BULLETIN DE REINFORMATION DU 16 JANVIER 2019

Patron d'émission   -  le 16 janvier 2019

Bulletin de réinformation proposé par Jean Bernard avec la participation de Robert Scott, Guillemette Paris et Joséphine Rivière

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h

 

 

GRANDS TITRES


 

► Gilets jaunes : lancement du grand débat national, grand-messe macronienne

La réunion d’ouverture s’est tenue hier à Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure

C’est la première des concertations locales qui devront se succéder jusqu’à la mi-mars. Après un discours de trois heures et demie, Emmanuel Macron s’est entretenu pendant plus de quatre heures avec six cents maires des cinq départements de Normandie. L’arrêté préfectoral interdisant toute manifestation sur le territoire de la commune n’a pas empêché une centaine de Gilets jaunes sans gilets de huer le cortège et d’accueillir le président aux cris de « Macron, démission ! », avant d’être dispersés par la gendarmerie. Emmanuel Macron aura certes recueilli une ovation debout à la fin de la soirée.

Assistera-t-on à des états généraux délocalisés ?

En tout cas, ce grand débat rappelle bien ceux de 1789. Les concertations du président avec les maires ressemblent à s’y méprendre à la consultation des représentants de la nation, jusqu’au mandat impératif : leur rôle se cantonne en effet à rapporter les plaintes et les demandes de leurs administrés. Ils remettent d’ailleurs à cette occasion des cahiers déjà communément appelés « cahiers de doléances », bien qu’Emmanuel Macron refuse de les désigner par ce nom.

Ici s’arrête la ressemblance, car les citoyens pourront également exprimer individuellement leurs doléances via le site granddebat.fr… à partir du 21 janvier : cela ne s’invente pas !

Enfin, contrairement aux derniers états généraux, il y aura bien des débats locaux confiés à l’initiative des citoyens, mais sans influence sur la consultation nationale, car ils ne devraient pas entraîner la constitution de nouveaux cahiers de doléances. Les débats régionaux, dont les participants seront désignés et non pas élus, ne semblent pas devoir en produire non plus. Ce dernier volet du grand débat national ne semble guère soulever l’enthousiasme des Français, six débats seulement étant prévus à ce jour.

La présidence du grand débat national fait toujours polémique

En effet, à peine Chantal Jouanno s’est-elle démise de cette fonction, sa rémunération de 14.700 € par mois faisant scandale, que le duo nommé pour la remplacer suscite l’ire des Français. Pour animer le débat, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, se trouvera aux côtés de Sébastion Lecornu, ministre en charge des collectivités territoriales. Or ce dernier se trouve être l’ancien chef de peloton d’Alexandre Benalla, avec qui il a gardé contact jusqu’à aujourd’hui.

 

► Année 2018 : les premières statistiques sur l’immigration dévoilées – un bilan en demi-teinte

La Direction générale des étrangers en France (DGEF) du ministère de l’Intérieur a mis en place un calendrier de publication des statistiques annuelles entrant dans le champ de la migration et de la protection internationale. Ainsi, dans le respect des règles de la statistique publique, ont été diffusées le 15 janvier 2019 les données provisoires relatives à la délivrance des visas aux étrangers, aux éloignements des étrangers en situation irrégulière, à la demande d’asile et à l’acquisition de la nationalité française ainsi qu’une première estimation de l’admission au séjour.

Une hausse constatée dans plusieurs domaines

Le nombre de visas délivrés progresse de 4,3% en 2018, avec un total de 3 .571.399 visas délivrés. L’immigration familiale, qui représente la plus grande part du flux migratoire, est quasiment stable (+ 0,5 %). 82.580 premiers titres de séjour ont été délivrés à des étudiants, ce qui représente le plus haut niveau jamais atteint, après 80.339 en 2017. En 2018, 122.743 demandes d’asile y compris mineurs accompagnants ont été introduites à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, soit 22 % de plus qu’en 2017. Le nombre de demandes d’asile enregistrées au niveau des guichets uniques atteint le chiffre de 128.800. En 2018, le premier pays de provenance des primo-demandeurs d’asile est l’Afghanistan, suivi de la Guinée, de l’Albanie, de la Géorgie, de la Côte d’Ivoire et du Soudan. Le nombre de personnes s’étant vu octroyer en France une protection s’élève à 33.380 personnes en 2018 après 31 964 en 2016 (+ 4,4 %).

