BULLETIN DE REINFORMATION DU 29 NOVEMBRE 2018

Patron d'émission   -  le 29 novembre 2018

Bulletin de réinformation proposé par Julien d’Estrago et Brieuc Chevalier

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.

 

 

GRANDS TITRES


 

► La réforme de la justice pénale des mineurs

Madame Belloubet, ministre de la Justice, a obtenu du Parlement vendredi dernier l’autorisation de réformer par voie d’ordonnance la justice pénale des mineurs. C’est qu’au gré des multiples réformes pénales, l’ordonnance de 1945 fondant notre système judiciaire de prise en charge de l’enfance délinquante, est devenue un mille-feuille difficilement lisible. Si la nécessité d’une réforme fait consensus, le projet porté par le gouvernement est pourtant largement critiqué.

Qu’est-il reproché à cette réforme sur le fond ?

Aujourd’hui, le véritable talon d’Achille de notre système de protection judiciaire de la jeunesse réside dans un manque de moyens cruel. C’est le sens de l’appel au secours lancé par les juges pour enfants du tribunal de Bobigny début novembre, déplorant n’être plus que « les juges de mesures fictives ». Message relayé par près de 200 magistrats spécialisés en début de semaine, en réaction au vote du Parlement : « Il ne sert à rien (…) de réformer l’ordonnance du 2 février 1945 sur l’enfance délinquante si les moyens éducatifs en structures et en personnels permettant la mise en œuvre de ces mesures ne sont pas à la hauteur des ambitions proclamées. »

Et sur la forme ?

En légiférant par ordonnance, c’est la possibilité d’un débat contradictoire de fond qui est évincée. Si dans le cadre général de la réforme de la justice, les députés de la majorité prévoyaient bien d’apporter quelques amendements à l’ordonnance, Madame Avia, co-rapporteur, avait clairement assuré quelques semaines plus tôt, que la justice pénale des mineurs était un sujet trop grave, méritant « d’être traité à part, de manière raisonnée et mesurée ». Effectivement une mission parlementaire devait rendre début décembre son rapport sur le sujet, étudié avec toutes les garanties de consultation pluridisciplinaire possibles depuis plusieurs mois déjà. Députés et professionnels dénoncent là un « coup de force » du gouvernement.

 

► Une escalade militaire en vue suite à l’incident du détroit de Kertch

Deux nouvelles conflictuelles sont parues en même temps : selon RT, « Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales » tandis que selon le Figaro, c’est la Russie qui est responsable de s’être « emparée des trois navires ukrainiens ». La tension est à son maximum depuis que la Cour constitutionnelle ukrainienne a accepté l’obtention finale de son adhésion à l’OTAN ; vivement soutenu par la Grande-Bretagne qui déploie ses navires dans le secteur afin de marquer la liberté de navigation malgré les tensions entre Russie et Ukraine dans cette mer d’Azov.

Des voies maritimes stratégiques

L’incident s’étant produit proche du détroit de Kertch liant la mer Noire et la mer d’Azov devient un réel enjeu stratégique puisqu’il relie la Crimée orientale à la région russe depuis mai 2018. Cet incident pourrait ainsi mener vers un conflit armée puisque depuis l’événement les forces armées ukrainiennes, en consultation avec l’OTAN, ont été placées en état d’alerte de combat. De son coté, Moscou a demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

Un incident qui semble avoir été planifié par les Etats-Unis et Israël

Effectivement on peut se rappeler que les Etats-Unis et Israël avaient planifié ensemble le coup d’État de Kiev en 2014. Or les jours précédent l’incident de Kertch, des avions de reconnaissance de ces deux pays ont été localisés dans la zone. Par ailleurs, les Etats-Unis poussent l’Ukraine afin de susciter une réaction militaire de la Russie et leur offrir l’occasion de frapper les Russes dans la péninsule de Crimée. Ici, lors du repérage effectué par les avions américains, les Russes à qui appartient ce pont de Kertch ont évité le bombardement toutefois prévu lors d’un repérage par avion militaire ennemi non déclaré. Une fois encore, c’est la modération de la Russie qui a limité l’escalade potentielle et ainsi annulé intervention des Etats-Unis en Occident.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► L’innovation en matière de Défense

Le premier Forum de l’Innovation de Défense a pris fin ce week-end. Plasma en poudre ou cape d’invisibilité, jambe bionique ou hoverboard volant, l’Armée française y a présenté plus de 160 projets destinés à être adoptés dans les prochaines années.
Avec ce forum, la France concrétise son ambition dans le domaine de l’innovation technique et scientifique appliquée aux armées. En septembre elle se dotait d’une Agence de l’Innovation de Défense, pourvue d’un budget annuel d’un milliard d’euros, capable de rivaliser avec l’Agence de projet de recherche avancée de défense de nos alliés américains. « Je veux que demain tous les entrepreneurs et les ingénieurs français, européens et pourquoi pas plus loin sachent que la France leur tend les bras » affirmait Madame Parly, ministre des Armées cet été. Les partenariats restent à créer, l’architecture locale à se mettre en place, mais il semblerait que sa volonté se matérialise.

 

► Le grand projet d’Institut de la Francophonie au château de Villers-Cotterêts entre en réalisation !

En hommage à l’ordonnance sur l’état-civil et la langue française promulguée en 1539 par François 1er, les associations Avenir de la langue française et Forum francophone international on entreprit depuis novembre 2001 de fonder un Institut de la Francophonie au château de même de Villers-Cotterêts. Salué par le couple présidentiel en février 2017, le projet a été adopté officiellement en septembre 2017 et sa réalisation confiée au ministère de la Culture et particulièrement à M. Philippe Belavel directeur du Centre des Monuments nationaux.

