BULLETIN DE REINFORMATION DU 11 JANVIER 2019

Patron d'émission   -  le 11 janvier 2019

Bulletin de réinformation proposé par Henri Dubost et Catherine Noailles

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00

 

 

Catherine Noailles et Henri Dubost présentent à tous nos auditeurs leurs meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2019 !

ÉPHÉMÉRIDE

A partir de 1931 et l’avènement de la 2ème République, l’Espagne sombre dans une situation pré-insurrectionnelle. Fondée en février 1933, la Confédération espagnole des droites autonomes (CEDA) qui regroupait un large éventail du spectre politique de la droite espagnole, remporte l’année même de sa création les élections législatives contre le gouvernement républicain. La gauche, qui refuse le résultat de ces élections, se lance alors dans des menées factieuses de plus en plus meurtrières. En décembre 1933, la Confédération Nationale du Travail, une organisation anarcho-syndicaliste, déclenche une insurrection sanglante à Saragosse. Au coude à coude avec la Ligue de la jeunesse de la CEDA, la Phalange, une organisation politique nationaliste fondée en octobre 1933 par José Antonio Primo de Rivera, affrontera la gauche et l’extrême-gauche dans tout le pays. Le 11 janvier 1934, il y a donc aujourd’hui 85 ans, Francisco de Paula Saimpol, l’un des principaux dirigeants phalangistes de l’époque, est abattu par les communistes en pleine rue, à Alcala, une ville de la communauté de Madrid. Francisco de Paula Saimpol, présent !

 

GRAND TITRE


 

► RN/LFI : un scénario à l’italienne est-il possible en France ?

Le sondage IFOP Paris-Match en date du 8 janvier dernier donne le Rassemblement national en tête de tous les partis

Porté par le mouvement des Gilets jaunes, le parti présidé par Marine Le Pen se positionne ainsi comme le premier parti d’opposition au système Macron. Sur les derniers mois, la progression est spectaculaire : de septembre 2018 à janvier 2019, le RN passe en effet de 22 à 35% de soutien dans l’opinion publique, alors que dans le même temps, la France Insoumise s’effondre de 42 à 30%. Explication : d’un côté, le grand-guignolesque épisode des perquisitions de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions dans les locaux de la France Insoumise ; et de l’autre, le subtil jeu d’intelligence politique de Marine Le Pen lors des diverses « actes » de la crise des Gilets jaunes, à l’opposé des gros sabots mélenchoniens.

Forte de sa position dominante, Marine Le Pen semble davantage capable de mettre en œuvre une stratégie de convergence que ne pouvait l’être un Jean-Luc Mélenchon

Ce dernier est de plus en plus fragilisé au sein même de son parti. Fin novembre, le comité électoral de LFI décidait ainsi de renvoyer de la liste des européennes deux « orateurs nationaux» du mouvement : Djordje Kuzmanovic et François Cocq. De son côté, dans Valeurs actuelles de ce mercredi, la présidente du Rassemblement national a souverainement estimé qu’à l’occasion de la crise des Gilets jaunes, « certaines convergences » étaient apparues entre son parti et celui de Jean-Luc Mélenchon : l’Europe, les traités de libre-échange, l’euro, les retraites, la renationalisation des autoroutes, le protectionnisme, etc. Une ligne rouge rédhibitoire cependant : l’immigration. Pour Marine Le Pen, « Jean-Luc Mélenchon n’a pas le courage d’effectuer la rupture politique qui serait nécessaire […] La tentation de rompre avec cette idéologie immigrationniste ultraradicale lui a traversé l’esprit, mais il est coincé » ironise la présidente du RN, qui brocarde les « gauchistes, communautaristes et indigénistes » qui constituent, selon elle, l’ossature du mélenchonisme en acte. De fait, le 18 novembre dernier, à l’occasion d’un déplacement à Épinay-sur-Seine, Jean-Luc Mélenchon a déclaré, « Je sais quelles sont les populations qui sont là dans ces quartiers. Eh bien moi je veux les nommer. Je n’ai pas peur, je n’ai pas honte de le dire. Ceux que vous voyez là, c’est la nouvelle France ».

Une profession de foi qui rend illusoire tout scénario à l’italienne, Lega/5*, entre RN et LFI…

Compte tenu du logiciel profondément cosmopolite de M. Mélenchon, autant promouvoir le mariage de la carpe et du lapin. Mais Mélenchon n’est pas éternel et sa stratégie Terra Nova a montré ses limites : la conscience politique et la capacité d’auto-organisation dont font preuve les Gilets jaunes est sans commune mesure avec celles dont semblent être capables les « quartiers populaires ». La politique de la main tendue de Marine Le Pen avec la gauche semble néanmoins vouée à l’échec. Le RN est condamné à siphonner les Républicains…

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Thierry Mariani quitte Les Républicains et rejoint la liste du Rassemblement national pour les européennes. “Le premier d’une longue série”, assure Jean-Lin Lacapelle

Thierry Mariani a officialisé mardi dernier son départ des Républicains et son adhésion au Rassemblement national, dans le cadre des élections européennes de mai prochain. « On rejoint la liste du RN avec Jean-Paul Garraud [également ancien député LR] parce qu’aujourd’hui, c’est celle qui correspond à nos convictions pour changer l’Europe », a déclaré l’ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy. « M. Mariani n’est que le premier d’une longue série », a assuré mercredi Jean-Lin Lacapelle, délégué national du Rassemblement national. « Marine Le Pen, en voulant refondre le mouvement et en le baptisant le Rassemblement national, avait pour objectif d’élargir le cercle de notre grande famille politique », a précisé M. Lacapelle. « Le 13 janvier prochain, lors de notre convention européenne, Marine Le Pen présentera les 12 premiers colistiers et il y aura de nouvelles surprises, d’autres candidatures d’ouverture qui viendront renforcer notre projet et notre équipe », a-t-il ajouté. Pour Jean-Lin Lacapelle, Thierry Mariani se rallie au RN avec la volonté de « changer l’Union européenne de l’intérieur (…) avec nos alliés d’Italie, d’Autriche, de Hongrie, des pays du Nord ».

