BULLETIN DE REINFORMATION DU 11 FÉVRIER 2019

Patron d'émission   -  le 11 février 2019

Bulletin de réinformation proposé par Henri Benoît et Christian Petitjean

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRES


 

► Acte XIII des Gilets jaunes : si la participation ne baisse pas, le mouvement peine à se structurer.

Ils avaient choisi les Champs-Élysées avec un détour par l’Assemblée nationale. Et il s’en est fallu de peu pour que les Gilets jaunes ne réussissent à rentrer au Palais Bourbon. Au cours de cette attaque contre une palissade de l’assemblée par les black-blocs, un manifestant a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade de désencerclement, une arme de guerre contenant 25 g de TNT et qui n’explose pas tout de suite. D’où la colère d’Alexis Corbière sur France Info, qui a appelé le ministre de l’Intérieur à la démission. Et plus tard, dans la soirée, un véhicule de Vigipirate a été incendié, toujours par des extrémistes de gauche, non loin de la tour Eiffel.

Mais pourquoi l’Assemblée nationale ?

Il est probable que le récent vote de la Loi « anticasseurs » y soit pour quelque chose. Perçue comme une atteinte à la liberté de manifester, elle a suscité des protestations dans tous les partis politiques, y compris dans le camp du parti du président : du jamais vu !

Et quel bilan peut-on tirer de cette journée ?

D’abord, une participation qui ne fléchit pas et une certaine constance dans les mots d’ordre : l’appel au référendum d’initiative citoyenne et l’appel à la démission de Macron. Et si, selon un sondage récent, 64% des Français soutiennent encore le mouvement des Gilets jaunes, celui-ci peine à se structurer et résiste à toutes les tentatives de récupération. Mais en contrepartie, aucun leader n’échappe aux feux des critiques : citons Frank Buhler de Debout la France, ou Benjamin Cauchy, leader des Gilets jaunes à Toulouse, qui n’ont plus accès aux plateaux de télévision. Citons aussi Ingrid Levavasseur qui a du mal à imposer sa liste Gilets jaunes aux futures élections européennes, ou encore Eric Drouet critiqué pour s’être entendu avec Besancenot à propos de l’appel à la grève de mardi dernier. Enfin, la rencontre en Italie entre Luigi di Maio, vice-président du conseil italien, et des co-listiers d’Ingrid Levavasseur, a suscité les protestations de Maxime Nicolle.

 

► Allemagne : vers un retour à « l’Ost-politik » ?

Le 7 Février dernier, le groupe de Visegràd (Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie) avait invité Angela Merkel à participer à ses travaux. Les commentateurs ont vu dans cette conférence, la fin d’un bras de fer entre Berlin et les pays d’Europe centrale à propos de la question migratoire. Alors que Mme Merkel avait déjà laissé entendre en 2016 qu’elle renoncerait aux quotas obligatoires de clandestins, elle va désormais plus loin en déclarant que « Nous avons besoin de l’espace Schengen, donc nous devons protéger les frontières extérieures. Nous pouvons parler d’immigration légale car les États membres doivent pouvoir décider qui peut entrer dans leurs frontières et non pas de migration illégale. ». Un projet de développent commun au Maroc pour aider le pays à gérer les migrations, a également vu le jour.

Une position bien éloignée de celle du président français qui a déclaré, en bras de chemise, le 5 février dernier lors d’un débat dans l’Essonne : « Je ne crois pas du tout aux gens qui font des murs, ça ne marche pas ! ».

Et la question du Brexit fut aussi abordée lors de ce mini-sommet ?

Oui car les pays d’Europe centrale s’inquiètent du sort qui sera réservé aux nombreux travailleurs détachés qui résident en Grande-Bretagne. Merkel plaide aussi pour une sortie « organisée » du Royaume-Uni, sous-entendant qu’il n’était pas question de chercher à punir le pays membre dissident et que les négociations avec l’Union européenne devraient aboutir à un accord.

Et va-t-on à terme vers un rééquilibrage au sein de l’Union européenne ?

