BULLETIN DE REINFORMATION DU 18 JANVIER 2019

Patron d'émission - le 18 janvier 2019

Bulletin de réinformation proposé par Alix Lachouette et Grégoire Deux-Gervini

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h

 

 

GRANDS TITRES


 

► Cinq Américains ont été tués à Manbij dans un attentat revendiqué par l’EI

Hier, cinq Américains ont été tués en Syrie lors d’un attentat kamikaze, revendiqué par l’État islamique. Ce récent événement vient contredire les affirmations peut-être trop confiantes du locataire de la Maison Blanche, qui déclarait il y a presque un mois jour pour jour « avoir triomphé de Daesh. »

Que s’est-il concrètement passé ?

C’est dans un restaurant, fréquenté par les soldats américains, qu’un homme s’est fait sauter, tuant 19 civils, la plupart syriens, mais aussi deux militaires, un employé du Pentagone et un sous-traitant. L’incident a eu lieu dans la petite ville de Manbij, a plusieurs centaines de kilomètres des dernières zones de combats. On compte désormais neufs Américains morts depuis le début de la guerre en Syrie.

Quelles en sont les conséquences politiques ?

Si l’Amérique s’est émue, Donald Trump a peu de raison de changer sa politique de désengagement du conflit. En effet, Bachar el-Assad et son allié russe dominent largement le pays, et ne cachent pas leur ressentiment vis-à-vis des Occidentaux. Les Kurdes, alliés de la première heure de Washington, sont sous pression turque : Donald Trump a beau menacer Erdogan de « guerre économique », la rhétorique belliqueuse du président a peu de chance d’aboutir, les stratèges américains ayant trop peur de faire basculer définitivement Ankara dans l’alliance informelle Russie-Iran-Syrie.

La région est-elle pour autant sûre ?

Comme l’explique le site Opex360, la ville de Manbij est convoitée par la Turquie, qui ne veut plus y voir de milicien kurde. « Actuellement, elle est sous le contrôle du Conseil militaire de Manbij », une émanation des forces démocratiques syriennes, et abrite des emprises de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis. Des militaires américains y sont présents, de même que des membres des forces spéciales françaises (voire britanniques).

Fin décembre, et alors que le président Trump venait d’annoncer le retrait des militaires américains de Syrie, les forces démocratiques syriennes, y voyant un feu vert implicite à une offensive turque, ont demandé de l’aide au régime syrien. »

 

► Gilets jaunes : une pétition en ligne réclame la mise en place du référendum d’initiative citoyenne.

Revendication phare des manifestants qui prennent pour exemple leurs voisins suisses, le RIC est une invitation au dialogue avec les instances de l’État. Cette démarche a été soutenue par des dizaines de milliers de personnes depuis lundi. Traduisant un ras-le-bol de la démocratie représentative corrompue, cette initiative n’est pas sans danger puisque ses partisans demandent à s’exprimer seuls, sans députés ou multiples commissions.

La question a déjà été désamorcée par le gouvernement puisque, subtile mais bien présente, la propagande contre le référendum d’initiative citoyenne est lancée !

Oui, notons par exemple les articles de Gaspard Koening, dans les Echos ou encore Le Figaro. Gaspard Koenig, fondateur du think tank ultra-libéral Génération Libre est loin d’être neutre puisqu’il y a moins d’un an, il estimait qu’Emmanuel Macron était un « Prophète du libéralisme ». Dans ses articles, il estime que le « le RIC ouvre la voie à la démagogie et à la tyrannie de la majorité ».

Emmanuel Macron aussi a bien anticipé le virage.

D’abord, dans sa fameuse « lettre aux Français », les bons nègres d’Emmanuel Macron écrivaient en son nom, « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre. »

Et puis dans un second temps, lors de son opération de communication auprès de 600 maires normands, il a déclaré « Il faut de l’expression citoyenne mais pas sur tous les sujets. ». Dans le même temps, plusieurs élus invités sur les plateaux télé expliquaient que le RIC était dangereux, expliquant que les Français pourraient voter contre le mariage homosexuel et l’immigration. Bref, discutons mais pas de tout, et surtout laissons la décision aux élus !

