénaire avant Jésus-Christ. Les travaux de recherche ont été publiés par la préhistorienne suédoise Bettina Schulz Paulsson, dans la revue scientifique PNAS.

Selon ce chercheur à l’université de Göteborg, les sites mégalithiques n’ont pas été réalisés indépendamment les uns des autres.

Ses travaux ont consisté en l’analyse des datations de restes humains enfouis dans les sites, croisée avec nos connaissances sur l’architecture des constructions, les outils utilisés et les coutumes funéraires. Le chercheur a découvert que les premiers mégalithes sont apparus dans les régions côtières du nord-ouest de la France il y a environ 6700 ans.

Ces conclusions ont été favorablement accueillies par Michael Parker Pearson, archéologue spécialiste du site de Stonehenge.

C’est donc en Bretagne, pays des dolmens, qu’est né le mégalithisme.

Et non pas en Orient comme l’ont longtemps proclamé sans preuve archéologique les tenants de l’origine orientale des grandes civilisations.

La civilisation à l’origine de ces constructions est à chercher parmi les premières sociétés agricoles du néolithique. Les mégalithes se sont rapidement répandus dans la région bretonne, en l’espace de 200 à 300 ans.

Puis, dans une première phase d’expansion, dans les îles anglo-normandes, la péninsule ibérique et les pourtours européens de la Méditerranée.

Par la suite, les constructeurs de Bretagne sont partis conquérir l’Europe, preuve qu’ils étaient de bons navigateurs.

Dans la première moitié du quatrième millénaire, ces productions de pierres se sont propagées sur le littoral atlantique et jusqu’en Angleterre, en Irlande et en Ecosse. Finalement, c’est durant la seconde moitié du même millénaire que l’Allemagne, les Pays-Bas et la Scandinavie voient les mégalithes apparaître sur leur sol.

Alors que le site de Carnac attend, depuis 1996, de figurer sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, ces travaux universitaires donnent du poids à cette demande.

Les chercheurs souhaitent maintenant que des analyses ADN permettent à l’avenir de mieux comprendre l’origine du peuple mégalithique et le mode de diffusion de sa culture.

 

► La fraude à l’argent public fait encore des ravages

La sénatrice centriste Nathalie Goulet organisait lundi un débat au Sénat sur le thème de la fraude à l’argent public. La mission sénatoriale a auditionné différents experts et responsables administratifs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la fraude, si elle est combattue, reste importante.

C’est particulièrement le cas de la fraude aux prestations sociales.

Il y a quelques mois, le magistrat Charles Prats avait dénoncé l’existence de plus d’1,8 million de comptes de sécurité sociale frauduleux. Selon lui, ces comptes permettraient une fraude de 14 milliards d’euros chaque année. Le ministre de la santé, Agnès Buzyn, a tenté de faire valoir que ces chiffres étaient faux et que tous ces comptes, s’ils n’étaient pas en règle sur le plan administratif, n’étaient pas forcément frauduleux.

Pourtant, l’utilisation de faux papiers serait très répandue dans notre pays.

Pour le commissaire de police honoraire Luc Retail, « 6,5% des pièces d’identité en circulation en France sont fausses ». En outre, l’immigration facilite les fraudes documentaires, dans la mesure où les pays d’émigration n’émettent pas tous des pièces d’identité authentifiables.

Les mouvements de fonds sont, en plus, peu surveillés.

Toute personne qui prétend résider en France a droit à un compte bancaire. Les sommes peuvent ensuite être aisément transférées à l’étranger, seuls les virements d’au moins 10.000 € faisant l’objet d’une surveillance poussée. Or, comme l’a rappelé le commissaire Luc Retail, « de nombreux djihadistes français ont continué à toucher des allocations alors qu’ils étaient partis combattre ». Ceux qui seront rapatriés en France pourront d’ailleurs à nouveau les demander

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Les phrases du jour sont de Marion Maréchal

La directrice de l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP) a accordé un très riche entretien à nos confrères de Présent, que vous pouvez trouver dans les kiosques et sur le site present.fr. Elle y donne d’abord des nouvelles de l’Institut qu’elle préside et précise :

Nous sommes une alternative aux business school coûteuses et plus ou moins sérieuses, mais aussi aux formations en sciences politiques souvent sectaires ou idéologiquement uniformisées.

Une alternative qui a séduit en tout 80 personnes cette année, entre le magistère et la formation continue, et qui recrute déjà pour l’an prochain.

Dans ce même entretien, elle revient aussi largement sur l’actualité politique et les ressorts des régimes politiques libéraux qui nous gouvernent.

Réagissant au « grand débat » présenté bras-dessus bras-dessous par Marlène Schiappa et Cyril Hanouna, elle s’élève contre :

Une « hanounacratie » qui serait une démocratie de divertissement télévisuel.