Le ministre polonais Mateusz Morawiecki a rappelé que les pays du V4 constituaient le principal partenaire commercial de l’Allemagne, devant la France, les Etats-Unis et la Chine. Quant à Victor Orbàn, il a affirmé que l’Allemagne plus les pays du V4 avaient vocation à former le futur noyau dur européen. On ne peut s’empêcher de se demander si à terme ce n’est pas la fin du tandem franco-allemand moteur autoproclamé de l’Union européenne.

 

► Venezuela : l’ambiguïté de la position française.

Après le coup de force de Juan Guaido qui s’est autoproclamé président de la République, Emmanuel Macron s’est empressé de lui apporter son soutien prétextant des irrégularités dans le déroulement des élections qui avaient porté au pouvoir Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez. Mais voilà, dans la foulée de l’affaire Benalla, on apprend tout récemment que l’un des proches conseillers de Macron, Ismaël Emelien avait largement contribué à l’élection de Maduro, par le biais de l’agence Havas où il travaillait. L’agence avait été chargée de piloter la communication dans la campagne électorale de l’actuel président vénézuélien.

C’est donc une autre argumentation qui est désormais avancée par la France ?

Macron a déclaré, pour justifier son alignement sur la position américaine, que « Le Venezuela après Chavez, c’est quand même un pays qui va tellement mal économiquement qu’il est contraint d’importer du pétrole alors qu’il possède les réserves les plus importantes du monde ».

Le pétrole serait donc au cœur du problème ?

Pas seulement ! Juan Guaido a effectivement fait savoir en janvier, dans une tribune du New-York Times, qu’il ouvrirait l’industrie pétrolière vénézuélienne aux investisseurs étrangers. Mais surtout, Washington s’inquiète de l’implantation croissante des Chinois et des Indiens sur le marché sud-américain. Soutenir un dirigeant libéral serait davantage dans l’intérêt des Américaisn que soutenir le marxiste, Maduro. Vendredi dernier, Guaido s’est déclaré prêt à autoriser une intervention américaine pour obliger Maduro à partir. Il a également appelé l’armée à le soutenir.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Montpellier : des professeurs lourdement condamnés pour avoir tenté de mettre fin au blocage de la fac de droit.

C’était en mars 2018 : quelques dizaines d’étudiants avaient occupé la fac de droit pour empêcher la tenue des cours. Bilan : 300.000 € de dégâts : ascenseurs vandalisés, mobilier dégradé, serveurs informatiques saccagés et 20.000 étudiants privés de cours. Le ras-le-bol général a abouti à une opération coup de poing à laquelle ont indirectement contribué deux professeurs : Philippe Pétel, doyen de la faculté et Jean-Luc Coronel de Boissezon , professeur d’histoire du droit. Mais les sanctions administratives viennent de tomber. Le premier se voit infliger une interdiction d’enseigner pendant cinq ans et le second est purement et simplement radié de l’université.

 

► Grand débat national : Gilles Platret, maire de Chalons-sur-Saône se rebiffe et boycotte Macron.

Le maire LR de Chalon-sur-Saône s’est fendu d’une lettre ouverte au président de la République afin de lui expliquer pourquoi il déclinait son invitation lors de son passage en Bourgogne. La lettre met en cause la responsabilité du chef de l’Etat dans l’explosion de colère populaire qui sévit depuis douze semaines. Mais la polémique va plus loin. Faisant allusion à ses manches de chemises, il écrit : « Tel le roi du conte d’Andersen, vous êtes nu, monsieur le Président ! Le fil de la confiance populaire s’est définitivement rompu ». Le maire de Chalons reproche surtout au grand débat national son allure de meeting électoral dans la mesure où les débats sont ensuite repris en boucle par les médias régionaux. Selon lui, ce n’est pas le rôle du chef de l’Etat, lequel est censé garder une certaine hauteur.

 

► Et le chiffre du jour, c’est 9,5 milliards d’euros.

C’est le montant estimé des parts détenues par l’Etat dans le groupe ADP (Aéroports de Paris), soit 50,63 % du total. Si actuellement, l’Etat est tenu de conserver la majorité des parts, le projet de loi PACTE, une fois adopté, permettrait à ce dernier de céder tout ou partie de ses actifs. C’est ce à quoi s’est opposé jeudi dernier le Sénat, via un amendement voté par 246 voix contre 78. La loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises) avait été votée par l’Assemblée nationale le 8 octobre dernier.

