BULLETIN DE REINFORMATION DU 23 OCTOBRE 2018

Patron d'émission   -  le 23 octobre 2018

Bulletin de réinformation proposé par Philippe Brisebois et Pierre Gauloise.

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.

 

 

GRANDS TITRES


 

► Les Etats-Unis se retirent d’un traité sur les armes nucléaires

 

Donald Trump a annoncé samedi 20 octobre dernier que les Etats-Unis allaient se retirer d’un traité sur les armes nucléaires signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Pour appuyer cette décision, le président étasunien a accusé Moscou de violer ce traité « depuis de nombreuses années ».

De quel traité s’agit-il ?

Il s’agit de l’Intermediate-range nuclear forces treaty, ou INF, qui se traduit en français par « traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire ». Ce traité INF avait été signé en 1987 entre les Etats-Unis et l’URSS pour mettre fin à la crise déclenchée dans les années 80 par le déploiement de SS-20 soviétiques ciblant les capitales occidentales. Le traité INF abolissait donc l’usage de toute une batterie de missiles ayant une portée variant de 500 à 5500 km.

Pourquoi les Etats-Unis se retirent-ils de ce traité ?

Selon l’administration étasunienne, Moscou aurait déployé son système de missiles 9M729 qui aurait une portée supérieure à 500 km, violant ainsi le traité INF. Donald Trump a donc déclaré que « La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes. (…) Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés. ».

Dans quel contexte intervient ce retrait ?

Tout d’abord, la Russie a réagi en accusant Washington d’avoir « délibérément sapé cet accord », avant d’ajouter « Cette décision entre dans le cadre de la politique américaine de retrait des accords internationaux légaux qui lui donnent autant de responsabilité qu’à ses partenaires et fragilise donc l’idée de sa propre exception. ». Du côté des Etats-Unis, cette nouvelle décision intervient avant la visite de John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, à Moscou où il devait notamment rencontrer Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères. Sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections étasuniennes, qu’il s’agisse des présidentielles de 2016 ou des élections de mi-mandat de novembre prochain, cette décision ne va pas réchauffer les relations entre Washington et Moscou, malgré les promesses de campagne du Président Trump.

 

► Les professeurs dénoncent sur Twitter l’abandon de leur hiérarchie face aux violences

Depuis la fin de la semaine dernière, de nombreux enseignants décrivent sur le réseau social Twitter les violences qu’ils subissent régulièrement dans l’exercice de leur métier ainsi que l’abandon de leur hiérarchie.

Comment est né cet élan de protestations du corps enseignant ?

Le mot-dièse #Pasdevague a été relayé par plusieurs centaines de professeurs souhaitant dénoncer le manque de soutien de leur hiérarchie lorsqu’ils subissent des violences de la part des élèves ou de leurs proches.

Le mouvement a pris de l’ampleur suite à la diffusion la semaine dernière d’une vidéo d’un lycéen braquant un professeur à l’aide d’une réplique d’arme à feu. La scène, surréaliste, se déroulant dans un lycée de Créteil, avait provoqué la réaction de l’ensemble de la classe politique.

Ces témoignages seraient révélateurs d’une véritable « politique de l’autruche » pratiquée dans certains établissements ?

Tout à fait, ces protestations condamnent l’omerta entretenue par l’institution scolaire et les chefs d’établissement face à la dégradation des conditions d’enseignement et à l’augmentation des violences en milieu scolaire.

Les élèves responsables de ces violences seraient « rarement renvoyés ». De plus, les directions reprocheraient aux professeurs d’être « trop susceptibles » ou de « prendre les choses trop à cœur ».

Les enseignants dénoncent aussi l’inutilité des conseils de disciplines. Ceux-ci, lorsque les établissements ne parviennent pas à les éviter, ne mèneraient que trop rarement à des exclusions qui seraient pourtant largement méritées selon eux.

Le comportement des proches des élèves fait aussi l’objet de ces témoignages. Ces derniers seraient nombreux à s’offusquer des sanctions et à faire pression parfois violemment sur les équipes pédagogiques.

Comment a réagi le gouvernement face à cette nouvelle vague de protestations ?