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Transparence : Seuls 61 députés sur 577 seraient en règle sur leur déclaration d’intérêts

C’est la conclusion du rapport issu de la plateforme d’information sur les parlementaires français « Projet Arcadie ». Au début puis durant leur mandat, tous les députés doivent remplir une déclaration d’intérêts auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Ce document vise à prévenir les conflits d’intérêts : activités professionnelles passées ou en cours du député (ou du conjoint), actions dans une société, participation au conseil d’administration d’entreprises, activités bénévoles… La conclusion est bien alarmante : presque 90% des députés ne seraient pas en règle.

Mais cet avis n’est que véniel car en raison de la séparation des pouvoirs, la Haute autorité ne dispose pas de « pouvoir d’injonction » sur ces déclarations pour faire cesser un éventuel conflit d’intérêts. La HATVP peut seulement signaler un manquement à la justice.

 

► Le gouvernement lance un nouveau service civique.

Gabriel Attal, secrétaire d’État de la jeunesse, a annoncé mercredi que 3000 jeunes volontaires expérimenteront en juin le SCU : service civique universel.

Il durera au moins un mois. Au programme : ateliers autour des valeurs républicaines de la France, une formation aux premiers secours, sport, tests de français et apprentissage de La Marseillaise. Ces jeunes seront encadrés par des éducateurs et des militaires. Pendant la seconde partie du SCU les jeunes devront aider au sein d’associations, de collectivités locales ou d’un corps militaire. 

L’objectif pour le secrétaire d’État est que le SCU soit « un creuset républicain, de mixité sociale et territoriale ».

 

► Le projet de fusion entre Alstom et Siemens est compromis par la Commission européenne

En septembre 2017 avait été annoncée une fusion entre la société spécialiste des transports ferroviaires Alstom et la branche transports du groupe allemand Siemens. Cette fusion qui dans les faits s’apparenterait plus à un rachat du français par l’allemand sur quelques années, unirait deux des trois plus grands acteurs du marché européen. La future société Alstom-Siemens pourrait ainsi viser à jouer dans la même catégorie que le numéro un mondial CRRC, géant ferroviaire sous contrôle direct du Gouvernement chinois. Pour autant la Commission européenne a présenté ses réserves courant 2018 face à ce projet d’Airbus du rail, celui-ci risquant de nuire au reste de la concurrence européenne. Ce jeudi les deux parties ont exprimé leur incertitude face à l’avenir de cette fusion, certaines concessions demandées par l’organisme européen étant jugées impossibles.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► Le chiffre du jour est tristement de 245 millions.

C’est le nombre de chrétiens fortement persécutés d’après l’Index mondial de persécution des chrétiens.

Depuis six ans, les persécutions envers les chrétiens n’ont cessé d’augmenter. C’est ce que l’ONG Portes ouvertes explique à l’occasion de la publication de son « index » annuel. Cette organisation protestante suit la situation dans 50 pays où les chrétiens sont persécutés. Elle relève les assassinats, les églises attaquées et la discrimination quotidienne. Ce nombre de victimes représente un chrétien sur 9, selon l’organisation.

Michel Varton, directeur de Portes ouvertes a déclaré « Ce qui est frappant, c’est que l’Afrique est devenue le foyer de la violence contre les chrétiens, avec 4.165 tués ».

Malgré le manque d’informations, la Corée du Nord est aussi en tête du classement annuel. L’ONG relève que « des dizaines de milliers de chrétiens [y] sont enfermés dans des camps de travaux forcés ».

 

► Carlos Ghosn est finalement laissé tombé par tous.

Carlos Ghosn en prison depuis déjà deux mois n’est plus PDG de Renault pour très longtemps. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, lors d’un entretien sur LCI. Rappelons que l’État français est le premier actionnaire de Renault avec 15,01% du capital. Le ministre a demandé à ce qu’un conseil décide d’un nouveau dirigeant, puisque Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi. Bruno Lemaire n’a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l’alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi.

 

► Le parti AFD en Allemagne sous surveillance.