Une baisse dans d’autres domaines

Au total, plus de 30.000 étrangers en situation irrégulière ont quitté le territoire national en 2018 (qu’il s’agisse d’éloignements, départs volontaires et départs spontanés), soit un niveau supérieur de 22% à celui de 2016. En 2018, le nombre des acquisitions de la nationalité française par décret et par déclarations (qu’il s’agisse de mariage, ascendants de Français, frères et sœurs de Français) relevant du ministère de l’Intérieur a connu une baisse de 7,0 %. Cette évolution recouvre à la fois une diminution marquée des acquisitions par décret et une augmentation sensible du nombre d’acquisitions par naturalisation.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Le chiffre du jour

Un sondage Elabe indique que les Français approuvent les gilets jaunes à 67%, soit 7% de plus que la semaine précédente. Le second chiffre du jour : la lettre adressée par Emmanuel Macron dans le cadre du Grand débat n’aura pas seulement été relayée sur les médias, mais elle sera également envoyée à tous les Français pour un coût estimé à 10 millions d’euros.

 

► Les radars : l’Etat aux prises avec la réalité du terrain

Le centre national de traitement des amendes de Rennes tourne au ralenti. La raison ? La dégradation de nombreux radars. Selon le ministre de l’Intérieur en effet, 60% des radars auraient été dégradés depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. Selon 20 Minutes, le chiffre serait plus proche des 70%. Sachant que les radars ont rapporté un milliard d’euros à l’Etat l’an dernier, le manque à gagner se chiffre à plusieurs dizaines de millions d’euros. Sur les 300.000 clichés envoyés chaque jour, environ 160.000 seulement seraient exploitables. Le ministère de l’Intérieur aurait décidé de ne pas réparer les radars avant la fin du conflit des Gilets jaunes. Les radars ne devraient donc pas être réparés avant plusieurs mois : il sera possible d’effectuer une vraie expérimentation de leur utilité pour la sécurité routière… Or, en novembre 2018, la mortalité routière a baissé…  235 accidents corporels de moins qu’en novembre 2017 (-4,7%), 261 personnes blessées de moins (-4,2%) et 680 personnes hospitalisées de moins (-30%).

 

► La phrase du jour

Elle est signée Emmanuel Macron. Lors de son déplacement dans l’Eure pour lancer le grand débat supposé résoudre la crise des Gilets jaunes, le président de la République a affirmé :

Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent

De l’art de sortir les bonnes phrases au bon moment…

 

► Une commission du débat public embarrassante

Hier, les Français pouvaient constater que la France était le seul Etat au monde doté d’une Commission du débat public, et que celle-ci ne participerait pourtant pas à la consultation populaire qui se veut être l’une des plus importantes jamais organisées dans le pays. Hier, la presse révélait que le dernier grand débat national organisé par cette commission portait sur les questions éthiques et écologiques posées par les nano-technologies, débat qui date de septembre 2009. Résultat : les réunions physiques furent un fiasco (systématiquement empêchées de se tenir par des militants écolo), quant à la consultation Internet, elle permit de récupérer… à peine 75 contributions.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► L’accord sur le Brexit massivement rejeté

C’est un véritable camouflet qu’a infligé hier le Parlement britannique à Theresa May. L’accord sur le Brexit a en effet été rejeté par une très large majorité : 432 voix contre et 202 voix pour. 

Le vote pose la question de l’avenir de Theresa May à la tête du Gouvernement britannique ainsi que celle de l’issue du Brexit, alors que la perspective d’un retrait sans accord se profile désormais à l’horizon. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays détenait la présidence tournante du Conseil, a d’ores et déjà balayé du revers de la main toute éventualité d’un nouvel accord avec le Royaume-Uni. Quant au président du Conseil européen, Donald Tusk, il a pour sa part considéré comme l’issue la plus souhaitable le maintien du pays au sein de l’Union.

