BULLETIN DE REINFORMATION DU 3 OCTOBRE 2018

Patron d'émission   -  le 3 octobre 2018

Bulletin de réinformation proposé par Carl Hubert, Charles Sornac et Noël Petit, avec la participation de Fabrice Pelo et Adrien Dorat.

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.

 

 

GRANDS TITRES


 

Le géographe Christophe Guilluy annonce la fin de la classe moyenne

Christophe Guilluy s’est rendu célèbre avec la publication en 2010 de Fractures françaises, suivi en 2014 d’un ouvrage au titre éloquent La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires.

Quelle était la ligne directrice de son analyse ?

Il a mis en lumière le rejet progressif des classes moyennes et populaires aux marges des grandes villes. Les catégories populaires n’ont pas disparu, mais elles ont dû s’éloigner des agglomérations. C’est pourquoi le géographe estime que « le problème crucial politique et social de la France, c’est que la majeure partie des classes populaires ne vit plus là où se crée la richesse ».

Dans son nouvel essai, Christophe Guilluy évoque cette fois la fin « de la classe moyenne occidentale ».

Il a choisi d’élargir son analyse à l’ensemble des milieux populaires des pays occidentaux. Il constate une même inquiétude sociale et identitaire. Cette « insécurité culturelle », pour reprendre le terme du politologue Laurent Bouvet, appelle une réponse politique qui est disqualifiée par les élites sous le nom de « populisme ». Pourtant, ce sont ces populations, souvent éloignées des centres-villes, qui subissent le plus la pression migratoire.

La classe moyenne ne constitue-t-elle pas pourtant la majorité de la population d’un pays ?

Guilluy souligne que le contexte des trente glorieuses a profondément changé sous l’effet de la mondialisation. Les ouvriers, les paysans ou les employés qui constituaient la classe moyenne, à la fois économiquement et culturellement, ont été profondément fragilisées, voire déclassées.

Ce sont d’abord les ouvriers, puis les employés et les agriculteurs qui ont été touchés.

A tel point que le géographe estime que les personnes que l’on regroupe désormais sous le terme de « classe moyenne » appartiennent en réalité aux catégories supérieures. Reste à savoir quelle sera la traduction politique définitive de ce phénomène d’érosion de la classe moyenne majoritaire.

 

L’Iran et les grandes puissances européennes s’entendent pour contourner les sanctions américaines

Depuis le retrait des États-Unis de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, l’Union Européenne tente de sauver cet accord, mais aussi ses liens commerciaux avec l’Iran. La chose n’est pas aisée, compte tenu des sanctions américaines.

Dans une déclaration lue avec le ministre iranien des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, a détaillé le système de bourse d’échanges qui régira les relations commerciales euro-iraniennes.

Pour dire simplement, il s’agira de troc. Si l’Iran vend du pétrole à l’Italie et que la France vend des machines à laver à l’Iran, le prix de la livraison du pétrole servira à régler le fournisseur français.

Par ce mécanisme, les protagonistes s’affranchissent des transactions en dollar et cela permet à l’Iran d’importer des biens en échange de sa principale ressource, puisque le pays détient les quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole.

Mais les États membres de l’Union Européenne ne craignent-ils pas le retour de bâton de Washington ?

Le président Trump avait affirmé que « quiconque faisant des affaires avec l’Iran ne fera pas d’affaires avec les États-Unis ». Mais le politologue russe Andreï Souzdaltsev souligne que les menaces des États-Unis contre les sociétés européennes engagées, avec la Russie, dans le projet gazier Nord Stream 2 n’ont jamais été concrétisées.

Pour savoir ce qu’il en sera avec l’Iran, il faut attendre les prochaines sanctions américaines annoncées pour novembre. On voit mal l’UE se priver d’aider les PME européennes toujours présentes en Iran. Mais c’est aussi la possibilité de garder un certain contrôle sur l’Iran et de préserver la stabilité dans cette région.

Par ailleurs, si ce système de troc se révèle efficace, il ouvre un tout nouveau champ de liberté pour l’UE.

Effectivement, si ce mécanisme fonctionne avec l’Iran, il pourrait tout à fait être appliqué dans les relations commerciales avec les pays considérés comme des ennemis par les États-Unis. On pense évidemment à la Russie.