Interrogé sur BFM TV le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a assuré : « Je sais bien qu’il y a des réalités qui sont parfois masquées dans la vie quotidienne de nos élèves ou de nos professeurs. Il est tout à fait normal qu’elles s’expriment. Ça ne me gêne pas qu’aujourd’hui des gens disent ce qui leur arrive sur le terrain. On se plaint suffisamment des effets négatifs des réseaux sociaux, pour ne pas se plaindre quand les réseaux sociaux permettent justement de prendre conscience d’un phénomène ».

 

BRÈVES DE FRANCE


 

► Le professeur Robert Faurisson est décédé dimanche

Le professeur Robert Faurisson est décédé d’une crise cardiaque dimanche soir alors qu’il revenait de sa ville natale de Shepperton, dans le Surrey au Royaume-Uni. Il allait avoir 90 ans et se dirigeait vers un énième procès. Car, en effet, sa vie fût marquée par les procès. Le dernier en date, intenté par la LICRA de Strasbourg, pour ses déclarations sur le camp du Struthof-Natzweiler s’était déroulé le jeudi 20 septembre dernier. Il était devenu « le pape » du révisionnisme historique.

 

► Pas de défilé militaire pour le centenaire de l’Armistice.

Emmanuel Macron a annoncé que la commémoration de la fin de la première guerre mondiale se ferait sans défilé militaire. L’état-major des armées avait en effet demandé un double hommage : celui des Poilus et donc de la population française qui s’est massivement engagée dans cette guerre et celui des maréchaux au nombre de 7 qui ont dirigé les opérations et ont mené la France à la victoire. Mais dans ces maréchaux figure le Maréchal Pétain, et bien qu’ayant joué un grand rôle dans cette guerre notamment lors de la célèbre bataille de Verdun, le président sans doute hanté par l’histoire conflictuelle de la seconde guerre mondiale a préféré botter en touche plutôt que d’affronter de possibles polémiques.

 

► Un procédé juridique inédit pour la fermeture du site “Démocratie participative”

Les opérateurs télécoms ont fait l’objet ce lundi 22 octobre d’une procédure en référé inédite en France. Le procureur de la République de Paris souhaite ainsi obtenir le blocage du site « Démocratie Participative » qui est la cible depuis juin 2017 de nombreuses plaintes et signalements pour la violence de certaines de ses publications. Le procureur demande ainsi au juge des référés de constater le trouble manifestement illicite, causé selon lui par le site, et d’ordonner aux fournisseurs d’accès internet d’en bloquer l’accès dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard à compter de la date d’expiration de ce délai. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, cette procédure a été mise en œuvre alors qu’« aucune poursuite pénale n’a été rendue possible » pour le moment dans ce dossier.

 

► Nouveau revers pour la maire de Paris au sujet de la piétonnisation des voies sur berge

Le tribunal administratif de Paris a confirmé en appel l’annulation de l’arrêté pris par madame Hidalgo en 2016 qui avait conduit à l’arrêt de toute circulation automobile sur les berges parisiennes. Il est notamment reproché au Conseil de Paris d’avoir occulté une partie des impacts de cette décision pour ne se focaliser que sur les points favorables à celle-ci. Ainsi, l’étude de l’impact de ce projet sur la pollution atmosphérique n’avait été faite que sur l’entourage immédiat de ces voies sur berge. Était donc occulté tout le reste de la métropole, dans lequel les embouteillages ont considérablement augmenté suite à cette décision, entraînant une pollution accrue notamment dans l’Est de la capitale.

 

► Le chiffre du jour est un pourcentage, 25%  

Selon une étude épidémiologique française publiée ce lundi, les consommateurs d’aliments issus de l’agriculture biologique diminuent leur risque de cancer de 25% par rapport à ceux n’en consomment pas. C’est ce qui ressort de 7 ans de suivi de 70000 personnes effectués par deux membres de l’Institut National de la Recherche Agronomique. Cette analyse émet par ailleurs prudemment l’hypothèse que les résidus de pesticides présents dans l’alimentation classique en soient la cause. Le fait que les cancers dont les risques sont les plus réduits par l’alimentation biologique soient également ceux associés aux expositions des agriculteurs aux pesticides semble aller dans ce sens.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

► La phrase du jour nous vient du Brésil.