 

► Pas de quartier pour Cesare Battisti

“Désormais, je sais que je vais en prison.” aurait confié le terroriste italien, en cavale depuis quarante ans, aux policiers qui l’ont paradé hier sur le tarmac d’un des aéroports de Rome. Condamné par contumace pour quatre meurtres (dont deux commis directement), Cesare Battisti a rejoint hier ce qui sera vraisemblablement sa dernière demeure, la prison sarde d’Oristano. Il sera placé pendant au moins six mois en quartier d’isolement. Un habile tour de passe-passe aura d’ailleurs permis à l’Italie de ne rien épargner à son fugitif le plus médiatique :  Alors que Battisti était censé transiter par le Brésil, le Premier ministre italien et fin juriste Giuseppe Conte aura obtenu son transfert direct depuis la Bolivie. En cause : la législation brésilienne prohibant en principe l’extradition de condamnés à la perpétuité incompressible, ce qui aurait contraint l’Italie à s’engager à une remise de peine. L’Italie s’est souvent illustrée par son régime carcéral sans concession, notamment la perpétuité et l’isolement total imposés aux dirigeants de la mafia.

 

► L’AfD, bientôt sous surveillance ?

Les services de renseignement allemands menaceraient de placer l’AfD sous surveillance du fait notamment des discours qualifiés d’extrémistes de certains de ses membres et après enquête pour tenter d’établir les liens éventuels de membres de l’AfD, une formation représentée au Bundestag depuis 2017, avec des groupes radicaux. Selon Thomas Haldenwang, président de l’Office fédéral de protection de la constitution, les services de renseignement disposeraient de « premières indications concrètes d’une politique de l’AfD dirigée contre les fondements démocratiques » de l’Allemagne. Selon la presse allemande, si ces éléments sont insuffisants à l’heure actuelle pour déclencher le processus de surveillance, il est néanmoins bon de rappeler qu’un placement officiel sous surveillance donnerait des pouvoirs accrus aux services chargés du renseignement intérieur, notamment la possibilité d’espionner les télécommunications des membres de l’AfD, de stocker des données personnelles, de recruter des informateurs et d’utiliser des agents infiltrés.

 

► Donald Trump trolle les démocrates en faisant livrer du fast-food à une réception de la Maison Blanche

L’opposition entre républicains et démocrates au sujet du financement de la construction d’un mur-frontière entre les Etats-Unis et le Mexique paralyse le vote du budget par le Congrès depuis plus de trois semaines. La procédure normale de shutdown, enclenchée le 22 décembre, gèle les finances fédérales américaines, avec pour conséquence la mise en congé sans solde de près de 800.000 employés fédéraux. Le sort de ces derniers est utilisé par les deux camps pour faire pression sur l’adversaire, et les démocrates ont récemment encouru de vives critiques : il est apparu, en effet, qu’une trentaine de représentants, accompagnés de leurs familles, avait bénéficié de vacances tous frais payés sur les plages de Puerto Rico en compagnie de lobbyistes le week-end dernier. Sûr de ravir une partie de son électorat qui se délecte de ses coups d’éclat, Donald Trump a donc choisi de manifester le comble de l’austérité en faisant servir hier à l’équipe victorieuse du championnat de football américain, dans la luxueuse vaisselle de la Maison Blanche, un buffet de McDo et de Pizza Hut offert sur ses deniers personnels.

 

► La bonne nouvelle du jour…

L’argent de la fontaine de Trévi reviendra à la Mairie de Rome.

Les 1,5 millions d’euros récoltés chaque année dans la fontaine de Trévi (où une coutume veut que l’on jette une pièce) reviendront désormais à la ville de Rome et non plus à une association catholique Caritas. L’Église catholique grince des dents, c’est en tout cas une véritable bouffée d’oxygène pour le financement public du patrimoine italien. La rénovation de la fontaine de Trevi n’avait par le passé trouvé qu’à grand peine les financements nécessaires, posant avec acuité la pertinence de l’utilisation de ce petit pactole. Plus avant, c’est l’entretien du patrimoine italien qui revient sur le devant de la scène. Doté du plus grand nombre de sites classés par l’UNESCO, le pays peine à en assurer les onéreuses rénovations, menaçant la pérennité de certains lieux emblématiques comme Pompéi.

 

 

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