La chambre haute s’est également opposée le même jour au projet de privatisation de la Française des jeux. Mais le dernier mot reviendra en dernière lecture à l’Assemblée nationale.

 

► A Paris, la Nouvelle Librairie de la rue Médicis, sauvagement attaquée par les antifas

Ils étaient armés, casqués et cagoulés, lorsqu’ils ont profité de la manifestation des Gilets jaunes pour s’en prendre à la Nouvelle Librairie aux cris de « Paris, Paris, antifas, la Nouvelle Librairie, c’est les antisémites qui invitent Zemmour ». L’attaque, qui a débuté vers 14 :35 a été stoppée de justesse par l’intervention d’une dizaine de CRS, le sang-froid du libraire et le soutien de quelques Gilets jaunes. Mais les dégâts sont importants : livres saccagés, vitrines cassées et porte d’entrée dégradée. C’est la seconde fois que cette librairie, lancée il y a six mois à l’initiative de François Bousquet, rédacteur en chef de la revue Eléments, est la cible des antifas qui se réclament encore de Clément Méric.

 

NOUVELLE DU MONDE


 

► Algérie : Bouteflika vient d’annoncer qu’il se représentait aux présidentielles

C’est officiel, le président actuel, 81 ans, vient d’annoncer dimanche après-midi, dans un message à la nation diffusé par l’agence APS, qu’il se représentait aux élections présidentielles du 18 avril prochain pour un cinquième mandat. Il avait jusqu’au 3 mars pour le faire.

Au pouvoir depuis 1999 ; Abdelaziz Bouteflika est considéré comme l’homme de la réconciliation nationale, après une guerre civile menée par la guérilla islamiste dans les années 90 qui fit 200 000 morts. Malgré une santé fragile consécutive à un AVC en 2013 son autorité est encore grande dans un pays en proie à de vives tensions politiques internes.

 

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR


 

La bonne nouvelle du jour est judiciaire. Nous apprenons que Sébastien Jallamion vient d’être relaxé par le tribunal de Privas. En effet, suite aux prières de rue qui se sont succédé à Clichy tous les vendredis de mars à décembre 2017, il dénonça l’inaction des pouvoirs publics, et qualifia le préfet des Hauts-de-Seine, Pierre Soubelet, d’ « islamo-collabo ». Ce dernier, s’estimant victime d’« outrage à personne dépositaire de l’autorité publique », avait saisi le parquet. Mais le tribunal suivit la demande de relaxe de Maître Gabriel Versini, avocat de Sébastien Jallamion. Rappelons que Sébastien Jallamion, fut brigadier-chef de la police lyonnaise et qu’il a été révoqué pour avoir dénoncé sur Facebook de nombreux dysfonctionnements au sein de la Police nationale.

 

LES BOBARDS D’OR


 

Avant de nous quitter, rappelons à nos auditeurs que la cérémonie des Bobards d’or, c’est lundi prochain, à 19:30 au théâtre du Gymnase Marie Bell, 38 boulevard de Bonne Nouvelle 75010 Paris. La fondation Polémia vous présentera les pires bobards de l’année, les pires « Fake News » qui sont réparties en plusieurs catégories. 

Nous avons choisi de vous présenter le bobard « omelette raciste » de la catégorie « internationale ». L’affaire se passe en Italie : la discobole Daisy Osakué, italienne d’origine nigériane, reçoit un œuf au visage, lancé depuis une voiture. Le journaliste Jean-Marc Four de France Info s’empresse de qualifier l’agression de raciste et la relie à une ambiance « xénophobe » supposée créée par l’arrivée de Mattéo Salvini au ministère de l’intérieur. Or, les auteurs de l’acte délictueux, des adolescents de la bonne société, choisissaient au hasard leur victime. Ainsi, le même jour, des personnes blanches avaient également été visées. Du reste le procureur de Turin n’avait pas retenu le caractère « raciste » de l’agression lors du procès.

Vous pouvez voter par internet pour le Bobard de votre choix en vous rendant sur le site des Bobards d’or.

 

 

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