BULLETIN DE REINFORMATION DU 24 JANVIER 2019

Patron d'émission - le 24 janvier 2019

Bulletin de réinformation proposé par Julien d’Estrago et Brieuc Chevalier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

GRANDS TITRE


 

► La position américaine une semaine après le meurtre de soldats américains à Manjbi

L’attentat tuant des soldats américains en zone kurde il y a une semaine coïncidait avec l’annonce controversée du retrait américain de Syrie. Les médias, s’accaparant rapidement du meurtre de ces soldats étasuniens en Syrie, l’ont attribué à l’Etat islamique pourtant absent de cette zone depuis plusieurs années. Le sénateur Jack Keed siégeant au Comité des Forces armées du Sénat s’est également rallié à cette théorie énonçant que « Dès le début, je pensais que le président avait tort d’ordonner le retrait. C’est une erreur stratégique pour toute la région. ». A en juger les déclarations, la politique de Trump en Syrie subit actuellement des divisions à Washington.

Finalement le doute est-il encore présent quand à l’auteur de cette action ?

L’ampleur de l’attentat laisse à penser effectivement qu’un message politique clair était adressé à destination de Trump. Bien que rapidement attribuée à l’Etat Islamique, d’autres entités peuvent tout aussi bien être les acteurs de cet acte sinistre. C’est le cas de l’Etat profond à travers la CIA – qui rappelons-le, s’adonnait à ces duperies au Vietnam dans les années 1950-. Ou encore la Turquie, en riposte à la menace économique de Trump sur l’Etat turc. La police militaire russe aurait arrêté des membres liés à l’organisation de cet assassinat ayant supposément été ordonné par le président turc Erdogan via l’armée syrienne libre.

Mais peut-on réellement parler d’une « Armée syrienne libre » ?

Les membres de l’armée syrienne libre actuellement détenus par la Russie ont confirmé que de multiples attaques contre les Américains seraient encore prévues en Syrie. Cette entité a été créée par l’armée turque, afin de jouer un rôle de complément à l’armée. Il n’y a donc véritablement rien de « libre » ni rien de « syrien » dans l’Armée syrienne libre.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► La France se dote de nouvelles capacités stratégiques

La France se dote d’une nouvelle doctrine de lutte informatique, de type offensive, dans le cadre d’une « pensée stratégique renouvelée ». La précédente stratégie se voulait défensive, prévoyant une riposte uniquement en cas d’attaque informatique. Désormais, en complément de cette capacité, la France se réserve le droit de faire usage du cyber quelle que soit la menace et son auteur, et lors d’opérations à des fins offensives. Le cyber devient ainsi une « arme opérationnelle à part entière ». En complément de cette doctrine sécuritaire, Mme Parly a annoncé vouloir créer une « chaîne cyberdéfensive de bout en bout », bénéficiant à la fois au secteur de défense et à notre industrie dans une perspective globale. En effet, huit entreprises sur dix sont victimes de cyberattaques quand le ministère des Armées fait face à une centaine par an. La menace s’incarne chaque jour davantage et il convenait d’y répondre adéquatement. C’est le sens des capacités accrues qui seront attribuées au secteur dans les années à venir.

 

► Un tandem français pour sauver l’alliance Renault-Nissan

Ce mardi 22 janvier, le tribunal de Tokyo a rejeté une nouvelle demande de libération sous caution de Carlos Ghosn. Le PDG en titre de Renault est détenu depuis maintenant plus de deux mois, inculpé pour abus de confiance et malversations financières. Face à cette situation qui s’éternise, le conseil d’administration de Renault a informé son PDG qu’il avait l’intention de le remplacer. A l’issue de la séance d’aujourd’hui, un duo atypique devrait donc prendre les commandes du groupe : Thierry Bolloré, adjoint de Ghosn, occuperait la fonction de directeur général qu’il assurait par intérim depuis l’arrestation de son mentor, tandis que Jean-Dominique Senard quitterait la présidence de Michelin pour assurer celle du conseil d’administration de Renault. Leur mission, si toutefois ils l’acceptent : remettre sur les rails l’alliance avec Nissan et Mitsubishi. Une tâche qui s’annonce plus que délicate : depuis plusieurs années, la part des constructeurs japonais dans le chiffre d’affaire du groupe n’a cessé d’augmenter. Ambiance veillée d’armes donc, côté français, face aux revendications qui émergent au pays du Soleil-Levant.

