BULLETIN DE REINFORMATION DU 13 JUIN 2018

Patron d'émission   -  le 13 juin 2018

Bulletin de réinformation proposé par Pierre Spacesi et Charles Sornac, avec la contribution de Carl Hubert, Fabrice Pelo et d’Adrien Dorat.

Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h

 

 

GRANDS TITRES


Rififi chez Les Républicains

La parution d’un tract souhaitant que la France « reste la France » a nourri les oppositions idéologiques au sein du parti d’opposition.

Qu’est-ce qui pose problème au sein du parti dirigé par Laurent Wauquiez ?

Le président de la région Rhône-Alpes Auvergne entend afficher une posture ferme et résolument hostile au président Macron. C’est pourquoi ce tract diffusé à 1,5 million d’exemplaires reproche au gouvernement son laxisme en matière migratoire et son aveuglement face à la menace islamiste. Or, certains ténors, notamment la numéro deux, Virginie Calmels, ont jugé ce tract anxiogène et trop proche des idées du Front national.

Le parti de Marine Le Pen a d’ailleurs moqué le tract des Républicains

En effet, le tout nouveau Rassemblement National souligne que la politique des précédentes majorités de droite n’a rien à envier à celle menée par Emmanuel Macron. Citant par exemple l’instauration du regroupement familial en 1976 alors que Chirac dirigeait le Gouvernement, ou encore l’entrée d’un million d’immigrés sous Nicolas Sarkozy.

Cette polémique révèle l’ambiguïté idéologique de LR

Si la base semble claire sur la ligne à suivre, les cadres sont eux beaucoup plus divisés. Certains affichent un libéralisme économique qui les rapprochent de Macron, mais continuent de marquer une soi-disant distance sur le régalien. L’ancien président Sarkozy jugerait Laurent Wauquiez trop clivant mais souhaiterait qu’il soit tête de liste aux européennes, afin de faire taire les critiques et de porter personnellement une ligne qui ne semble pas faire l’unanimité chez Les Républicains d’en haut.

Les Etats européens désunis face à la submersion migratoire

L’affaire de l’Aquarius illustre les dissensions entre Etats européens à propos du traitement de la vague migratoire venant d’outre-Mediterranée. L’Aquarius est ce bateau de l’association SOS Méditerranée qui collabore avec les passeurs, en allant chercher des immigrants près des côtes libyennes. Il a sévi à nouveau il y a quelques jours en prenant à bord plus de 600 clandestins, qu’il a voulu ramener en Italie.

Est-il exact que ce sont les autorités italiennes qui l’ont invité à faire route vers l’Italie ?

Pas exactement. Le centre de coordination des secours de Rome (ou IMRCC) est chargé de coordonner les opérations de secours dans cette zone de la Méditerranée. Il semble que l’Aquarius ait effectivement été officiellement chargé d’intervenir pour porter assistance à un bateau d’immigrants. Il a également pris à bord des étrangers qui avaient été récupérés par des bateaux italiens. Selon les conventions internationales sur le sauvetage en mer, il revenait ensuite aux autorités italiennes d’indiquer un port de débarquement pour les impétrants.

Mais l’IMRCC n’a donné aucune consigne de débarquement en Italie.

Et pour cause : le gouvernement italien s’y est opposé et a renvoyé la balle aux Maltais, qui n’ont pas davantage voulu des immigrants. Cependant, l’Etat italien n’a pas pris la responsabilité de la seule solution viable, qui aurait été de débarquer les passagers en Libye, où ils avaient embarqué. Finalement, les Européens auront bien à subir leur présence sur notre sol puisque l’Espagne a accepté de les prendre en charge.

Tant que les Etats européens ne feront pas front contre la submersion migratoire, il sera donc difficile de la juguler.

Dans cette affaire, c’est en effet le nouveau gouvernement socialiste espagnol qui est le maillon faible. Sans compter la provocation du prétendu nationaliste corse, Gilles Simeoni, qui a proposé, sans en avoir la compétence, de recevoir l’Aquarius. A l’inverse, Marine Le Pen et Nicolas Bay, du Rassemblement national, ont appelé à renvoyé les immigrants en Libye.