Ainsi, par ce moyen d’opposition à Washington, la souveraineté de l’UE trouverait un nouvel élan.

 

L’étoile de Mme Merkel pâlit jusque dans son camp

L’Allemagne est dotée d’un régime parlementaire, où le Bundestag « fait la loi ». Les présidents des groupes parlementaires composant la majorité ont de ce fait un rôle nettement plus important qu’en France : dans une certaine mesure, ils peuvent imposer leurs vues au gouvernement. Or la chancelière a récemment perdu le soutien indéfectible du président du groupe chrétien-démocrate CDU/CSU : le président sortant, Volker Kauder, merkelolâtre, a été battu d’une courte majorité par Ralph Brinkhaus.

Ce député peu connu du grand public a été élu sur une ligne critique envers le chancelier allemand.

Cette élection nous dit deux choses de la vie politique allemande. D’une part, la CDU/CSU a une capacité à se renouveler en interne : il est donc excessif de dire qu’il n’y a pas d’alternative crédible à Mme Merkel dans son propre parti. D’autre part, il n’est pas dit que les chrétiens-démocrates soutiendront Mme Merkel jusqu’aux prochaines élections législatives prévues en 2021. Une révolution de palais n’est pas à exclure, notamment en cas de débâcle aux élections locales.

Un premier test aura lieu ce dimanche, avec les élections au Landtag de Bavière.

Il n’est pas dit qu’un changement de cap aura lieu à court terme dans le camp conservateur. Mais sur le long terme, le sens des réalités pourrait conduire la CDU/CSU à revenir sur son positionnement politique : il n’est pas certain qu’une coalition avec les sociaux-démocrates puisse à l’avenir suffire à former un gouvernement majoritaire, ce qui pourrait inciter la CDU/CSU à s’ouvrir vers la droite, du côté des nationaux de l’Alternative für Deutschland.

 

BRÈVES DE FRANCE


 

Avortement : des parlementaires socialistes veulent revenir sur la clause de conscience des médecins

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol, ancien ministre des Droits de la femme, est à l’initiative d’une proposition de loi. L’élue demande la suppression de la clause de conscience spécifique à l’interruption volontaire de grossesse. Cette clause permet aux praticiens de refuser de pratiquer l’IVG.

Il n’est pas certain que la proposition de Mme Rossignol soit conforme aux droits fondamentaux. En effet, la liberté de conscience est reconnue par la Convention européenne des droits de l’homme et par la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

Mgr Aupetit, archevêque de Paris, a commenté en ces termes la proposition liberticide des élus socialistes : “C’est terrible. Cela signifie qu’on entre dans une forme de dictature qui dit : « Vous n’avez pas le droit de penser, votre conscience doit être éteinte »”.

La phrase du jour est du sénateur LR, Sébastien MEURANT

Interrogé par nos confrères de l’Incorrect, le sénateur fait miroiter le rassemblement des droites en déclarant, je cite : « «Évidemment qu’il faut se parler ! Si on ne parle qu’avec ceux avec lesquels on sait d’avance qu’on va être d’accord, ça n’a aucun intérêt. Il faut s’asseoir, discuter, voir sur quoi on est d’accord et sur quoi on ne l’est pas».

Le problème est que cet avis n’engage que lui. Le président de son parti, Laurent Wauquiez, n’est pas de cet avis et maintient l’apartheid avec le Rassemblement National de Marine Le Pen.

Les esprits chagrins y verront une tentative pour siphonner l’électorat du Rassemblement National. Les esprits optimistes relèveront la convergence des idées en ce qui concerne les questions régaliennes : le sénateur Meurant n’hésite pas à parler, je cite, d’ « immigration invasion », fin de citation, pour désigner l’arrivée massive d’immigrants sur notre territoire.

Les Républicains remportent les deux premières vice-présidences de l’Assemblée nationale

Récemment élu à la présidence de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand sera directement secondé par… deux vice-présidents Les Républicains. Les députés Annie Genevard et Marc Le Fur ont remporté, ce lundi, avec respectivement 211 et 210 voix, les deux premiers postes de vice-présidents de l’Assemblée.