L’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) a annoncé mardi 15 janvier l’ouverture d’une enquête sur l’Alternativ für Deutschland (AfD, devenu en 2017 la principale force d’opposition au parlement avec 92 députés (sur 730). Selon le BFV, l’AFD  menacerait, « l’ordre constitutionnel libéral et démocratique », c’est-à-dire qu’il porte atteinte selon ses détracteurs aux principes de l’État de droit. Si la décision est saluée à droite comme à gauche de l’échiquier politique allemand, la réaction des intéressés ne s’est pas faite attendre : les responsables du parti ont tenu une conférence de presse juste après l’annonce, annonçant leur intention de saisir la justice. Ils dénoncent une décision prise « sous pression politique », à l’orée d’une année électorale importante.

 

► Le président Trump donne une lueur d’espoir aux employés de l’administration fédérale américaine en plein arrêt forcé

La paralysie administrative continue à battre son plein outre-Atlantique, les démocrates profitant de leur toute récente majorité à la chambre des représentants pour contrecarrer les plans du gouvernement. S’il n’y a toujours pas de signe d’une quelconque résolution de cette opposition frontale, le président a néanmoins tenu à rassurer les employés qui sont actuellement sans paie. Il a ainsi signé une mesure visant à assurer que le personnel fédéral travaillant à crédit depuis le 22 décembre recevrait l’intégralité de ce qui lui est dû dès le retour à la normale. Cette loi assez symbolique, puisqu’elle n’octroie finalement dans l’immédiat rien aux personnes concernées, apaisera tout de même sans doute l’administration fédérale, alors que M. Trump a déclaré être prêt à faire durer ce shutdown des mois s’il le fallait pour arriver à ses fins.

 

► Émeute générale au Soudan

Le nord Soudan est traversé depuis trois mois par un climat insurrectionnel initié par le triplement du prix du pain et l’augmentation dramatique du prix de l’essence et du gaz dans une économie globalement malade. Le nombre de morts est difficile à évaluer dans un pays en situation de guerre civile continue depuis la reprise des troubles au Darfour en 2003. L’opposition se caractérise néanmoins par sa virulence, les attaques systématiques contre la personne de Omar el-Béchir président de la république du Soudan depuis 1989, et l’absence de têtes pensantes clairement identifiables. La répression du Gouvernement soudanais est néanmoins tempérée par le retrait relatif des milices janjawids, supplétives du régime qui depuis de nombreuses années constituent sa protection véritable.

 

► La renaissance du Krak des chevaliers en Syrie

Dès mars 2019 le Krak des chevaliers, place forte emblématique de l’ordre des hospitaliers et symbole de l’avancé des croisés en Orient, rouvrira par ordre du régime syrien souhaitant marquer un retour à la vie d’avant guerre pour la province d’Homs et  pour le tourisme syrien. La forteresse conquise par les faction rebelles en 2012 fut libérée en 2014 avec fort heureusement peu de dégâts sur l’ouvrage dont la rénovation en vue de la réouverture fut minime. Le Krak des chevalier pourrait ainsi constituer la devanture d’une Syrie renaissante.

 

► L’éphéméride du jour : c’était un 18 janvier que naissait le second Empire allemand.

L’Empire allemand est proclamé le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Déclenchée par Napoléon III, la guerre franco-prussienne a permis au chancelier prussien Otto von Bismarck de souder les États allemands autour de la Prusse.

Suite à leur victoire commune sur la France, les représentants de ces États, y compris le roi Louis II de Bavière et les rois de Saxe et de Wurtemberg, font le sacrifice de leur indépendance.

 

La bonne nouvelle du jour est…

La dédicace de Philippe Bornet ce soir.

En effet, ce soir, vendredi 18 janvier, la Nouvelle Librairie recevra Philippe Bornet à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage « Demain la dictature » aux éditions Presses de la délivrance. Dans cet ouvrage, il analyse les conditions de mise en place et d’exercice d’une dictature en 12 étapes. Invité sur Sud Radio, l’ancien journaliste a déclaré la semaine dernière : « Je pense que si mon livre est lu par cent personnes qui comptent à Paris, dans six mois nous aurons une dictature ».

Cette séance de dédicace se déroulera de 18 à 20 heures, 11 rue de Médicis dans le 5ème arrondissement de Paris.

 

 

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