Les Etats-Unis et la Corée du Nord en route vers la paix

Il y a quelques mois encore, le monde pouvait craindre une confrontation entre les États-Unis et la Corée du Nord. Trump invectivait Kim Jong-un via Twitter, tandis que le dictateur nord-coréen poursuivait ses lancements de missiles. Et les tractations pour convenir d’une rencontre entre les protagonistes ont été houleuses.

Pourtant les deux hommes se sont rencontrés mardi matin, à Singapour.

Le long d’un tapis rouge, les deux chefs d’État se sont avancés l’un vers l’autre, jusqu’à se serrer vigoureusement la main, devant un arrière-plan de drapeaux américains et nord-coréens.

Une image que les observateurs ont qualifié d’« historique ». Devant cette scène, l’ancien basketteur américain Dennis Rodman, ami de Kim Jong-un, n’a pu se retenir de pleurer de joie.

Après 60 ans de tension entre les deux pays, l’objet pour leurs dirigeants est de repartir sur de nouvelles bases.

A la suite de leur discussion, une déclaration commune a été signée et présentée par Donald Trump à la presse.

Dans celle-ci, figure « la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », mais sans précision de délai, ni de moyen de vérification. En contrepartie, Donald Trump a promis de mettre fin aux exercices militaires dans cette zone.

Enfin, le président américain a obtenu le retour des restes des 5 300 corps des soldats américains tués lors de la guerre de Corée.

Dès lors, il commence à être suggéré que le duo Donald Trump et Kim Jong-un pourrait être un sérieux candidat pour le prix Nobel de la paix.

Les détracteurs du président américain ne peuvent que reconnaître l’avancée considérable que représente ce sommet de Singapour. Mais la gestion par Trump du dossier iranien reste scrutée de près. Tandis qu’il serait très curieux de remettre une telle récompense au chef d’une dictature communiste qui compte se maintenir tel quel.

BRÈVES DE FRANCE


La polémique enfle autour du concert du rappeur islamiste Médine au Bataclan

Comme évoqué dans notre édition de lundi, de nombreux élus s’indignent de la programmation de l’auteur de l’album Jihad dans la salle même qui fut le théâtre du plus sanglant des attentats du 13 novembre 2015. Un des avocats des 90 victimes a demandé l’interdiction du concert au préfet de police de Paris. Le groupe Génération Identitaire a lancé un appel à la manifestation pour empêcher Médine de, je cite, « bafouer la mémoire de nos morts ». Dans le camp d’en-face, à l’image du député France insoumise Obono, on dénonce la menace que la supposée extrême-droite ferait peser sur sa liberté d’expression. C’est oublier un peu vite que les liens du rappeur avec Tarik Ramadan et son prosélytisme pro-charia et anti-Français sont connus et aisément identifiables dans nombre de ses textes.

La phrase du jour est de Julien Aubert

Le député LR de Vaucluse a rappelé avec justesse, sur les plateaux de CNews, toute la dangerosité des propos récemment tenus à l’unisson par le président Macron et le ministre de la culture Nyssen, programmant à nouveau de bannir du PAF « les mâles blancs de plus de 50 ans ».

Et le député d’y voir la mise en opposition de deux modèles incompatibles, je cite : « soit le modèle républicain à la Française qui fait fi de la couleur de peau, soit une volonté d’une société multiculturelle où [l’on] aura des quotas pour toutes les catégories sociales, et moi je considère que […] la République est malade quand on a un Président et un Ministre qui tiennent ce discours. »

Prélèvement à la source : le gouvernement bricole les acomptes de crédits d’impôt

En janvier prochain, l’impôt sur le revenu sera prélevé à la source, alors qu’il était jusqu’ici payé avec une année de décalage. En revanche, les réductions et crédits d’impôt ne seront remboursés que l’année suivante. Résultat : les contribuables feront une avance de trésorerie au fisc. Pour répondre à cette difficulté, le gouvernement a trouvé un nouveau bricolage… qui ne résout rien. Certains crédits d’impôts, liés à la famille ou à l’emploi de salariés à domicile, donneront lieu à un acompte de 30% en janvier. Mais gare à l’enfumage : cet acompte sera accordé en janvier de l’année suivante ! Par exemple, les crédits d’impôt acquis au titre de l’année 2019 ouvriront droit à un acompte en janvier 2020 puis à un remboursement total à l’été 2020. Mais pendant toute l’année 2019, l’impôt sur le revenu sera prélevé « plein pot ».