 

► Notre chiffre du jour : 14.700 euros brut mensuels

C’était la rémunération prévue pour la prestation de Chantal Jouanno à la tête de la Commission du débat national, avant la révélation sur les réseaux sociaux de ce chiffre proprement extravagant. Face au scandale, Mme Jouanno a annoncé mardi dernier qu’elle quittait le débat national, tout en restant présidente de la Commission, précisant : « Je remets mon niveau de rémunération entre les mains du président et du gouvernement », ajoutant : « Je pense que c’est important que les gens disent en quoi ça les choque ». Une position que même un Benjamin Griveaux a du mal à saisir. Ce dernier vient de demander à l’intéressée de démissionner totalement pour clarifier la situation.

 

► Pour Marlène Schiappa, l’Italie de Salvini serait derrière les Gilets jaunes…

Hier au micro de France-Inter , la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes est revenue sur ses déclarations polémiques concernant la cagnotte Leetchi en soutien au boxeur Christophe Dettinger. « Je ne demande pas un tableur Excel avec les noms des donateurs de la cagnotte Leetchi », a-telle précisé, « ça ne me concerne en rien. La question que j’ai posée c’est : qui finance les casseurs ? Des puissances étrangères ? ». Et Marlène Nunuche (c’est la signification de « Schiappa » en italien) d’ajouter : « La question n’est pas incongrue, eu égard aux positions de responsables italiens. ».

 

► L’usine Bic Ecriture 2000 de Vannes, qui produit actuellement 100 millions de stylos chaque année, va délocaliser 80% de sa production en Tunisie.

Cette délocalisation – alors même que l’entreprise est largement bénéficiaire – a provoqué la colère des 38 salariés de l’entreprise, lesquels ont entamé un mouvement de grève illimitée. En 2018, Bic Ecriture a versé 161 millions d’euros à ses actionnaires. La production devrait être redéployée à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) pour la marque iconique 4 couleurs, et à Bizerte en Tunisie pour les stylos Atlantis et Velocity. Le groupe Bic a par ailleurs annoncé la vente de sa filiale Bic Sport, pionnier de l’industrie de la planche à voile, au groupe estonien Tahe Outdoors, l’un des principaux fabricants européens de kayaks, canoës et kite-surf.

 

► Notre deuxième chiffre du jour : c’est 12.000

C’est le nombre d’habitants que Paris va de nouveau perdre cette année. En cause, selon Serge Federbusch, président de l’association Aimer Paris, la politique d’achats immobiliers massifs de la mairie socialiste. Ces opérations, réalisées à des fins purement clientélistes, attise la crise immobilière et rendent la vie impossible aux classes moyennes et aux familles, lesquelles désertent en masse la capitale. En cause également, observe M. Federbusch, des transports en commun sinistrés, une circulation automobile volontairement entravée, avec à la clé une explosion de la pollution de l’air, sans parler de l’insécurité, de la saleté et des problèmes sanitaires liés à une politique immigrationniste irresponsable.

 

► Le A entouré d’un cercle est-il un symbole d’extrême droite ?

C’est ce que le sociologue Michel Wieviorka a affirmé lundi dernier sur Canal+, reconnaissant le lendemain dans un tweet qu’il s’agissait plutôt d’un symbole anarchiste.

 

BRÈVE DU MONDE


 

► Les embarras de Manuel Valls

Le 2 décembre dernier, Vox provoquait un séisme politique en Espagne, en devenant le premier parti d’extrême droite à entrer dans un parlement régional, celui de l’Andalousie, depuis la disparition de Francisco Franco en 1975. Afin de pouvoir gouverner la région, le parti de la droite libérale Ciudadanos a dû conclure avec Vox un accord de partage du pouvoir. Un accord hautement problématique pour Manuel Valls, lequel brigue la mairie de Barcelone avec l’appui de Ciudadanos, dont il partage les vues économiques et anti-indépendantistes. Pour l’ancien Premier ministre français, le choix est proprement cornélien : ou bien dénoncer son alliance avec Ciudadanos, avec la certitude de perdre les élections sans cet appui de poids, ou bien accepter que son allié libéral fraye avec la bête immonde en Andalousie. Il semble qu’il y ait des accommodements avec le ciel, puisque M. Valls déclarait récemment dans le quotidien El Pais : « Le programme gouvernemental conclu en Andalousie porte la marque progressiste de Ciudadanos et n’a rien à voir avec les propositions de Vox ». On respire…

 


 

La bonne nouvelle du jour

Notre équipe d’hier vous en a parlé : Tintin est nonagénaire ! Signalons que son créateur, Hergé, était un proche de Léon Degrelle, lequel fonda en 1930 le mouvement Rex, un mouvement politique d’extrême droite, nationaliste et antibolchévique. Le visage rond surmonté d’une houppe du héros de Hergé est la copie conforme de celui du jeune Degrelle.

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