Le 19 octobre 2018, M. Édouard Philippe a proposé le projet concret « d’assurer la rénovation phase du château de Villers-Cotterêts en vu de l’implantation d’un nouveau centre de la Francophonie » et de « développer les partenariats à l’international ». Projet qui pourra être concrétisé grâce à l’affectation des crédits 2019.

 

► Le chiffre du jour : 67 kilos…

C’est le nombre de déchets alimentaires produit par Français chaque année ; contre 97 kilos aux Etats-Unis, 87 en Belgique et 78 au Canada. Cette étude menée par la Thomson Reuters Foundation place la France en tête du classement des pays à l’alimentation la plus durable. En effet, grâce à des mesures politiques tournées vers la réduction du gaspillage, la promotion d’une alimentation saine et d’une agriculture responsable la France arrive en tête du classement mondial. La France fait ainsi figure d’avant-gardiste dans le domaine de lutte contre le gaspillage alimentaire, en partie grâce aux nombreuses initiatives caritatives renforcée depuis 2016.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► La mort d’un chef djihadiste au Mali suite à une opération française

L’armée malienne a confirmé samedi la mort du chef djihadiste Amadou Koufa, tué à l’occasion d’une opération « d’ampleur, complexe et audacieuse » des troupes françaises (CEMA général Lecointre). Chef de file d’un groupe djihadiste particulièrement virulent au centre du Mali, rattaché par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) à la nébuleuse islamiste d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), il avait dernièrement appelé toutes les populations peules à rejoindre le djihad.
Sa mort ne peut qu’être saluée ; mais ne signe pourtant pas le retour de la paix dans la région. D’abord parce qu’on peut s’attendre à des représailles de la part du GSIM. Ensuite parce que la guerre au centre du pays n’est que la suite de celle menée au nord. Enfin car seul le retour de l’autorité étatique pourra mettre un terme aux conflits intercommunautaires dont se nourrit le djihadisme local.

 

► Syrie : attaque chimique sur Alep en provenance de la zone rebelle d’Idblib

Les gouvernements occidentaux restent tous silencieux depuis l’attaque chimique d’Alep ce 24 novembre sans émettre la moindre condamnation. Le pouvoir syrien a immédiatement accusé les groupes terroristes d’Idbib bien que de nombreux groupes rebelles et terroristes récusent leurs accusations. Cette accusation ne serait finalement qu’un prétexte pour attaquer cette zone rebelle ayant déjà échappé de justesse à une offensive du régime grâce à l’accord de la « zone démilitarisée » mis en place en octobre après un retrait du secteur des djihadistes qui sont finalement restés sur place. La seconde raison du silence occidental est russe. En effet, convaincue du coupable, la Russie a immédiatement bombardé la position, empêchant alors l’Occident de réagir. Invitée à la demande de Damas en 2015, la Russie n’attend désormais plus les ordres politiques et militaires de la part des Occidentaux qu’elle trouve encore trop absent de ces régions de conflit.

 

► Rome ne souhaite pas non plus signer le pacte de l’ONU sur les migrants.

L’ambitieux pacte de l’ONU sur les migrations qui doit être officiellement signé par les États membres les 10 et 11 décembre prochain à Marrakech est de moins en moins populaire. Le chef du Gouvernement italien Guiseppe Conte a déclaré hier que l’Italie ne signerait pas un tel pacte et que la décision de son éventuelle adhésion serait soumise au Parlement.

Comme l’Italie, la Suisse a indiqué il y a quelques jours également son report de décision sur le sujet, faisant face à une forte opposition parlementaire. Ces deux pays voisins ne font que suivre l’exemple des Etats-Unis ou encore de la Hongrie ayant qualifié cet accord de « dangereux » et « incompatible » avec leurs politiques migratoires internes. L’Autriche, la République Tchèque, la Bulgarie et la Pologne ont aussi immédiatement pris de la distance vis-à-vis de ce pacte. En Belgique et en Allemagne, des formations politiques majeures y sont fermement opposées et compliquent la tâche aux gouvernement qui y sont plutôt favorables.

Présenté comme non-contraignant et mettant en place une politique très favorable aux migrations, il semblerait que le pacte n’obtiendrait pas l’effet escompté chez les membres de l’ONU.

 


 

ÉPHÉMÉRIDE DU JOUR

Le 29 novembre 1226 a eu lieu le sacre de Louis IX en la cathédrale de Reims. Son père, le roi Louis VIII ayant rendu son dernier souffle le 8 novembre, ce fut Blanche de Castille qui assura la régence et détermina a faire sacrer son fils Louis IX et futur Saint-Louis, le premier dimanche « des Avents ». Car il est à noter que la transmission du pouvoir à l’époque capétienne n’était pas obligatoirement héréditaire. Cette transmission du pouvoir ne fut ainsi rendue possible en d’aussi bonnes conditions uniquement grâce à la fermeté et le courage de Blanche de Castille. Dès le lendemain du couronnement, Louis IX se rendit en pèlerinage et visita les malades à Saint-Rémy. Son règne a duré jusqu’en 1270 où il mourut lors de sa deuxième croisade. Aujourd’hui encore, le roi Saint-Louis demeure le plus célèbre des rois capétiens par son image d’un roi réformateur et pieux.

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