Le chiffre du jour, c’est 6,5%

C’est la possible hausse des tarifs réglementés de vente du gaz pour les particuliers au 1er juillet prochain. Ce taux d’augmentation de 6,5% est à ce stade la simple recommandation de la Commission de régulation de l’énergie. Il reviendra au ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, de suivre ou non cette recommandation. Mais s’il ne le fait pas, il risque que les distributeurs de gaz comme Engie contestent sa décision en justice… En effet, les tarifs réglementés doivent notamment répercuter l’état du marché. Or le prix d’achat du gaz naturel sur les marchés internationaux a beaucoup augmenté ces derniers mois. Il faut enfin rappeler que ces tarifs réglementés du gaz sont amenés à disparaître, sans doute d’ici 2023, car le Conseil d’Etat les a jugés contraires aux directives européennes.

NOUVELLES DU MONDE


Mayotte désormais également en proie aux séismes

Le 101ème département français subit actuellement des troubles liés à une recrudescence d’activité sismique. Mayotte est normalement classé en zone sismique modérée. Pourtant, depuis le début du mois de mai, d’étonnantes secousses ont frappé le territoire. Le 15 mai dernier, une secousse d’une magnitude de 5,8 a été détectée et les habitants ressentent constamment des tremblements. Le phénomène serait dû à un étirement des plaques africaines vers l’est. Ces perturbations sont prises au sérieux par l’Etat, à tel point qu’une mission de reconnaissance a été mise en place. Plusieurs établissements scolaires ont également été fermés à titre préventif. Quoi qu’il en soit, ces événements n’influent pas sur la submersion migratoire de l’île : les Comoriens, eux aussi exposés aux séismes, continuent d’affluer.

L’ARYM pourra s’appeler la Macédoine du Nord

Athènes et Skopje ont trouvé un accord sur le nom de l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM). La Grèce s’opposait jusqu’ici à ce que cet État, devenu indépendant en 1991, prenne le nom de Macédoine. Ce toponyme rappelle en effet le royaume grec de Macédoine d’Alexandre le Grand. Quant aux Macédoniens, ils font valoir que, à l’époque ottomane, la Macédoine était majoritairement peuplée de Slaves, même dans son actuelle partie grecque. Les deux Etats ont trouvé un compromis dans l’expression de « Macédoine du Nord ». Il reste désormais au peuple macédonien (du Nord!) à valider ce choix par référendum, ce qui n’est pas gagné. Si cette étape est franchie, ce petit État balkanique pourra demander l’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN sans se voir opposer le veto grec.

Une station d’écoute aurait été installée à Cuba

C’est une information rapportée par le magazine « The Diplomat » et analysée par le blog « Chroniques du Grand jeu ».

Une station d’écoute ultra-moderne aurait été mise en place au sud de La Havane, par un acteur toujours inconnu. Son rôle : intercepter des communications, tracer les missiles et peut-être brouiller les satellites.

La cible n’est autre que les autorités militaires et gouvernementales américaines. Mais alors qui est derrière cette infrastructure de renseignement ? La Russie ou la Chine sont évidemment toutes désignées. On peut imaginer que Moscou & Pékin auraient pu s’allier avec Cuba pour espionner cet ennemi stratégique commun. Pourquoi pas en lien avec d’autres Etats comme le Venezuela voisin.

La bonne nouvelle du jour est archéologique

Du 15 au 17 juin, c’est-à-dire de vendredi à dimanche, se tiendront la 9ème édition des Journées Nationales de l’Archéologie. Dans plus de 100 lieux partout en France sera proposée une initiation à cette discipline.

Ainsi, les curieux pourront accéder aux chantiers de fouille normalement interdits au public et apprendre l’art de la mise à jour de vestiges ensevelis.

Les centres de recherche seront ouverts pour faire découvrir les étapes qui constituent la chaîne opératoire de l’archéologie et ses métiers, tels que le lavage ou la topographie.

L’actualité des fouilles et les dernières avancées de la recherche seront présentées dans les villages de l’archéologie. On pourra y rencontrer des archéologues et des chercheurs qui conduiront des activités ludiques.

Pour connaître les lieux y participant dans votre région, vous pouvez consulter le site officiel des JNA : journees-archeologies.fr.

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