 

► Chartres : un projet pharaonique pour un patrimoine en dérive

La commission nationale des monuments historiques a approuvé un triste projet pour la mythique ville de Chartres. La construction d’une verrière de 2,4 hectares va désormais emprisonner la célèbre cathédrale occultant par la même occasion, sa visibilité pourtant si prisée par tous les pèlerins et habitants de la Beauce. Cette verrière a pour objectif de suivre les fouilles en temps réel, permettant aux archéologues de travailler sous le regard des touristes. Mais l’incompréhension se pose pour les habitants : faut-il vraiment construire pour fouiller ensuite ? Jean-Pierre Gorges, le maire de Chartres ne peut s’opposer à ce projet, puisque la cathédrale appartient à l’Etat et non pas à la ville. Ce projet va toucher l’ensemble des 10.000 touristes et pèlerins venant se recueillir chaque année dans la cathédrale. Ce projet de 23,5 millions d’euros divise les opinions ; les Chartrains, eux, sont une majorité à avoir signé la pétition visant à annuler ce projet pharaonique.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le djihadisme a-t-il perdu sa capacité de nuisance au Sahel ?

C’est effectivement la question que l’on ne peut s’empêcher de poser, après qu’une nouvelle attaque, la plus meurtrière subie par l’ONU, a fait dix morts et une trentaine de blessés au sein de la MINUSMA dimanche dernier. Emmanuel Macron s’est voulu confiant lors de ses vœux aux armées concernant la situation au Sahel, affirmant que « les résultats sont là […] nous les avons bousculés », en parlant des terroristes d’AQMI. Pourtant, l’insécurité est loin d’avoir été endiguée : non seulement elle s’est propagée aux Niger et Burkina Faso, pays voisins du Mali, mais aussi au cœur même de ces pays, se nourrissant des conflits ethniques locaux. Le pouvoir de nuisance djihadiste ne semble pas avoir été atteint. Et les initiatives mises en place pour soutenir la gouvernance locale sont bien lentes à produire leurs effets. En témoigne la lente reprise des opérations de la force conjointe du G5, qui avait dû suspendre ses activités après le coup d’arrêt imposé par la destruction de son quartier général en juin dernier.

 

► Il faut sauver le soldat Iran

Le 8 mai 2018, le président américain, conformément à ses promesses de campagne, se retirait de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Les sanctions américaines sur le pays d’Hassan Rohani ont donc été rétablies définitivement le 4 novembre dernier, plongeant l’Iran dans un marasme économique et social. Ces sanctions prévoient notamment un embargo financier : toute transaction comportant de près ou de loin un élément américain (dollar, entité cotée à la bourse de New-York) est formellement interdite sous peine de lourdes sanctions. On se rappellera qu’en 2014, la BNP avait dû s’acquitter d’une amende de presque neuf milliards d’euros pour avoir violé cet embargo. Face à cela, l’Union européenne a tenté de se rebeller, en annonçant la mise en place d’un système de règlement des transactions qui permettrait aux entreprises européennes d’échapper à l’extraterritorialité des sanctions de l’oncle Sam. Dans la même optique, l’ambassadeur suisse à Téhéran vient d’annoncer que le pays helvétique allait créer son propre canal de paiement avec l’Iran. Malheureusement, l’écrasante majorité des multinationales européennes sont cotées à New-York, ou bien possèdent trop d’intérêts aux Etats-Unis pour prendre le risque de représailles du Department of Justice. Il est donc à craindre que malgré tous leurs efforts, ni l’Europe ni ses alliés ne parviennent à sauver le soldat Iran.

 

BONNE NOUVELLE


 

► La bonne nouvelle du jour est littéraire !

Que les lecteurs d’Astérix se réjouissent ! A l’occasion du soixantième anniversaire de la parution de la première bande dessinée « Astérix le Gaulois », les 44 planches originales vont être rééditées. Un coffret comprenant l’intégrale des planches et tapuscrits de René Goscinny et Albert Uderzo est également prévu afin de redonner vie à cette BD mythique du folklore français. Publié pour la première fois en 1959, ce n’est pas moins de 380 millions d’albums qui ont été vendus depuis, traduits dans 111 langues et dialectes. Le 38ème opus des aventures du célèbre Gaulois proposé par Didier Conrad et Jean-Yves Ferri doit d’ailleurs être publié le 24 octobre prochain !

 

 

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