Ce lundi au Brésil une importante manifestation de soutien à Jair Bolsonaro a eu lieu à Sao Paulo en prévision du vote du second tour des présidentielles prévu dimanche prochain. Une des manifestantes interrogée par France 24 explique « Nous sommes venues ici parce que nous voulons un Brésil meilleur, sans personnes corrompues. » Un autre ajoute « On est dans la rue parce qu’on souhaite du changement ! On ne veut plus jamais de la gauche, car c’est elle qui a coulé le pays !» La population brésilienne s’exprimera donc dimanche à ce sujet.

 

► L’Italie tient bon face à l’Union Européenne au sujet de son budget.

L’annonce des prévisions de budget du gouvernement italien fin septembre avait soulevé des critiques de la Commission européenne.  En effet étaient prévus un déficit et une dette publique jugés par Bruxelles hors des clous européens. Cela permettrait ainsi au gouvernement italien d’augmenter les dépenses publiques, ce qui augmenterait ainsi la croissance du pays. La coalition au pouvoir en Italie a ce lundi confirmé les chiffres annoncés, s’engageant à les respecter scrupuleusement. En contrepartie, les chefs des partis de la coalition ont réaffirmé l’engagement de l’Italie dans l’Union Européenne, excluant tout départ de celle-ci.

 

► Le président américain prend position contre le convoi d’immigrés se dirigeant vers son pays

Depuis quelques jours plusieurs milliers de personnes en provenance d’Amérique centrale ont formé un convoi se dirigeant vers les États-Unis. En provenance en majorité du Honduras, ce  flot de clandestins a déjà passé illégalement la frontière du Mexique. Tout comme dans le cas de l’immigration massive subie par l’Europe, ces clandestins sont soutenus par de nombreuses ONG. Celles-ci ont appelé le gouvernement américain à leur délivrer un visa humanitaire. Alors que les élections de mi-mandat approchent, la réaction du président américain ne s’est pas faite attendre face à cette très médiatisée caravane. Il a ainsi annoncé une réduction de l’aide américaine pour les pays d’Amérique centrale dont sont originaires la majorité de ces immigrés. Il a également interpellé le Mexique sur l’inefficacité de ses forces de l’ordre à stopper ce convoi, partie émergée du demi-million annuel de personnes qui traversent illégalement la frontière sud du Mexique pour tenter de remonter vers les États-Unis.

 

► Le nombre de blessés graves par arme blanche en forte hausse aux Royaume-Uni

Depuis deux ans, le nombre de victimes de coups de couteau avec des blessures mortelles a augmenté de 34%, selon les chiffres du National Health Service. Les médecins signalent en outre une augmentation de la gravité des agressions, les victimes arrivant de plus en plus souvent à l’hôpital avec de multiples plaies perforantes. Le Dr Ross Davenport, chirurgien à l’hôpital Royal London de Whitechapel, a déclaré au Guardian, « Auparavant, on voyait une ou deux plaies par victime. Aujourd’hui, nous voyons fréquemment de multiples blessures, cinq ou parfois dix coups de couteau sur un seul patient ». Sur la période allant de 2017 à 2018, 9 des 11 principaux hôpitaux britanniques ont indiqué avoir traité 2 278 blessures graves au couteau, soit une augmentation de plus d’un tiers par rapport à la période 2015-2016.

 

► La bonne nouvelle du jour est historique

Nous fêtons cette semaine les 723 ans de l’Auld Alliance. Le 26 octobre 1295 le royaume d’Ecosse, devant la menace que représentait l’Angleterre signe un traité d’alliance avec le royaume de France. Ce traité défensif permettrait de prendre en étau l’Angleterre en cas de conflit. C’est le début de ce que l’on appellera l’Auld Alliance. C’est grâce à cette alliance notamment que pendant la guerre de 100 ans de nombreuses actions seront menées conjointement avec les Ecossais contre les Anglais. Ce lien va dépasser la relation purement militaire puisque des accords de naturalisation seront ratifiés dès le XVe siècle. Cette alliance va se déliter lorsque l’Ecosse deviendra protestante. Mais il reste encore des vestiges de cette Auld Alliance que le général de Gaulle qualifiait de « plus vieille alliance du monde » tel que le goût des Ecossais pour le vin de Bordeaux ou encore une certaine francophilie qui est un facteur de différenciation et de nationalisme face à l’Angleterre.

 

 

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► L.J. des amitiés françaises

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