 

► La commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême-droite en France révèle sa nature de mascarade

« Mascarade », c’est le terme employé par le député UDI Meyer Habib pour dénoncer le risque de dérive de ladite commission d’enquête. Dans une lettre ouverte à sa présidente, la députée dite insoumise Muriel Ressiguier, il regrette que cette commission se focalise sur l’extrême-droite sans s’intéresser à l’extrême-gauche, alors que « des groupes ultra-violents type black bloc ou antifa a n’ont pas à jouir d’une quelconque immunité idéologique ». Il rappelle aussi à l’ordre la présidente, en soulignant que la commission d’enquête « n’est pas le lieu pour lancer des attaques contre le parti de Marine Le Pen ».

Rappelons que cette commission parlementaire a finalement renoncé à inviter Marine Le Pen et Marion Maréchal, en raison du fait que « l’effet de surprise » de leur audition était perdu.

La liste des personnes qu’il est envisagé d’auditionner reste cependant baroque. La présidente de la commission souhaite par exemple auditionner le groupe de musique « Les Brigandes », qu’elle prétend sectaire, et les citoyens de La Salvetat-sur-Agout – ville où résident les Brigandes –, qu’elle présente comme des victimes de l’extrême-droite ! L’enquête parlementaire s’annonce donc très idéologique et peu rigoureuse.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Facebook censure la chaîne russe RT

Le média russe RT (pour Russia Today) a vu plusieurs de ses pages Facebook bloquées par le réseau social américain, lundi dernier. L’une d’entre elles était spécialisées dans les vidéos virales et comptait 4 millions d’abonnés. Pour Facebook, la chaîne RT n’indique pas assez clairement être financée par l’Etat russe. Le Kremlin a qualifié le réseau social « d’outil de pression » de Washington.

Cette nouvelle politique a de quoi inquiéter les grands médias français largement subventionnés par l’Etat, sans pour autant le déclarer franchement ! Ceux de nos auditeurs qui utilisent Facebook pourraient être tentés de dénoncer à la société de Mark Zuckerberg l’ensemble de nos journaux subventionnés…

 

► Européennes : un sondage européen donne la droite nationale en nette progression

Le Parlement européen a récemment publié des projections concernant sa composition à l’issue des élections de mai prochain. Tout en perdant des sièges, les deux principaux groupes du Parlement, à savoir les sociaux-démocrates et les membres du Parti populaire européen, devraient rester en place. La troisième force politique serait incarnée par les libéraux de l’ALDE, potentiellement grossis par le ralliement des premiers eurodéputés En marche. A eux trois, ces groupes eurobéats auraient la majorité des voix. En raison du Brexit, le groupe des Conservateurs et réformistes européens serait diminué. En revanche, le groupe de l’Europe des Nations et des Libertés, où siègent les membres du RN, pourrait gagner une vingtaine de sièges, soit une progression de moitié. Cet apport serait surtout dû à l’élection d’eurodéputés italiens membres de la Ligue. Ces prévisions s’appuient sur un statu quo des formations politiques européennes, qui pourraient cependant évoluer.

 

► La diplomatie israélienne compromet son rapprochement avec la Pologne

Le groupe de Visegrád, comportant la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie, devait se retrouver lundi, à Jérusalem, autour du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Le but était de sceller une alliance contre l’Union européenne, autour de valeurs communes telles que la défense des frontières ou l’homogénéité ethnique.

Mais les pays d’Europe centrale ont annulé ce sommet quand le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré que « les Polonais boivent l’antisémitisme dans le lait de leur mère ». A l’origine de cette insulte, une loi polonaise votée l’an dernier, disposant que les Polonais ont été victimes des nazis et que les camps de concentration allemands ne sauraient être qualifiés de polonais.

 

► Défection centriste politiquement correcte au Labour

Le parti travailliste britannique dirigé par Jérémy Corbin vient de subir une défection retentissante. Sept députés ont annoncé leur démission et souhaitent créer un nouveau groupe parlementaire. A leur tête, le député londonien anglo-nigérian, présenté comme un espoir, Chuka Umunna. Plusieurs motifs sérieux auraient justifié cette décision. En premier lieu, le parti est accusé de laisser se répandre des idées antisémites, sous l’influence de l’électorat d’origine immigrée. Cette accusation est mise en relation avec l’orientation jugée à gauche du Labour depuis quelques années, visible en matière de politique internationale, comme en témoignent la critique de l’OTAN et le soutien au Venezuela de Maduro. Enfin, c’est la question du Brexit qui a également motivé ce départ. Plusieurs députés de tendance blairiste considèrent que sous la direction de Corbyn, leur parti n’a pas assez marqué son opposition à une sortie. Jeremy Corbin a réagi en se disant « déçu » de leur départ.

 

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR


 

La bonne nouvelle du jour est ariégeoise.

Jacob Karhu, un élève de Normale Sup Lyon, a rendu compte à différents médias et par des vidéos postées sur Youtube d’une expérience peu ordinaire. L’an dernier, il a vécu en ermite pendant sept mois au beau milieu des Pyrénées, en Ariège. Une vie d’ascète et proche de la nature, exposée à sa dureté, notamment climatique, mais aussi à sa beauté. « La solitude a été une étape essentielle pour me connaître moi-même » explique-t-il.

 

 

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