Certes, l’ordre des vice-présidences est purement honorifique et le vote s’est fait dans un large consensus. Cependant, côté LR, on n’a pas manqué de souligner que cette situation n’a pas eu lieu depuis 50 ans, puisque les premiers postes de vice-présidents reviennent traditionnellement aux tenants de la majorité. Il en ressort néanmoins une indéniable impression de « cafouillage » pour le parti présidentiel.

Gérard Collomb impose sa démission au président de la République

Gérard Collomb avait fini par se placer dans une situation des plus précaires en se déclarant candidat aux élections municipales de 2020, dans la ville de Lyon. A l’heure où les Français manifestent toujours plus de craintes au niveau sécuritaire, il apparaissait en effet problématique que le locataire de la place Beauvau ne se consacre pas pleinement à sa tâche.

Le ministre de l’Intérieur finit par remettre sa démission au président, lundi dernier. Démission qu’Emmanuel Macron s’est empressé de rejeter, pour ne pas donner l’impression d’une présidence abandonnée de ses soutiens.

Réitérant, mardi, son projet de démission Gérard Collomb impose bel et bien son calendrier au président Macron. On a également appris cette nuit que le président de la République avait finalement accepté la démission, chargeant Edouard Philippe d’assurer l’intérim du ministre de l’intérieur.

Le chiffre du jour, c’est 10

Oui, +10% ! Sous le prétexte « d’aller vers une meilleure définition du métier de collaborateur parlementaire », le Sénat, qui prêche l’austérité et le resserrement de ceinture pour les autres mais pas pour lui, vient de se voter une augmentation de 10% des crédits consacrés à la rémunération des collaborateurs des sénateurs, la portant à 8.403 euros mensuels par sénateur. En moyenne, cette enveloppe est partagée entre deux ou trois assistants par sénateur, ce qui fait désormais 3.650 € par mois par collaborateur. Le nombre de sénateurs étant de 348, le surcoût annuel pour le contribuable sera de plus de 3 million d’euros. Notons néanmoins que les assistants des sénateurs sont moins bien payés que les fonctionnaires du Sénat.

 

NOUVELLES DU MONDE


 

 

Un bateau de passeurs va au carton contre la marine marocaine

La semaine dernière, en mer Méditerranée, la Marine royale marocaine a ouvert le feu sur une embarcation servant à faire entrer illégalement des Marocains en Espagne. Ce bateau rapide avait en effet un comportement dangereux. On compte 1 mort et 3 blessés.

Cette réaction militaire intervient alors que, depuis le mois dernier, des dizaines de vidéos montrent des jeunes Marocains tenter de violer les frontières espagnoles par la voie maritime. Les forces navales européennes n’ont plus qu’à suivre l’exemple. On se souvient ainsi que l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine a récemment prophétisé que le « recours à la force » serait « inévitable » contre l’immigration illégale.

Un maire collabo italien arrêté

La reprise en main de la question migratoire se poursuit au pays de Matteo Salvini. Le maire de Riace est placé aux « arrêts domiciliaires » par la justice.

De gauche, pionnier de l’accueil de clandestins dans son village du sud de l’Italie, Domenico Lucano attirait depuis de nombreuses années les lumières de l’amicale internationale sans-frontiériste. Distingué en 2010 comme le troisième « meilleur maire du monde », il avait même inspiré un docu-fiction au célèbre Wim Wenders.

Confondu par des écoutes téléphoniques sans appel, il est accusé d’avoir – notamment – organisé des mariages de convenance entre des habitants de son village et des étrangers illégaux. M. Lucano avait été classé parmi les 100 personnalités les plus influentes par le magazine Fortune, en 2016. Une gloire qui tend à démontrer que la superclasse mondiale est du côté du désordre et de l’illégalité.

La bonne nouvelle du jour est salariale

À défaut d’être augmentés, les salariés du privé devraient voir leurs cotisations salariales pour l’assurance chômage supprimées à compter du 1er octobre. Pour mémoire, la baisse du taux de cette cotisation en janvier dernier, passé de 2,4% à 0,95%, ainsi que la suppression de la cotisation assurance maladie à cette date, avaient été contrebalancées par une hausse de 1,7 point de la CSG à l’ensemble des revenus.

Les salariés peuvent dire merci aux retraités et aux rentiers qui financent ce geste !

 

 

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